Aël (Partie 5)

Ael

Catégorie : Littérature sentimentale

Auteur : Flora Lune

Résumé : Aël écoutait et observait beaucoup. Elle parlait aussi, mais prononçait peu de mots. C’est pourquoi, qu’on la connût bien ou mal, on lui attribuait, à tort ou à raison, un tempérament réservé. De plus, il était fréquent que sa place en cours fût vide, mais aucun de ses camarades ne pouvait dire pourquoi, bien que de nombreuses hypothèses eussent été formulées à ce sujet. Le plus étrange aux yeux de tous, y compris de certains de ses professeurs, était qu’Aël, malgré ses absences répétées, eût réussi à passer aisément en classe de seconde… alors qu’elle n’avait pas tout à fait treize ans à l’époque. Non, décidément, Aël ne pouvait pas appartenir à ce monde.

 

 

Aël (Partie 5)

 

 

– Qu’est-ce que tu fais ici toi ?
Aël s’arrêta et se retourna. C’était Michel, un homme aux yeux noirs qu’elle voyait parfois lorsqu’elle venait.
– C’est Catherine qui t’a dit de venir me chercher ?
– Je t’ai vue par la fenêtre, répliqua-t-il d’un ton bourru. C’est pas des heures pour traîner dehors ça, surtout pour un enfant.
– J’avais envie de prendre un peu l’air.
Michel avança une main qu’il posa sur son visage, puis, poussa un profond soupir.
– Allez, viens, ordonna-t-il. Je te ramène dans ta chambre.
Aël le suivit sans discuter. Elle savait que c’était inutile. De plus, sa petite promenade l’avait un peu fatiguée, et gravir toutes les marches qu’elle avait descendues peu de temps auparavant ne fut pas sans peine pour elle. Lorsqu’elle fut de nouveau dans son lit, Michel déclara :
– Et que je ne t’y reprenne plus !
Pour toute réponse, Aël lui sourit. Elle connaissait assez Michel pour savoir qu’il pouvait paraître sévère, mais qu’il n’était pas méchant.
– Alors, lui demanda Catherine, ça t’a fait du bien ?
– Tu avais raison. Il faisait vraiment froid.
Et elle s’enroula un peu plus chaudement dans sa couverture. Catherine lui sourit.
– Tu vois… Enfin, si ça t’a fait plaisir, c’est l’essentiel. Tu devrais dormir maintenant.
Aël regretta un peu d’avoir autant sommeil. Bien qu’elle vît souvent Catherine, elle n’avait plus beaucoup de temps pour parler avec elle. Le soir, parce qu’elle s’endormait trop vite, et au matin, parce qu’elle devait s’en aller tôt.
Mais, elle n’eut bientôt plus à s’en faire à ce sujet ; car, à compter de cette nuit-là, Aël et Catherine ne se quittèrent plus.

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