Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 145, 146, 147)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Biographies et Autobiographies

Auteur : 

Lafaille

Résumé :

Un homme tente de soigner son addiction.

Note :

Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.    

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage

Jour n°145

J’ai croisé ma voisine, la nouvelle. Je ne savais pas où me mettre, coiffé comme un dessous-de-bras, les yeux hagards d’un fou en manque de sommeil depuis bien trop longtemps, mal fagoté, un pantalon qui me descendait au bas des reins, une vraie tapette en guenilles. Je le répète je n’ai rien contre les homosexuels de tout genre, virils ou fillettes des trottoirs, folles de la nuit ou papas, reine de la menotte ou du fouet, papesses des prés ou mécanos en cuir, je m’en contrefous. Je dirais même que cela m’aurait arrangé d’être pédé, je n’aurais sans doute jamais bu. Ou pas dans les mêmes circonstances, ce qui change tout.

Les circonstances, c’est important. Elles mènent ou non à l’addiction. L’alcool, c’était un moyen d’échapper à ma réalité amoureuse, ou plutôt à ma non-réalité amoureuse. Avec ma sale gueule, je n’ai jamais pu soulever une nana digne de ce nom. Que des gueules amochées j’ai eu le droit. Le physique ça compte, et je suis tombé du mauvais côté.

Oui oui, bon bon, on y va, Mimine va nous faire une syncope, quelle gueularde celle-là, la reine des croquettes a encore frappé.

Jour n°146

Je repense à mes propos d’hier, sur le fait d’avoir une sale gueule ou non, ce que cela facilite ou non dans la vie, et ce que cela engendre particulièrement en amour. Car c’est l’amour qui m’a rendu alcoolique, rien d’autre. Je ne suis pas si moche que cela, je suis juste différent de la norme actuelle. Je suis plutôt court sur pattes, et j’ai un grand nez, qui ne m’a jamais laissé tranquille. Et ce nez, il vient de ma mère.

Fout-Le-Camp et Reviens, venez, un rayon de soleil, il faut en profiter.

Jour n°147

Je digresse je digresse, le discours en devient nauséeux, sortant des égouts, la merde sort de ma bouche. Je ne vais jamais en profondeur. Je suis circoncis, c’est sans doute la raison de mes errements amoureux, je ne trouve jamais ni l’entrée ni la sortie. Et au bord du vagin, aucun videur dans les parages, on ne vous aiguille pas non, on vous abandonne aux portes du vide abyssal. Ma voisine, j’en étais donc à ma voisine, et à ma rencontre dans les escaliers avec elle. Elle m’a sourit, je n’ai pas pu lui répondre, honteux de mon accoutrement. Je ne dois pas être si laid que cela après tout, les enfants ne me jettent pas encore des pierres. J’ai oublié de vous signaler que j’ai reçu une lettre de la plus haute importance. Mon docteur m’a écrit. Elle a sans doute peur que je me suicide. Je lui ai déjà fait le coup. Oh ça va, vous voyez, ce n’est pas la peine de vous plaindre, je suis toujours vivant. Est-ce que je me plains moi ?

Oui, et vous avez raison, je n’arrête pas. Mais aujourd’hui, je suis content, oui c’est le mot content, les femmes me sourient.

Par contre, j’ai un mal de crâne, un orage approche, les synapses se décollent, il y a de l’électricité dans l’air, vite allons-y avant que me reprenne l’envie de me tirer sur le haricot.

T’es déjà là Reviens, oh le bon chien, ah ça va Fout-Le-Camp, arrête de faire ton jaloux, tu sais ce que j’en pense de la jalousie. En route, papa a besoin de sortir la tête de l’eau, ah ben elle est bien bonne celle-là !

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