Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Jour n°1, Partie 2)

Avertissement âge : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement âge : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille
Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.
Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement âge : déconseillé aux moins de 16 ans.
Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°1 (Partie 2)

 

Pas trouvé le sommeil de la nuit. Suées nocturnes et dégoût du corps réclamant, tel un esclave de son animalité. Le corps, une drôle d’idée, je n’ai jamais supporté cette idée, elle me terrifie. Et ce foutu cœur, ce palpitant à tout va, qui se fait la malle dès qu’il aperçoit les visages d’ange, ceux de l’amour, encore une drôle d’idée.

Je me demande si c’est moi qui déraille, suis-je le seul à préférer mon chien ? Bordel de merde, bordel de chien, les femmes avaient qu’à bien se tenir, elles parlent, parlent et parlent encore. Ça fatigue. Ça me fatigue. Plus de place pour autres choses après, et ça vous voyez ce n’est vraiment pas possible. Pas le temps de parler. Parler trop, parler mal, parler, pourquoi ? Je préfère boire.

Ah merde, c’est vrai j’ai arrêté. Je suis dans une de ces merdes, je ne sais pas si vous vous en rendez compte. Je n’arrive même pas à manger avec ça. 11 heures du matin, besoin d’un verre, deuxième jour d’abstinence, je ne suis pas plus heureux.

C’est mon chien par contre qui l’est, heureux. Je le promène entre deux phrases, et vous voyez bien qu’elles sont courtes. Fout-Le-Camp eh ben il est content, il connaît de mieux en mieux le quartier, car j’y fais plus de trois fois le tour, de jour comme de nuit. Bon, la nuit, il râle Fout-Le-Camp, mais bon il peut bien faire ça pour son vieux maître.
Vlà que mon cœur est en train de faire des sauts périlleux, j’sais pas, ce foutu organe doit aimer la gym, et vas-y que je saute, que je cours à perdre haleine, que je m’arrête quand je veux, putain il va me claquer entre les mains ce bâtard.
Résultat des comptes : je ne bois plus depuis deux jours, je fume un paquet de clopes de plus, je ne mange pas, je promène Fout-Le-Camp plus souvent, j’écris mal. Je n’arrive même pas à me relire. Je me demande si je ne préférais pas l’hospitalisation. On vous cachetonne, on mange gratuit, y a de la came à tous les étages, et on en oublie l’alcool. Le seul hic : je ne veux pas abandonner mon chien. C’est lui qui m’a ramassé à la petite cuillère quand les visages d’ange m’ont lourdé pour je ne sais quelle véritable raison. Peut-être que je suis un mauvais plan au lit, que je fais mal l’amour, que je ne suis pas doué. Faire l’amour, c’est quoi ce truc ? Un cliché de l’humanité auquel je ne désire plus participer. Au début ça va, après c’est la catastrophe. Las, c’est quand même toujours la même chose. Et en plus quelle galère pour arriver jusqu’au lit, les balades, le restaurant, les fleurs, les voyages, les paroles romantiques, c’est j’crois bien une imposture ce machin. Putain, qu’est-ce que je ne ferai pas pour une bouteille de Gin, ou de n’importe. Je m’emmerde moi. Et je suis fatigué. 11 heures 30, je regarde cette foutue horloge et je me dis qu’il y a un génie qui a trafiqué les aiguilles, le malin génie, qu’il aille au Diable celui-là, encore une arnaque.

Putain, ça ne passe pas. Rien ne passe. Je vois tout arriver, aucune surprise. Une horreur. Le quotidien ajouté au quotidien, le quotidien encore plus quotidien, après ça tu meurs. Je me demande si je vais continuer dans cette voie, je vais finir dépressif, non pas possible je le suis déjà, mais on va peut-être me donner une médaille pour être le plus dépressif des dépressifs. Y’a peut-être un concours, sait-on jamais.

Et voici Mesdames et Messieurs le plus grand dépressif de tous les temps, vous pouvez l’applaudir.

Viens Fout-Le-Camp, on va faire un tour.

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