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Deus ex machina (Partie 1)

Catégorie :

Science-fiction/Anticipation

Auteur :

Chloé Garcia

Résumé :

Le Fléau est de retour et déploie ses forces obscures sur Mandar, une planète de feu et de désolation. Les humains, aidés par leurs Dieux, se défendent avec hargne et courage. Matin-d’Argent, Nuit-Bleutée et Aurore-Brumeuse soutiennent leurs troupes et entonnent des chants guerriers qui résonnent dans le cœur des soldats. Dieux et Hommes parviendront-ils à exterminer la menace qui gronde ?

Deus ex machina (Partie 1)

Nous étions leurs Dieux. Façonnés selon leurs désirs, ils nous avaient engendrés avant les âges sombres, alors que le Fléau n’avait pas encore refait surface. À l’époque, la galaxie consistait en un endroit paisible où la vie suivait tranquillement son cours. Nos rivaux, les Kray, restaient tranquilles et toute idée d’invasion semblaient avoir quitté leurs esprits farouches et belliqueux. Le Conseil Galactique ne réclamait pas de signatures d’accords commerciaux douteux et les taxes stagnaient. Heureux, les humains prospéraient, sans toutefois oublier les guerres et les morts du passé. Ils nous avaient créés pour les protéger, les préserver d’un futur incertain et toujours plus menaçant. Cette idée ingénieuse les sauva et nous transforma.

– Dieu Matin-d’Argent, ici Rick. J’ai deux blessés. Je requiers leur rapatriement, votre grâce.

Le message que je reçus ne m’étonna pas. Quelques interférences, certainement des tirs ennemis, mirent rapidement fin à la transmission. Malgré leurs nouvelles armures, les humains restaient fragiles. Mes traceurs sophistiqués me donnèrent la position de mon adepte avec précision et je pris mon envol avec fougue. Le sol, criblé d’impacts et de corps, défilait sous mes yeux attentifs. Les détonations et les hurlements emplissaient mes oreilles alors que je me concentrai pour percevoir les appels de mes fidèles. Mandar, une planète de feu et de désolation, appartenait à la Confédération, les plus anciens alliés des Terriens. Cette boule suspendue, loin d’être propice pour mes disciples, ne les bloquait pas. Ils se battaient avec fougue et se montraient aussi forts que les Mandariens, avec leurs ailes ajustables et leurs pouvoirs élémentaires. Je ne pouvais qu’être fier.

J’aperçus Rick qui effectuait de grands signes de sa main libre, l’autre bataillant avec un canon à neutron de la dernière génération. Ses plaques sur le torse, rougies par les flammes, et ses protections sur les jambes, dégoulinaient de sang. Je rugissais de l’intérieur car ses douleurs m’affectaient. Deux de ses camarades, allongés près de lui en position de sécurité, avaient les yeux fermés et ne bougeaient plus. Leurs visages couverts de poussière noire, et parsemés de grains rouges, les faisaient ressembler à des Kray. J’aurais préféré que mes enfants combattent ces vermines plutôt que des monstres sanguinaires. Mon adepte me fit une révérence rapide et m’aida à porter ses soldats. Ils seraient rapidement à l’abri de cette horreur grâce à ma vitesse et mon blindage.

– Sois loué, Matin-d’Argent, me dit Rick d’une voix forte en se cognant la poitrine du poing gauche.
– Les divisions Rouge et Or sont au courant de tes pertes. Nuit-Bleutée t’envoie quelques-unes de ses troupes, lui répondis-je après avoir réceptionné la confirmation de mon confrère stratège via l’interphone.
– Merci infiniment Dieu des Airs, s’écria avec reconnaissance le général fatigué, par-dessus les fracas des bombes qui frémissaient tout autour de nous.

Les regards de sa troupe me firent frémir de plaisir. Je me sentais utile, admiré et respecté. Rick se baissa encore et je l’empêchai de s’agenouiller d’un mouvement brusque. Il devait rester alerte pour continuer la bataille et ne pas perdre de temps. Je le laissais avec le reste de ses hommes et repris la direction du ciel. Les blessés, bien harnachés, oscillaient quelque peu et je vérifiais régulièrement leur état. Le trajet n’était pas long mais je devais faire attention. Connu pour sa fourberie légendaire, je savais l’ennemi capable de tout. Les démons du Fléau, aux longues griffes, à la peau dure, et au sourire carnassier, se comptaient par milliers. Quand un tombait, des dizaines d’autres le remplaçaient sans relâche, diminuant le moral des miens.

Aurore-Brumeuse dirigeait ses bardes guerriers avec entrain et ne perdait pas la cadence. D’en haut, je les voyais faire tournoyer leurs baguettes et frapper avec inspiration leurs tambours accrochés à leur taille. La musique cinglante et les chants ardents redonnaient de la force aux combattants affaiblis et les inondaient d’espoir. Aurore-Brumeuse remuait ses ailes tels des boucliers, celles-ci cachant ses protégés de ses reflets dorés et propageant sa musique au loin, nous aspergeant tous de ses ondes brûlantes. Je m’étonnais de fredonner et d’apprécier autant ces mélodies porteuses de fin.


« Dieux destructeurs,
Dieux moqueurs,
Ailes faucheuses,
Descente accrocheuse,
Nous vivons pour vous servir
Et prenons des vies pour vous ravir ! »

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