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Instinct maternel (Partie 1)

Instinct maternel

Catégorie : Littérature sentimentale

Auteur : Chiaramarino

Résumé : Un chat fait une découverte dans un panier…

 

 

Instinct maternel (Partie 1)

 

 

Une femme déposa quelque chose, comme un panier molletonné, et s’enfuit. Elle était vêtue de loques, et ses chaussures étaient trouées, laissant voir des orteils bleuis par le froid. Elle se hâta hors du bâtiment, courut dans la neige et partit loin, très loin, rejoindre ses aînés qui l’attendaient à l’autre bout de la ville.
Près du local à poubelles, le panier avait trouvé sa place, comme quelque chose à jeter. Il faisait si froid ce jour-là, que pas grand monde ne sortit de chez soi. Une vieille dame, toute courbée, n’y voyant plus très clair, passa devant les poubelles sans rien remarquer. Ce fut tout. Pourtant, là, parmi les poubelles, c’était à la limite du dehors et du dedans de l’immeuble. Les courants d’air étaient légion. Mais rien ne bougeait. Une paire d’heures passa, dans le calme. Les fenêtres se fermèrent les unes après les autres, comme la nuit tombait. Et elle tombait vite, en cette saison, surtout là, à Moscou. Le froid se fit encore plus vif. Dans le panier, quelque chose remua. Mais personne n’avait rien vu, et la dame qui l’avait déposé là estimait sans doute que c’était négligeable, puisqu’elle était partie sans se retourner. La nuit se fit noire.
– Saskia ! Saskia ! cria une voix, à travers une porte ouverte.
Il y eut un gargouillis, dans le panier. Mais il était placé de telle façon, que la personne qui venait d’ouvrir sa porte ne pouvait le voir. Il y avait quatre appartements, au rez-de-chaussée de l’immeuble.
– Mon chat ! Saskia, où es-tu ?
Pas de réponse.
– Saskia !
– Laisse, fit une autre voix, masculine celle-là. Il saura revenir.
– Elle ! protesta l’autre. Je te rappelle qu’on l’a privée de sa portée, elle fait peut-être la tête !
– Tu prêtes des sentiments bien humains à ce chat. Ferme cette porte, il fait froid. Et ne t’inquiète pas : elle va revenir, elle est toujours revenue. Aujourd’hui comme les autres jours.
Un peu rassurée, la femme ferma sa porte, n’entendant pas le nouveau gargouillis qui provenait du panier. Et quelques minutes passèrent. Une chatte de gouttière arriva alors, la queue bien droite : Saskia. Elle avait le corps tigré, fauve, et le nez, le poitrail et le bout des pattes blancs. Elle avança précautionneusement dans la neige qui couvrait la cour de l’immeuble. Le local à poubelles se trouvait non loin de la porte par laquelle elle était entrée, alors le regard de Saskia fut attiré par le panier. Elle s’y dirigea tout droit, voyant une couverture douillette qui dépassait. Elle voulut s’y installer, mais sauta. Il y avait quelque chose d’autre dans le panier. Quelque chose qui se refroidissait. Le chat observa plus attentivement : c’était très pâle, presque bleu, les yeux fermés, respirant difficilement. Elle crut identifier alors la chose, et se mit en devoir de la réchauffer, comme elle aurait fait avec ses propres chatons. Tout d’abord, elle se pelotonna tout contre, faisant pattes de velours. Elle n’avait jamais vu un animal pareil, c’était tout petit. Alors la chatte usait de moult précautions. En outre, elle voyait que cet animal avait froid. Elle se coucha sur le petit corps, à travers la couverture. Mais assez vite, elle comprit que cela ne suffirait pas. Selon toute probabilité, cette chose était pour elle un petit d’animal qu’il lui fallait protéger. Seul son instinct lui parlait. Alors le chat changea de position, et se mit à lui lécher le museau. Il y eut un gazouillis. Le chat regarda ce que faisait l’autre animal. Les yeux s’étaient ouverts, de beaux yeux bleus.
– Miaou ! Miaou !
C’était comme si le chat poussait un cri de victoire. Elle se mit à lécher frénétiquement le visage, puis les toutes petites mains, qui étaient sorties de sous la couverture. Elles étaient bleues de froid, la chatte insista. Elle léchait, léchait. Le museau du petit était mouillé, il éternua. Le chat fit un bond, ne s’y attendant pas. Puis le petit se mit à pleurer. Alors le chat recula, miaula.
– Que se passe-t-il ici ?

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