Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 136, 137, 138)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Biographies et Autobiographies

Auteur : 

Lafaille

Résumé :

Un homme tente de soigner son addiction.

Note :

Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.    

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°136

Après la petite balade qui somme toute fut un tantinet réparatrice, j’ai comaté avec Mimine sur mes genoux, et me suis enfin endormi sous l’influence de son ronronnement. Une heure de sommeil sans le moindre sursaut, ça se prend. Ensuite, j’ai déposé la télévision sur le trottoir, et dans les quinze minutes, un type l’a prise sous son aile. Bon débarras !

Cette nuit fut cauchemardesque, je me suis réveillé en sursaut, persuadé d’entendre chantonner Mylène Farmer sous ma douche, je me suis levé pour boire un verre d’eau et rassuré de ne plus rien entendre, je suis reparti me coucher, suivi de mon arche de Noé.

Rien à faire, je ne me suis pas rendormi. Il est six heures, et je ne dors toujours pas. Je vais me lever et faire un brin de ménage, sortir Fout-Le-Camp et Reviens, et revenir dans mon lit en espérant recouvrir le sommeil. Putain de nuit !

Jour n°137

Après ma petite balade d’hier je ne me suis pas rendormi, et j’ai commencé par avoir des hallucinations. Le manque de sommeil agit comme les effets d’une drogue, je me sens comme en apesanteur, les lois de la gravitation semblent ne plus m’obéir. Pourtant, lorsque j’observe mon corps, mes pieds touchent bien le sol, mon cul est plongé dans ce vieux fauteuil de famille, et ma tête repose sur son dossier, mais cette sensation d’errer dans l’espace ne me quitte pas.

Il est déjà dix-sept heures, il est temps de sortir Fout-Le-Camp, et Reviens, ils m’attendent à la porte tels des toutous bien élevés. En réalité, mes chiens sont très bien éduqués, je pense être doué dans l’univers canin, par contre dans l’univers humain, c’est une toute autre affaire.

Ah j’entends la voisine descendre les marches, merde j’ai noirci le judas, vite sortons pour voir de quoi elle se chauffe.

Jour n°138

Je n’ai rien vu, je n’ai pas été assez rapide, je suis lent de corps, et rapide d’esprit. Les deux m’ont toujours semblé divisés, vivant leur vie l’un sans l’autre. Du coup, lorsque je me déplace, j’ai l’air d’un gros badaud, ce n’est pas que je suis gros, mais mon rapport à l’espace est tellement différent de celui de mes concitoyens que j’ai cette impression étrange et inquiétante que je ne vis pas dans le même espace qu’eux, que je marche dans un tout autre univers.
Pour tout vous dire, soit je suis vraiment dans une autre réalité, soit je suis complètement fou.
Les théories de la physique quantique me donnent du baume au cœur à ce sujet, et me donnent de l’espoir quant à ma manière de sentir le monde. Car oui, il m’arrive si souvent de percevoir et sentir les autres réalités parallèles, je suis si souvent là et pourtant si absent parfois que je me sens ailleurs.

C’est drôle mais lorsque je commence à écrire mes pensées, Mimine a le don de se coucher sur le carnet, à jouer avec le stylo tout en ronronnant. Les chats, des animaux d’écrivain, des êtres qui sentent aussi les autres possibilités de réalité, qui y vivent même peut-être.

Merde, j’ai oublié de manger. Oui Reviens, suis-moi, on va se taper le bout de gras. Ben t’es déjà là Fout-Le-Camp, je croyais que tu étais parti errer dans le parc, mais non, oh la la t’as l’air fatigué mon vieux. Mangeons !

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