Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 139, 140, 141)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Biographies et Autobiographies

Auteur : 

Lafaille

Résumé :

Un homme tente de soigner son addiction.

Note :

Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.    

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°139

Dormi deux heures, mes paupières se soulèvent et se baissent rapidement comme des néons défectueux, hypnotiques, des épilepsies de la matière en somme, et cela sans l’intervention d’aucune volonté. La pluie bat sur les carreaux, elle m’apaise comme le silence après des soirées alcoolisées. Enfin, ça c’était avant. Demain, j’ai rendez-vous chez le Doc, il doit absolument me filer quelque chose pour dormir, je ne tiens plus, je tangue, je me sens comme en état d’apoplexie.

Il n’est que huit heures du matin, je ne dors pas, les chiens dorment, Mimine est venue ronronner sur mes genoux. Elle s’endort sans la moindre résistance. La pauvre, je dois me bouger, j’ai une envie terrible d’une bonne tasse de café.

Jour n°140

– Mais enfin, arrêtez le café !
– Je n’en bois plus beaucoup docteur.
– Combien, et ne me mentez pas ! Ça suffit !
– Quatre, cinq tasses, pardon !
– Vous n’êtes plus un enfant tout de même !
– Vous croyez ?

À cette interrogation teintée d’ironie, le docteur décide de changer de cap, et de ne plus me parler de café. Elle rougit et elle est adorable lorsqu’elle rougit, le teint pâle de son visage lui donne pour le coup un air de petite fille qui vient de faire une bêtise, je craque devant ça. Rien à faire je ne maîtrise plus rien.

– Comment vous sentez-vous en général ?
– Plutôt bien docteur, je tiens le cap.
– Je suis un peu dure avec vous mais sinon vous ne m’écoutez pas, en passant, je vous félicite, c’est une prouesse.
– De quoi me parlez-vous ?
– Mais enfin de l’alcool !
– Ah oui je n’y pensais plus, je peux avoir de la codéine ? dis-je tel un gamin sautant sur la première occasion de marque de faiblesse de son interlocuteur pour lui réclamer une faveur.

– Vous êtes un vaurien !

Elle sourit, et ajoute que la codéine n’est pas un bonbon que l’on peut sucer à tout bout de champ.

Je baisse les épaules, la tête, je suis prêt à m’endormir…

Jour n°141

J’ai fini par m’assoupir dans le cabinet, que voulez-vous, les docteurs ont toujours eu un effet anti-stress sur moi, c’est certainement mon côté hypocondriaque, je ne suis rassuré que dans un cabinet médical, et davantage lorsque le docteur est de sexe féminin. La mère n’est pas loin à chaque fois, je ne vais pas faire de la psychanalyse à deux balles, mais il y a de toute évidence, un lien que les médecins ne devront pas négliger si je deviens un jour un cobaye des neurosciences ou de la psychiatrie.

Je n’ai pas de codéine, elle a résisté, et je résiste pour le coup à me plonger dans un verre d’alcool. Je me rabats sur Fout-Le-Camp et Reviens, non je ne t’oublie pas Mimine, comment le pourrais-je, tu squattes mes genoux depuis deux heures si bien que je culpabilise à l’idée de me lever. Pourtant, il va bien le falloir, regarde Mimine, tes copains les canins me regardent avec persistance, ils m’envoient des messages subliminaux, je ne peux pas résister, non arrête de râler, je te mets sur le lit, tiens sur le coussin, tu vois tu es bien Mimine.

Tout de même, elle me regarde d’un sale œil, mais quel caractère !

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