Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 34, 35, 36)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°34 (Partie 34)

 

 

Les souris dansent, et pourtant le chat est là. Feignant ce minou. J’vous jure, il laisse passer les rongeurs, au mieux joue avec, et me laisse en proie à un delirium tremens au-delà de tout ce que j’ai pu vivre. J’ai l’impression d’avoir pris du LSD, hier, je n’ai rien fait, je n’ai pas pu. Dès que je me remuais, je voyais des étincelles d’étoiles danser dans l’appartement. J’ai touché le réel, et il s’est enfui.

Oui mes loulous, on va dehors, il est temps, je suis une mauvaise mère. Oui je sais je suis un homme, mais ils me considèrent comme leur mère. Que voulez-vous sans le vouloir, je suis à la mode, je suis transgenre à mes heures perdues.

Viens Fout-Le-Camp, viens Reviens, ils font les fous ces deux-là, sont-ils heureux de me voir ? Putain, quand même, depuis le temps Fout-Le-Camp, t’aurais pu apprendre à ouvrir les portes. Combien faudra-t-il de temps pour que l’espèce canine se libère des chaînes humaines ? Apparemment, ce n’est pas demain la veille.

Cette nuit, les petites souris de laboratoire ont mangé mes cheveux. Aujourd’hui je suis chauve, pelade du sentiment, aigreur du cœur mal guéri.

Je n’ai pas croisé SANDRINE, à part dans mes rêves. C’est déjà ça. Elle chantait SANDRINE, elle était DJ, et me faisait des signes de la main. J’étais ivre, je hochais la tête tel un animal apaisé, et sans désir. Où les rêves nous mènent-ils ? Le grand génie a les pleins pouvoirs en ce moment, qu’il aille au diable.

Pourquoi Descartes nous a mis ça dans la caboche, il n’avait pas autre chose à faire René, il aurait dû rester en Hollande continuer à fumer de la marijuana, et si seulement… Mais il a préféré faire le malin, et voilà que notre civilisation semble s’effondrer. C’est une bonne chose. Pourvu que les chiens puissent prendre les rênes du pouvoir, on aura de la pâtée à bouffer. L’humanité n’avait qu’à bien se tenir. Bien fait. Et ben c’est les véganes qui vont être heureuses !

Allez, je vois bien que vous n’en pouvez plus, et faut aller chercher les croquettes pour Mimine, arrêtez de tout lui voler, bande de morfales. Bientôt, vous allez finir par me bouffer.

C’est l’amour, vous ne pouvez pas comprendre.

 

 

Jour n°35 (Partie 35)

 

 

C’est con mais hier soir depuis des décennies j’ai zappé comme un vieux con en pensant que ça allait me tirer du vide dans lequel je suis tombé depuis le premier jour d’abstinence. En passant de chaîne en chaîne je me suis aperçu que finalement j’avais bien raison à l’époque de l’éteindre cette boîte à cons. Oui je sais ça fait beaucoup de « con » dans la même phrase mais la répétition n’est pas un problème, elle est même la révélation première de notre espèce. Ah merde et lorsqu’on voit ce que ça signifie ce mot, l’origine, je vais encore me taper les féministes véganes sur le dos. Merde. L’origine du monde aurait dû mieux se tenir.

C’est étrange mais je ne peux m’empêcher de penser à elles, elles me font de la peine. D’ailleurs l’humanité est dans la répétition, elle fait quoi à part faire des gosses, mourir, et répéter le même délire à l’infini ? Et pour ceux qui n’ont pas d’enfants, ils s’auto-alimentent de compliments pseudo-artistiques créatifs, en résumé ils se touchent. Et trouvent ça formidable !

Mais en regardant la télévision, j’ai tout de même appris quelque chose. J’ai entendu le mot BIENVEILLANCE répété soixante-et-une fois en trois heures. Soixante-et-une fois, vous vous rendez compte. Mais que peut bien signifier un mot lorsqu’il se répète à l’infini ? Même pour la réélection d’un futur dictateur les journalistes ont utilisé ce mot cinq fois, je rêve !

