Instants d’éternité (Partie 1)

Catégorie : 

Littérature sentimentale

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Comment se rejoindre, par-delà les rêves ?

Instants d’éternité (Partie 1)

Olivier, en plein rêve, gravissait tout doucement une colline verte, plantée d’arbres, mû par il ne savait quelle force. Le décor était idyllique, et une fois qu’il serait sur les hauteurs, il ne savait à quoi s’attendre. Il montait donc, et arriva face à un lac, où il vit une femme, très belle, au sourire avenant, sortir d’une cavité de l’endroit. Olivier n’avait pas peur, et la femme s’approcha de lui. Sa tunique était du vert de la nature, assortie à ses yeux, et elle allait pieds nus. La tunique cachait mal une forte poitrine.
– Bonjour, Olivier, dit-elle.
Il la regarda, subjugué, ne sachant que penser, comment réagir. Enfin, il lui dit bonjour. La femme secoua ses longs cheveux en riant.
– Non, ce n’est pas moi, la femme de ta vie, mais je peux te la montrer. Approche-toi du lac.
– Et qui êtes-vous, alors ? demanda timidement Olivier.
– On m’appelle Natura. Mes rôles sont très divers. Approche, n’aie pas peur.
Le garçon obéit.
– Tu cherches ta moitié, n’est-ce pas ?
– Ou…oui.
– Je vais te la montrer.
– Je… je préfèrerais la tenir dans mes bras. Il est temps que je me pose…
Natura sourit, d’un sourire éclatant. Olivier ne voyait plus que cela, son sourire.
– J’ai le pouvoir de désigner ton âme sœur ; mais après, c’est à toi de jouer. Certains peuvent bêtement passer à côté…
– Non, j’arrive, décida Olivier, et il fit quelques pas vers le lac, sans quitter Natura du regard.
Elle fit une passe sur l’eau, et un visage apparut. Cette jeune femme avait une figure de Madone, les cheveux teints en rouge, longs, et Olivier tomba aussitôt amoureux de son sourire. Cela n’échappa pas à Natura, qui prit un air gai et malicieux, et appela :
– Morphée ! Tu veux bien venir, s’il te plaît ?
Le dieu ne tarda pas à arriver, alors qu’Olivier ne voyait plus que l’image dans le lac. Pourtant, il ne voyait qu’un visage, un buste aux formes enchanteresses.
– À toi de jouer, Morphée, dit Natura sans qu’Olivier ne s’en rende bien compte.
– Fort bien, maîtresse.
Et Morphée se tourna vers Olivier, qui ne se lassait pas de contempler l’image dans le lac.
– Elle est très belle, lui dit-il.
– Qui est-ce ? fit Olivier.
– Nous le découvrirons plus tard, si tu t’en souviens au réveil.
Et le paysage s’effaça. Au matin, Olivier se réveilla, sourire aux lèvres.
– Mais je ne connais pas son nom…
– Ça ne fait rien, fit une voix en lui. Je la chercherai, et la trouverai, si tu veux.
– Elle existe ?
– Natura ne fait apparaître que des personnes qui existent vraiment.
– C’est la femme de ma vie ! s’exclama Olivier.
Morphée, de là où il était, eut un petit sourire.
– Minute, papillon ! fit-il. Comment peux-tu le savoir dès maintenant ?!
– Mais… parce que Natura me l’a dit !
– En tout cas, tu t’en souviens. Décris-moi qui tu as vu.
– Un visage magnifique, de Madone, et une chevelure de feu.
– Bien… puisque tu t’en souviens, je vais pouvoir la chercher pour toi, dans un premier temps. Tu auras la suite la nuit prochaine.
Olivier rouvrit les yeux, mais n’entendit plus la voix en lui. Il s’étira, se décida et sauta du lit, ayant vu l’heure sur le réveil, et la bonne tête de son chien qui attendait déjà ses croquettes. Olivier était jeune, trente-cinq ans, et avait une belle vitalité, aussi il se dépêcha de déjeuner, puis de se préparer, en même temps que le chien, qu’il put sortir pendant une vingtaine de minutes avant de prendre son cartable pour partir au travail. Il ne repensa à cette belle inconnue qu’aux pauses, très occupé à préparer des exercices pour ses cours et corriger des copies, l’administratif. Il attendait néanmoins la nuit avec impatience. En fin de journée, il ressortit Whist, son chien, puis resta songeur toute la soirée, à se demander comment présenter l’astronomie à ses élèves, ce qui le mena dans les étoiles et, de là, à sa belle inconnue…

– Je l’ai trouvée, annonça Morphée une fois Olivier en plein sommeil paradoxal. Cette nuit, je t’emmène à Angers.
– Aah… quand même, commenta Olivier. Ce n’est pas tout près…
– On se fiche des distances. Elle aurait pu être à Tombouctou, ou à Helsinki…
– Mamma mia, fit plaisamment Olivier.
– Viens, elle est en train de rêver. C’est le moment idéal.
– Elle est mariée ?
– Non. Mais elle a traversé de grandes épreuves. Si elle t’agrée, ce sera déjà à moitié gagné.
– Alors je vous suis…
Morphée, à la vitesse de l’éclair propre aux rêves, mena Olivier dans la campagne angevine, non loin des rives de la Loire. La jeune femme aux cheveux rouges pique-niquait dans l’herbe, avec un homme qui devait être son père. Elle se leva à l’approche d’Olivier.
– Oh, tu es venu ?
Il s’arrêta, interdit.
– Je rêve souvent de toi… déclara l’inconnue. Pas très grand, un beau sourire, les cheveux noirs… D’où viens-tu ?
– Du côté de Nice. Je suis provençal. Je m’appelle Olivier… et toi ?
– Cécile.

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