Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 127, 128, 129)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Biographies et Autobiographies

Auteur : 

Lafaille

Résumé :

Un homme tente de soigner son addiction.

Note :

Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.    

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°127

Toujours pas de codéine ni de voisine à l’horizon. Mais quel bonheur d’entendre une illusion de silence, sans pollution nocive pour mes oreilles fragiles. Fout-Le-Camp et Reviens dorment, Mimine ronronne. Elle ne veut son papa que pour elle. Égoïste !

Le sommeil manque, je me rendors, et là tout va mieux. Que j’aime rêver loin du monde et de ses habitants, une trêve pour mon esprit, cette proie facile pour la dépression. Je ne dis pas que je suis né ainsi mais le bonheur n’a jamais fait parti de mes objectifs, même plus, il m’ennuie. Cette dictature du bonheur, cette obligation publicitaire parasitaire de devoir toujours être un esprit sain dans un corps sain comme si c’était un mantra philosophique absolu me fout une de ces gerbes, pire que la pire des gueules de bois. Mais je divague encore, c’est certain. Et cette divagation n’est pas bonne pour l’alcoolique que je suis, esclave de ses addictions, comme de l’oxygène.

Tiens te voilà Fout-Le-Camp, elle dort encore Reviens ? Quelle dormeuse ! Elle en a de la chance hein mon vieux ?

Jour n°128

Hier, j’ai cru que Reviens n’allait jamais se réveiller, quelle peur j’ai eue ! Il ne manquerait plus que ça au tableau. Un tableau à faire pâlir Léonard de Vinci.

Réveillée, elle est venue vers moi, elle a penché sa tête, et m’a regardé de son air de chienne confuse d’excuses, et j’ai dit : allez tout ça vaut bien mieux que toute la codéine du monde, allons acheter des steaks, on va fêter ça !

Quel régal hein mes loulous vous aimez ça la viande ? Vous avez bien raison, des chiens végans vous avez déjà vu ça ? Je vais encore me faire traiter par la ligue des féministes véganes qui aiment les poils, les vénèrent, les mangent même pour certaines, que j’aime faire mon mec de droite conservateur, ça me fait rire, et au bout du compte, j’en suis tellement éloigné que je ne peux que me régaler de feindre le mec relou que toutes les femmes semblent détester aujourd’hui. Peut-être vais-je recevoir des insultes, youpi ! J’adore recevoir des mots doux dans ma boîte aux lettres !

C’est fini Fout-Le-Camp ? C’est fini Reviens ? C’était bon ? Oh que vous êtes adorables ! Venez, on va roupiller maintenant.

Jour n°129

Toujours pas de codéine, je ne sais pas comment je vais me débrouiller pour m’en procurer. Enfin si je sais comment, mais je n’ai aucun courage lorsqu’il s’agit de dépasser mon enclos de bête de somme. Que voulez-vous ? J’ai toujours aimé mon lit.

Bon, quand j’étais un consommateur averti, il est vrai qu’il m’arrivait d’enchaîner les journées et les nuits dans les bistrots sans fermer l’œil. Davantage que l’alcool, le joli minois d’une femme pouvait me faire tenir 4, 5 jours sans dormir une seule seconde. La perspective d’être dans ses bras jusqu’à ce qu’elle disparaisse de mon champ de vision me donnait des ailes. Sans alcool, ce n’est plus la même chose, déjà d’une, trop difficile de passer la porte d’un bar sans retomber dans l’alcool, de deux, je ne trouve plus vraiment les femmes à mon goût, elles parlent trop de sexe, ça me fait mal de les entendre s’abîmer ainsi. Tout passe, même mon amour, et comme cela peut me rendre triste parfois.

Mais ne sombrons pas, pas aujourd’hui, il pleut et j’adore la pluie, ou plutôt j’adore écouter les gouttes de pluie s’écraser sur le carreau, une sensation de bien-être me prend et ne me lâche plus, j’écoute, et je me sens revivre.

La joie puis le désastre arrive, les rayons du soleil sont prêts à transpercer l’appartement et mon cerveau de mal foutu, la migraine se pointe, je sors. Reviens et Fout-Le-camp jouent dans le parc, tandis que je me surprends à reluquer le beau cul d’une quarantenaire !

Alléluia !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.