Cette vision du monde à travers la petite lucarne m’a donné une nouvelle fois envie de boire, puis je me suis rappelé tous les efforts que j’avais dû faire depuis plus d’un mois pour en arriver là. Nulle part.  Je ne sais pas si le mot si répété de BIENVEILLANCE sous-entend des remords ou des regrets, ou si simplement les gens qui le répètent sans cesse ne comprennent en aucun cas ce qu’ils disent. Des imbéciles ? Je vais encore me faire engueuler.

Pas grave, je suis terré avec mes bêtes, l’humain que je suis ne semble plus vouloir affronter ses semblables. Par survie ? Par déception ? Je suis évidemment en manque d’affection humaine, le sexe ? Ce n’est rien que des effluves échangés, rien de beau dans tout ça, qui peut me dire si un jour le sexe l’a élevé ? l’a grandi ? Sans jeu de mots, je vous ai déjà dit que les jeux de mots m’emmerdaient, on se croirait dans une émission de télé pour intellectuels en manque de reconnaissance, évidemment, la grossièreté en moins. Quoique. La grossièreté n’est pas toujours là où elle paraît.

Bref voici la définition que fait Le Larousse du mot BIENVEILLANCE : « Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». Je vous laisse méditer chers amis, je dois sortir mes bêtes. Ils sont plus importants que cette réflexion autour de ce mot à la mode. En plus, ça me fout la gerbe.

 

Jour n°36 (Partie 36)

 

 

J’ai aimé cette nuit, aucune respiration m’a donné autant de joie, celle de mon chat si doux, clodo venu trouver refuge à la maison, il s’y sent bien, et c’est pour notre plus grand bonheur à nous bêtes et homme. Je ne me souviens pas de mes rêves, je me souviens juste de m’être endormi au rythme des battements du cœur de mon chat, une merveille, un vrai somnifère. Je n’ai pas aussi bien dormi depuis près de vingt ans. Je n’ai toutefois pas retrouvé mes cheveux, je suis chauve, et je pense qu’ils ne vont pas repousser de sitôt. Je suis un nouvel homme.

Je vais y revenir sans tarder, et avec mon copain Le Larousse définir l’indulgence : « Aptitude à excuser, à pardonner les fautes, à ne pas sanctionner les fautes sévèrement. » Nous tiendrons compte de cette dernière définition pour mieux expliquer et tenter de comprendre pourquoi aujourd’hui le mot BIENVEILLANCE est-il prononcé à tous les coins de rue ? Est-il si difficile d’admettre que les S.S. pouvaient être bienveillants avec leurs enfants ? Pourtant un Juif aurait-il pu énoncer cette phrase ? Le penser ?

Je ne suis pas sûr de vous suivre chers contemporains lorsque vous évoquez la bienveillance à tout bout de champ. Avez-vous tant de choses à vous reprocher que vous préférez accabler vos propres amis ? Lorsqu’on demande d’être bienveillant avec quelqu’un c’est que l’on sous-entend qu’il ne l’est pas, non ? Je ne suis pas sûr de vouloir décortiquer l’âme humaine, cela paraît prétentieux, mais est-ce une question de volonté ? Même si je fuis le monde, j’aime les âmes humaines, confuses, jamais claires et précises, changeantes et indécises.

Mais revenons à nos moutons : l’alcool. Je n’ai pas bu une goutte depuis trente-six jours, c’est fou, et c’est vrai je peux m’en passer même s’il m’est difficile de ne pas y penser. J’y pense tous les jours même lorsque j’ai énoncé l’inverse. Ce n’est pas bon tout ça pour moi, la bienveillance, l’indulgence, je n’y crois pas. Pas chez notre espèce.

En parlant de ça, viens Fout-Le-Camp, Reviens… Ah vous êtes là, ça va tout va bien dans mon lit ? Ah je vous jure, vous me faites rire mes petites bêtes d’amour, oui je peux me montrer très romantique avec mes bêtes. Avec les femmes, c’est une autre chose, je n’ai même pas envie d’en parler. Pas aujourd’hui, en tout cas. Ça fait trop de choses d’un coup à digérer.

Venez, on s’arrache, on va voir si je peux encore parler normalement à mon espèce.

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