Avec ou sang (Partie 8)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chloé Garcia

Résumé :

Le jour de la Célébration est arrivé. Les Crochus, ou Vagabonds comme ils aiment s’appeler, sont les vedettes de la fête. Une jeune scientifique ne se laisse pas duper : elle est persuadée que cette communauté est liée à un culte du sang, comme cela arrive chez les vampires. Ses recherches vont la mener sur la route d’un petit garçon intrigant, entre les pattes de bêtes monstrueuses et vont la plonger dans une enquête aux mystères plus étranges que ce qu’elle n’aurait jamais imaginé.

Avec ou sang (Partie 8)

– Ils savent qui tu es et ne te feront rien sauf s’ils se sentent menacés. Rentre avec moi et tous tes souvenirs te reviendront et nous reprendrons notre vie, comme avant.

Il s’était positionné devant moi et avait pris mes deux mains dans les siennes. Son regard pétillant me touchait et je percevais tout l’espoir qu’il mettait dans ses mots. Je me sentais quelque peu perdue après toutes ces révélations mais, aussi étrange que cela puisse paraître, je le croyais.

– Rentre avec moi, maman, me supplia-t-il.

Tout mon être se figea. M’avait-il appelée « maman » ? J’étais en plein cauchemar. Je me levai précipitamment et m’éloignai pour me mettre à genoux et vomir dans le caniveau. Ce terme avait été la goutte d’eau qui venait de faire déborder le vase. Je n’avais jamais voulu d’enfants et ne souhaitais pas d’une telle responsabilité. Tout au fond de moi, je savais pourtant qu’il me disait la vérité mais je ne parvenais pas à l’accepter. Toutes mes tripes, toute mon âme et tout mon esprit se liguaient contre cette idée angoissante. Tim s’approcha et m’aida à me remettre d’aplomb. Dans son regard, je pouvais lire le doute et le fait qu’il s’en voulait de m’avoir appelée ainsi. L’émotion avait dû le submerger et il n’avait pas pu se retenir. Qui étais-je vraiment ?

La peur me gagnait et, une fois debout, je décidai de prendre la direction de mon chez moi. J’avais besoin de réfléchir. Tim ne l’entendit pas de cette oreille et nous bloqua la route à Machin et à moi. Son visage avait pris des couleurs sombres et son expression était terrifiante.

– Je t’ai laissée du temps cet après-midi mais je ne veux plus attendre. Tu vas rentrer avec moi !
– Non ! lui dis-je fermement, et ce mot m’avait coûté.

Mon estomac me brûlait et une boule m’empêchait de respirer. J’avais besoin de m’enfermer dans mon laboratoire et de me rejouer toute cette scène. Même si Tim lisait dans mes pensées, il ne pouvait comprendre. Je le vis complètement se mettre à trembler, perdre ses moyens et se prendre la tête dans les mains, hurlant silencieusement. Le voir ainsi se tordre de douleur en ouvrant la bouche, sans qu’aucun son n’en sorte, m’attrista et amplifia mon stress. Je regardais constamment autour de moi pour chercher une issue. Une partie de moi voulait l’aider quand l’autre ne cherchait qu’à fuir.

Un violent courant d’air me fit basculer sur le sol et me coupa la respiration. Je pris quelques secondes avant d’ouvrir les yeux et râlai pour me redresser. Mon dos me tirait et ma tête me tambourinait. Était-ce lui qui avait fait ça ? Quand je tournai la tête vers Tim, une vision d’horreur m’assaillit. Il ne ressemblait plus du tout au petit garçon que je connaissais. Il avait pris deux mètres, son corps était filandreux, recouvert d’un drap noir déchiré qui voletait, et son visage monstrueux et déformé me rappelait les films Alien. J’avais face à moi un démon. Avais-je pris un coup sur la tête ? À mes côtés, Machin avait été mis en pièces. Repose en paix mon ami.

– Tu vas me suivre car je te l’ordonne ! Le vampire t’a empoisonnée et je dois te soigner.

Je ne rêvais pas et j’avais bien Tim devant moi, certainement sous sa véritable forme, provenant de l’autre dimension. Si j’étais réellement sa mère, cela voulait-il dire que j’avais une forme démoniaque moi aussi ? Je le préférais en petit garçon mignon et attendrissant. La voix grave qu’il venait de prendre m’impressionnait et pénétrait hargneusement mon âme meurtrie. La douleur avait transformé mon stress en maux de tête carabinés et je me sentais complètement perdue. Je l’aurais remarqué si j’avais été empoisonnée non ?

Il s’approcha de moi et une de ses mains squelettiques me caressa la joue. Je frémis d’horreur à son contact et ne bougeai pas, fermant les yeux. Il dut se rendre compte que sa technique d’intimidation ne fonctionnait pas, alors il s’écarta. Je respirai fort et avais mal partout. Je voulais rentrer chez moi et oublier tout ça.

Soudain, je sentis des mains de petit garçon se poser sur mon visage et je rouvris les yeux. Il s’était rematérialisé en un gentil Tim.

– Si tu ne viens pas avec moi, maman, tu mourras.

Tim se mit à pleurer et toute sa tristesse se déversa en moi. Mon pauvre chéri.

FIN

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