Un voyage dans le temps (Partie 3)

Catégorie : 

Science-fiction/Anticipation

Auteur : 

Chloé Garcia

Résumé :

Chris se réveille et se questionne. Qui est-il ? Que fait-il à l’hôpital ? Diagnostiqué amnésique, le jeune homme n’a pourtant pas perdu toutes ses connaissances scientifiques, qui lui permettent de reconnaître tous les appareils sophistiqués qu’il croise sur son chemin.
Quand il se rend compte qu’il se trouve sous l’eau, à Anavai, une géante cité sous-marine, Chris perd tous ses moyens.
Parviendra-t-il à retrouver la mémoire et à se sentir de nouveau chez lui ?

Un voyage dans le temps (Partie 3)

De multiples appareils scientifiques avancés que je ne connaissais pas se distinguaient dans l’eau. Les tourbillons qu’ils laissaient à leur suite ne pouvaient se manquer. L’un d’eux, une petite boule avec une pince métallique autonome, pilotée par une intelligence artificielle, comme me l’expliqua Rick, permettait de récolter les algues et quelques petits poissons, quand les plus gros vaisseaux, des mastodontes à plusieurs propulseurs et conduits par des humains, transportaient des citoyens vers d’autres cités ou des marchandises pour les présenter sur divers marchés.

J’aperçus aussi des groupes de nageurs, avec ou sans combinaison, qui s’amusaient parmi la faune et la flore, explorant cette vie riche directement à portée. Des gardes armés les surveillaient en cas d’attaque soudaine. Les baigneurs ne rentreraient pas avant plusieurs heures, m’indiqua Rick. Le laboratoire Aqua Corp avait créé des respirateurs de qualité, contenant pas moins de quatre heures de réserve d’oxygène, tant que l’on maintenait son activité et sa respiration stables. Aqua Corp avait également construit les dômes translucides, les machines intelligentes et tous les autres appareils, aliments, accessoires et habitations des cités sous-marines humaines. Ce monopole me donna des sueurs froides.

Rick m’intima d’avancer et nous entrâmes dans des dédales à n’en plus finir, remplis de stands et d’étals, vendant toutes sortes de variétés d’algues, de poissons et de boissons aux couleurs toutes plus étonnantes les unes que les autres. Rien ne me revenait en mémoire, et je me sentais étrangement en danger, comme si je n’étais pas fait pour vivre ici et que j’empiétais sur un territoire interdit. L’océan m’effrayait et je collai Rick qui n’arrêtait pas d’être pris à partie par des passants.

Il appartenait au groupe des Explorateurs, ceux qui allaient loin, profondément, toujours plus bas, pour récupérer des ressources inconnues ou rares, dont les laboratoires avaient besoin. Les habitants les vénéraient pour leur bravoure, et peut-être aussi pour leur folie. Ceux qui me reconnaissaient ne laissaient rien paraître et la foule s’écartait sur mon passage. J’en entendais chuchoter malgré tout, et des enfants peu discrets me montraient du doigt. L’affaire de l’amnésique avait rapidement pris de l’ampleur. Cette atmosphère étrange me rendit mal à l’aise. Rick le remarqua et, me prenant par le bras, m’entraîna vers un couloir incroyable où les reflets de l’eau s’agençaient magnifiquement.

L’humanité avait été engloutie par les vagues et rares avaient été ceux désireux de continuer de vivre à la surface, navigant sur des flots incertains, au lieu de s’abriter dans d’immenses cités protégées des prédateurs et des intempéries, grâce à des scientifiques, ingénieurs, techniciens, artistes et autres esprits de talents, aux idées démentes et géniales.

Nous marchâmes un moment et Rick continua de m’expliquer l’utilité de tel appareil ou la fonction de tel bâtiment. La structure du dôme m’intriguait et je l’écoutai à peine. Son amour pour Anavai me laissait indifférent bien que je le comprenne tant la cité surpassait tous les rêves imaginables. La vie sous-marine avait longtemps été utopique. La montée en puissance des inventions d’Aqua Corp, improbable start-up autrefois perdue dans la masse, avait permis à cette réalité d’exister.

– Voici mes quartiers, déclara Rick, toujours avec le sourire. Tous les Explorateurs vivent ici.

Il me mena à l’intérieur d’un édifice en forme de frégate, bien travaillé et qui en imposait par sa taille et toutes les sculptures qui l’entouraient. Nous entrâmes par la figure de proue, une sirène à la queue écaillée et au visage doux, auréolé d’une belle et longue chevelure soyeuse. Les détails me bluffèrent et j’eus l’impression de pénétrer dans un navire d’époque, un bateau pirate. Il ne me manquait plus qu’un cache-œil et un sabre pour m’immerger complètement.

Nous croisâmes des dizaines d’autres Explorateurs qui nous saluèrent poliment, en me glissant tout de même des regards de travers qui m’exaspérèrent. Les chambres se situaient vers l’arrière du navire mais nous bifurquâmes bien avant. Rick voulait me montrer son petit bijou, son compagnon de vie, qui l’attendait patiemment sur une des plateformes prévues à cet effet, en bordure du dôme, prêt à se jeter à la mer dès que possible.

– Je te présente Athéna, mon vaisseau d’exploration, capable d’affronter les pires monstres et les plus terribles des tempêtes provenant des abysses. Elle m’a sauvée d’innombrables fois. Qu’en dis-tu ? me demanda-t-il en posant amoureusement sa joue sur la carlingue glacée de l’engin.

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