Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 124, 125, 126)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Biographies et Autobiographies

Auteur : 

Lafaille

Résumé :

Un homme tente de soigner son addiction.

Note :

Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.    

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°124

Une nouvelle insomnie, je suis dans un état proche de prendre une cuite à en mourir car on le sait tous, une cuite après un long sevrage peut être fatale pour l’alcoolique.

Se rendre à la pharmacie, c’était mon seul but de la journée hier et je n’y suis pas parvenu. Mon Dieu, c’est affreux comme tout m’est parfois difficile. Il y a des êtres qui ne devraient pas naître, ils ne sont pas doués pour la vie. Je pense qu’aujourd’hui j’en fais malheureusement partie. Mais, je suis comme le fleuve, je suis changeant, demain je serai sans doute en joie de me promener avec Fout-Le-Camp et Reviens. Mais à cette heure, d’ailleurs l’heure doit être bien avancée vue la lumière descendante dans le ciel, les rayons du soleil touchent bientôt terre et je n’ai qu’une envie : me terrer dans les draps poisseux de mon lit. Les draps, la belle affaire, depuis que la voisine m’a littéralement sauté dessus, je ne les ai pas changés. Pas de courage, pas d’envie, juste respirer par curiosité.

Venez, ben vous êtes où ? Ah vous voilà ! Ah je vois que vous êtes sortis sans moi, et vous avez eu raison, mais si vous le voulez bien, allons faire un tour, papa a besoin d’air, il est comme un lion prisonnier dans sa cage, et tournant en rond sans savoir bien pourquoi. Ah ben Mimine, qu’est-ce que tu fais dehors ?

Coureuse !

Jour n°125

Trois jours pour me décider. Une décision pourtant facile à prendre, mais l’idée, juste l’idée de me déplacer jusqu’à la pharmacie, puis user du langage normalement avec mes semblables, me paraissait insurmontable.

Aujourd’hui, c’est bon, je peux être fier de moi. Sauf que non, je n’ai toujours pas ma codéine, la pharmacienne m’a dit que je devais prendre rendez-vous chez le docteur pour obtenir une nouvelle ordonnance. On n’est pas rendu c’est moi qui vous le dis.

Hein Fout-Le-Camp, tu sais bien que papa déconne, et est toujours entre deux eaux, toujours à se demander s’il doit bouger ou non, si bien qu’il ne se passe jamais rien avant deux ou trois jours, et je ne parle que d’aller chercher des médocs à la pharmacie, imaginez un peu le reste. La belle affaire. Lorsque je buvais, je me posais pas tant de questions, mais ça c’était quand je buvais.

Putain, je n’ai plus de clopes, en route les amis, papa a besoin d’un minimum de ravitaillement.

Jour n°126

Dimanche en province, un tabac ouvert, une pharmacie vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et un alcoolique abstinent sans codéine. Heureusement, le soleil a frappé fort ce lundi matin et m’a réveillé en sursaut. Levé à dix heures, ça faisait bien longtemps. Vous êtes heureux les loulous, papa est en forme, et en plus sans codéine.

Mimine ronronne, vlà qu’elle fait sa belle devant la nouvelle voisine. Et oui, Mylène est partie rejoindre son amant à Paris, un docteur plus célèbre pour être passé à la télévision que pour avoir sauvé des vies.
Les médias se passent souvent d’éthique, et malheureusement les spectateurs aiment tellement être gavés de divertissement qu’ils confondent jeux de lettres et guerres.

Elle est belle la télévision. Du coup, j’ai de nouveau retourné le poste lorsque j’ai vu un présentateur se prendre pour le héros du jour. Les présentateurs ils font tous ça, les nouveaux gladiateurs de la petite lucarne se prennent pour des super-héros.
Oh que papa est en forme. Maintenant j’ai hâte de savoir comment est la nouvelle voisine. Depuis, je n’entends plus à tire-larigot la Farmer et sa voix d’adolescente dépressive glamour en manque tordu de sexe et d’amouuuur. À force d’en entendre parler, l’amour comme le sexe se fatiguent, et les couples cherchent tous une échappatoire ailleurs, loin de leur quotidien lassant et compliqué de rien.

Je digresse encore, je me prends pour un journaliste maintenant, un gratte-papier à la sauvette, où le scoop se révèle plus important que la vérité. Quel monde ! Mais j’arrête de penser, ça ne me va pas, la pensée me torture et me retourne l’estomac et l’envie dans ce cas de reprendre un verre ne me lâche plus, vite on se sauve ! Reviens Fout-Le-Camp, venez avant que papa retombe dans le trou béant de la pensée tourmentée. Je je suis… une catin.

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