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Avec ou sang (Partie 4)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chloé Garcia

Résumé :

Le jour de la Célébration est arrivé. Les Crochus, ou Vagabonds comme ils aiment s’appeler, sont les vedettes de la fête. Une jeune scientifique ne se laisse pas duper : elle est persuadée que cette communauté est liée à un culte du sang, comme cela arrive chez les vampires. Ses recherches vont la mener sur la route d’un petit garçon intrigant, entre les pattes de bêtes monstrueuses et vont la plonger dans une enquête aux mystères plus étranges que ce qu’elle n’aurait jamais imaginé.

Avec ou sang (Partie 4)

– Euh… Je… Hm… Si tu ne sais pas où ils sont, je peux te mener à ma mère pour qu’elle les attende avec toi, qu’en dis-tu ?

Aucun mot ne sortit de sa bouche et il resta immobile, son regard continuant de me perturber. Il commençait vraiment à m’énerver. Je n’allais quand même pas m’occuper de lui, si ? Nous gênions les passants et je nous menai à l’écart pour lui parler. Il me faisait perdre mon temps.

– Tu peux entrer dans ce bar, là-bas, lui indiquai-je d’un geste impatient. Ils t’accueilleront le temps que tes parents reviennent te chercher, d’accord ?

Le petit garçon ne remuait toujours pas les lèvres alors je décidai de partir, l’abandonnant seul. Ma patience avait des limites et je ne me sentais pas à l’aise. Ma culpabilité passerait et j’espérai qu’il m’avait bien comprise. Me poser dans mon antre me ferait le plus grand bien et je me hâtai de parcourir les rues qui me séparaient de mon chez moi. J’accélérai le pas et enrageai à cause des talons que ma mère m’avait prêtés. Comment pouvait-on courir avec ces échasses ? Je les retirai et me sentis bien mieux. Soulagée, je vis ma porte et me préparai à sortir mes clés. Au moment où je relevais la tête, je le vis de nouveau. Le petit garçon était planté devant l’entrée et souriait bêtement, les mains derrière le dos. Comment avait-il fait pour arriver avant moi ? Qui était cet énergumène ? Que me voulait-il ?

Contrariée, je lui demandai méchamment de se déplacer et de me laisser passer. Je tremblai quand j’entrai les clés dans la serrure et bredouillai une excuse stupide pour le forcer à rester sur le pas. Je claquai la porte et soufflai un bon coup. Je refermai à clé et me précipitai dans ma salle de bain. Je pris un gant et me lavai la figure. La fraîcheur me fit du bien. Ce gamin m’avait fait peur et je ne m’en remettais pas. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Personne ne frappa à la porte pendant l’heure qui suivit et cela me rassura. J’espérai qu’il soit parti et qu’il me laisse en paix. Je ne voulais pas d’enfants et j’avais besoin de mes moments de solitude pour travailler. Son regard et sa fascination pour mes cheveux me tétanisaient encore. Je devais faire autre chose pour ne plus y penser.

Je me changeai vite et descendis dans mon laboratoire. Mon pantalon fétiche et mon t-shirt préféré m’aidèrent à me détendre. Une fois la lumière allumée, je me sentis dans mon élément. D’un côté, mes livres et notes s’éparpillaient sur plusieurs bureaux, et de l’autre, mes armoires regorgeaient d’archives et d’articles de sciences essentiels à mes travaux. Au milieu, un corps trônait sous une bâche. J’avais hâte de continuer à l’étudier. Je mis ma blouse et ouvris un de mes cahiers dans lequel je notais toutes les informations. J’y ajoutai : « La chaleur les fait se sentir mal. Comme des vampires qui ne supportent pas le soleil ? ». Je m’approchai du cadavre et mis mes lunettes. Je devais me dépêcher avant que le corps ne se dessèche et ne me permette plus de pouvoir lui prélever quoi que ce soit. Une seringue à la main, je m’activai à lui voler du sang pour le mettre sous mon microscope.

Ce Crochu avait bien maigri depuis la dernière fois où je l’avais vu à l’hôpital. Volée dans le laboratoire dans lequel je travaillais auparavant, sa dépouille avait été lourde à transporter et j’avais tremblé de peur tout le long du chemin. Personne ne savait que je l’avais subtilisée. Seul mort de la communauté depuis son arrivée ici, sa maladie lui avait coûté la vie, semble-t-il. Je n’avais trouvé aucune marque spécifiant le contraire en tout cas.
J’avais fermé ses paupières pour que ses yeux ne me gênent plus et j’avais passé un temps fou à analyser son anatomie. Cela n’étant pas ma spécialité, j’avais posé plein de questions à mes collègues qui avaient trouvé cela suspect. Un peu contrariée, j’avais arrêté et avais choisi de me procurer de nombreuses lectures sur la question, tout en arpentant Internet. J’y avais beaucoup appris et le corps des Vagabonds m’étonnait de jour en jour. J’avais eu raison. Leur cerveau de taille disproportionnée et leurs muscles bien plus épais m’avaient confortée dans mes idées. Ils n’étaient pas complètement humains. Quelle étude excitante !

Je préparai le sang pour le positionner correctement sous ma machine préférée et y apposai mon œil droit. Ce que je voyais ne correspondait pas du tout à ce que j’avais eu l’habitude d’analyser durant de longues années. Je ne parvenais toujours pas à concevoir ce que je possédais sous les yeux et mes ouvrages scientifiques ne m’étaient d’aucune aide. Ces êtres étaient de véritables énigmes et accaparaient tout mon temps. Je voulais comprendre pour mieux me protéger et pour sauver la population. Ils avaient beau ressembler à de pauvres hères le jour, la nuit cela ne se passait pas ainsi. Ils se transformaient en bêtes féroces et l’une d’entre elles m’avait attaquée l’année dernière. J’étais sûre que les Crochus étaient liés à ces monstres. Il ne pouvait en être autrement.

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