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Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 103, 104, 105)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Biographies et Autobiographies

Auteur : 

Lafaille

Résumé :

Un homme tente de soigner son addiction.

Note :

Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.    

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°103

Oh quelle poisse me suis réveillé à quinze heures avec une pluie torrentielle qui s’abattait sur le vasistas, et la cervelle en compote. Une vraie ratatouille cette cervelle. Et un corps en lambeaux ! Papa est beau, regardez-le il ne manque plus que la voisine comme cerise sur le gâteau, une belle cerise du jardin, brillante comme une constellation. Eh ben il est beau le cosmos ! Je je suis une catin. Tu parles d’une histoire je succombe dès qu’elle franchit la porte. Je ne résiste pas, je me laisse faire, comme je laisse faire tout ce que veut bien m’offrir la vie. Une sacrée putain celle-là. Enfin bientôt le printemps, le moment idéal pour flâner sans être jugé.

Car le printemps est le moment où la vie reprend le dessus. Enfin, à ce qu’il paraît. Finalement je ne vois pas trop la différence, il n’y a que des jupes qui se raccourcissent et le courrier administratif qui tente en vain de se frayer un chemin entre les fleurs pour arriver jusqu’à moi.

Le travail. Quel con a un jour décidé qu’il fallait nous lever pour obéir aux ordres de quelqu’un d’autre ? De surcroît un autre qui souvent se révèle condescendant avec vous et avec le reste de ce qui n’est pas hiérarchiquement au-dessus de lui. Car ce con-là obéit toujours à un con beaucoup plus important que lui. Et ainsi de suite. Je ne sais pas quel est le plus grand con sur terre, mais cette hiérarchie dans la connerie est tout de même un sacré pas dans l’évolution de l’humanité.

Un temps, j’ai culpabilisé. Beaucoup. Croyez-moi ou pas mais je m’en voulais de n’être qu’un bon à rien, un paria de la société. Puis j’ai décidé de m’en foutre, mon seul but dans la vie étant d’ingurgiter le maximum d’alcool.

Oui j’ai décidé de stopper cette éducation judéo-chrétienne qu’on m’avait inculquée d’un coup net, me broyant un peu plus les os chaque jour sous la direction de mon cousin, un parfait gagnant à la mèche bien droite, et aux sourires faux-culs qu’arborent les mannequins des publicités. J’étais sous sa coupe, et cette humiliation atteignit des sommets lorsque sous mon nez, il se maria avec la femme que j’aimais. Je n’avais pas eu la moindre attention de sa part à elle, lui avait tout eu, même des enfants. Et je fus leur témoin. L’humiliation touchait à son paroxysme.

C’est comme ça que je suis devenu un très bon buveur, un alcoolique qui chaque jour et chaque nuit remplissait sa mission, celui d’oublier pourquoi il venait s’enivrer et se noyer dans les affres délirants des bars de nuit et de journée, clignotant tel un sapin de noël lorsque le jour se pointait avec sa gueule de con, effrayé par la clarté du jour comme par l’admiration que l’on portait à mon cousin plus jeune de deux ans que moi mais « tellement plus mûr, avec une situation, une femme, et un bébé en route ».

Fout-Le-Camp tu fais quoi encore sur le palier ? Tu veux aller voir notre chère voisine ? Mylène te manque ?

Jour n°104

Quelle peine s’empara de moi lorsque je découvris le pot aux roses. Fout-Le-Camp ne voulait plus quitter Mylène, et je ne savais pas comment faire pour le retenir. Reviens pleurait de la disparition de son aimé je dus donc m’engouffrer dans la cellule bien douillette d’en haut pour sauver ce qui me sauvait la vie depuis tant d’années. Tu fais quoi avec mon chien ?

Reviens, derrière moi, n’osait pas entrer dans l’appartement typiquement féminin de ma voisine. Elle adorait les couleurs comme je leur préférais le noir et blanc, parfois une touche de gris parfois une touche de vert bouteille, mais pas trop de chichis dans mon intérieur me permettait de faire le vide. Trop de couleurs trop de fleurs me donnaient la nausée, comme un trop d’apport à la vie, comme si cette dernière ne se suffisait pas elle-même. Évidemment, ça allait de soi, éblouir son intérieur de fanfreluches multicolores faisait transparaître de sa propriétaire un être peu enclin à accepter les souffrances, les injustices, et les fardeaux de la vie. Elle s’y refusait tout bonnement.

Mais pour l’heure je me foutais bien de ses états d’âme, où était passé Fout-Le-Camp c’est cela qui m’importait. Au lieu de me répondre, elle se frotta à moi en glissant la main dans mon pantalon. Non, cette fois-ci on ne m’y prendrait pas. Reviens sauta sur sa jambe pour lui faire la fête, elle commença à gémir ah ouh ah, j’avais une telle envie de la baffer que je décidai expressément de reculer. Cette mise en scène me donna la nausée, et dans un seul regard, ma voisine provoqua en moi de tels haut-le-cœur que je me mis à hoqueter comme un gamin prêt à pleurer, avec ce visage contorsionné, les lèvres balbutiantes, le regard hagard des fous, fixe en même temps que fuyant, avec la profondeur des grottes, et l’intensité des volcans en éruption.

Mon corps parlait à ma place. J’étais foutu.

Jour n°105

Je me réveillai en sursaut, dans le lit de ma voisine, elle me tripotait le fondement en chantonnant à tue-tête du Mylène, je hurlai. Et contre toute attente, Fout-Le-Camp arriva.

– Ah te voilà toi !

Je le caressai, chamboulé par ma présence dans le lit de ma voisine, estomaqué par sa manière de me garder en otage, Fout-Le-Camp était ma porte de sortie.
Elle tenta une nouvelle approche, je me levai, hurlant de nouveau, viens Fout-Le-Camp, on va voir Reviens.

Je me sauvai. Vite.

On va faire un tour les amis, on a besoin d’air, de grands espaces, et de rêves en bandoulière. Cette voisine m’a foutu le cafard. Putain de voisine, je ne vais tout de même pas déménager. Et pourquoi pas ? Partir et ne laisser aucune adresse. En même temps, je n’ai personne. Je ne vois vraiment pas qui pourrait me rechercher. La voisine ? Aaaahhhhh… L’horreur absolue, je suis dans un cauchemar, pourquoi mon corps ne me laisse jamais tranquille. En plus je ne suis pas un grand fan des parties de jambes en l’air. Quand on a connu les joies de l’alcool et de la drogue, le sexe n’est rien, mais rien du tout en comparaison.

Putain il est déjà onze heure trente, j’ai rendez-vous avec mon conseiller. Oui parce que figurez-vous que j’ai reçu une lettre pas plus tard qu’hier, la communauté décide de me sucrer mes aides si je ne fais aucun effort. Mais ce qu’elle ne sait pas c’est que rester en vie, c’est déjà un effort surhumain pour une personne de mon acabit.

Je tente de rester positif, mais cette positive attitude, cette quête du bonheur en vogue me fait chialer. Oui, je pleure souvent. L’humanité me fait si honte que je me persuade chaque jour que je n’en fais pas partie tout en sachant que c’est tout le contraire, je suis humain, plus qu’humain, rien qu’humain. Voilà que je me lance dans un débat philosophique, soulignant bien qu’il n’y a personne pour m’écouter.

Mes chiens, eux, sont là. Et la chatte. C’est tout ce qui compte. Assez déblatéré, allons affronter le vent, les éléments déchaînés de la nature m’ont toujours fait du bien.

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