Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 40, 41, 42)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°40 (Partie 40)

 

 

Fout-Le-Camp et Reviens ont piqué mon steak dans l’assiette, c’est sûr en temps de grave crise économique, c’est la race canine qui l’emporte.

Ils nous aiment, on les aime, mais je ne suis pas sûr qu’on gagne au combat de qui mangera qui le premier. N’en déplaise aux véganes, les chiens comme de nombreux animaux domestiqués ont tout intérêt à être nos compagnons, même si c’est dans le but de les manger. Les brebis domestiquées sont protégées des loups lorsqu’elles sont domestiquées, elles assurent leur survie comme elles le peuvent.

Oh putain, ma voisine recommence avec Mylène Farmer, et je ne sais pas mais entre nous tous les fans de Mylène semblent connaître un souci capillaire, quand certaines se mettent du gel dans les cheveux – genre je sors de la piscine alors qu’elles sortent de chez elles, elles ne se rendent pas compte que ça fait dégueulasse, leurs cheveux ressemblent à une serpillière mal essorée, on a vu mieux comme look–, d’autres se teignent les cheveux en noir corbeau, genre je suis mystérieux, on ne peut pas m’atteindre, j’erre dans des sphères bien plus élevées que les autres.

Eh ben se donner tant de mal pour ce résultat, c’est terrible, et humain, car on sait bien qu’entre nous, l’humain est médiocre, surtout dans ses accès de je veux être aimé à tout prix. Mais quelle horreur. Tout ça pour dire que ma voisine, elle est en train de se lâcher au niveau son, quel raffut, vais avoir une otite si ça continue. Putain je connais les paroles par cœur, et je ne vois pas pourquoi je ne vous en ferais pas profiter, pas de surprise c’est la même chanson, tous les jours, je me la tape :

« Je, je suis libertine
Je suis une catin
Je, je suis si fragileu… qu’on me tienne la main. »

Tu parles d’une génération désenchantée, des punks ces gens-là, c’est certain, demain j’entendrai le glas de la révolution, merci les amis ! Hop viens Fout-Le-Camp, viens Reviens, on va se nettoyer les écoutilles dehors, ça me fout en pétard cette musique de merde. Et c’est pas bon de foutre en pétard le vieux schnock !

On va prendre le train, direction les astres de Vincent, là je l’espère où il n’y aura aucune faute de goût, c’est fatigant à la fin, je suis trop sensible pour cette vie-là moi. Faites attention les gars.

Bordel ! Attention, une petite devinette :

Quel est le principal point commun entre Mylène Farmer et Marie-Madeleine ?

Sur ce, bonne route à vous, le train est arrivé, je vous laisse méditer !

 

 

Jour n°41 (Partie 41)

 

 

Vous vous demandez sûrement que fait le vieux schnock de ces journées, ou pas. J’opte pour le « ou pas ».

Effectivement, je pense que je n’intéresse personne. À y réfléchir, c’est mieux comme ça. Ma vie n’a aucun intérêt. Et je n’apporte plus rien à personne, si tenté que ça soit arrivé un jour.

Peu importe, je continue ma quête, j’ai arrêté l’alcool depuis plus d’un mois, je promène toujours mon chien Fout-Le-Camp, j’ai rencontré sa compagne Reviens, ma propriétaire persiste à me demander le loyer mensuel, et j’aimerais tant qu’elle soit amnésique parfois, elle pourrait avoir Alzheimer, ça serait pratique. Elle ne fait aucun effort pour me faciliter la vie celle-là.

Mon nouveau locataire le chat est bien chez moi, puisqu’il ne songe plus à se barrer comme au début. Et ma voisine chante toujours à tue-tête Mylène Farmer. Le monde tourne de la même façon depuis des décennies, les gens font la même chose, pas de surprise, rien. Je me demande à quoi ça sert, d’ailleurs je me demande aussi pourquoi certains consultent des voyants, je ne comprends pas, j’ai vu, je vois, je verrai, point. Le reste, le vide, on comble du vide, peu importe comment.

Grand événement dans ma vie : j’ai rêvé que j’avais une copine, c’était étrange, elle était là et elle ne parlait, que de bien cela me faisait. Malheureusement, je n’ai connu dans ma vie que des bavardes, c’est terrible. Que voulez-vous, les bavardes comblent le vide aussi.

Aujourd’hui, j’aimerais avoir une copine juste pour qu’elle enlève mes échardes, les filles elles aiment bien faire ça, c’est leur côté sadique, elles se pincent les lèvres en même temps que la pince à épiler, et hop ce sourire lorsqu’elles ont attrapé l’écharde, on dirait qu’un monde imaginaire s’ouvre à elles, c’est beau, c’est incompréhensible, c’est amusant, j’ai hâte.

En attendant, on va se frotter le nez au soleil, venez, je vous sors, allons attraper des échardes.

 

 

Jour n°42 (Partie 42)

 

Attention, à ce jour, je suis sobre, pas bu depuis un mois et demi, un record ! Les 3 coups, roulements de tambour, que le pestacle commence !!! Je ne suis pas sûr que cela vaille la peine, mais tout de même, je tiens à me souhaiter un joyeux anniversaire, je suis au comble de ma renaissance, j’entends les applaudissements, les trompettes de Jéricho et les rires des enfants, le tintamarre de la houle, de cette mer en furie, cet écho naturel de la mère folle de rage, je me rattrape à la vie, un désastre en appelant un autre, je sombre dans une nostalgie au bord du précipice. C’est douloureux, et c’est beau. À tomber.

Heureusement, Fout-Le-Camp, Reviens, et the cat se rappellent à mon devoir : les croquettes. Certains moments de la vie quotidienne peuvent parfois être bénéfiques, quand – par exemple – ils nous sortent de cette torpeur tiède, de cette envie de plonger tête première dans les draps de peur de voir encore le jour, cette lumière aveuglante qui n’aime pas les lendemains de cuite, gueule de bois oblige. Je ne bois plus mais je suis toujours un alcoolique, et le serai toujours, cette gueule de bois, c’est toute ma vie. Je la traîne chaque jour, elle coule dans mes veines, seuls mes loulous m’en sortent, avec une aisance qu’aucun être humain ne peut rivaliser avec eux.

La boisson, se faire mal physiquement pour cacher le véritable mal, la cause de tous les maux : l’amour. La femme.  Et ce cerveau que l’on ressent gigoter dans sa boîte comme si, lui aussi, voulait se faire la malle.

En route, je sors crever l’abcès, joyeux anniversaire vieux schnock !

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