Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 46, 47, 48)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°46 (Partie 46)

Putain j’ai rêvé que Dieu était mort. Évidemment, comme vous l’avez compris, pour moi, ce vieux barbu fou et certainement alcoolique ou junkie, est mort le jour de ma naissance. Oui je n’ai jamais cru à son existence, et s’il existe, il doit être vraiment grave le Père, t’as vu comment il a créé le monde, un de ces foutoirs, il est bourré ce con, c’est certain, ça ne tourne pas rond là-dedans.

Dans mon rêve, c’était différent, Dieu n’existait plus pour personne, et toute forme de religion était morte. Un nouveau monde était né. Et j’étais heureux.

En sueur, épris de nausées, la langue lourde, j’ai tout de suite pensé à l’alcool. A peine un pied sorti du lit, j’ai prié que je n’avais pas fait ce pari idiot de l’abstinence. Je me réveillais en plein cauchemar : l’existence. Le jour. Le soleil. La lumière aveuglante des lendemains de cuite.

Ce rêve me laissera toute la journée dans une sorte de coma conscient, amputé de mon libre-arbitre, et totalement à la merci des événements extérieurs, sans broncher. Fout-Le-Camp et Reviens représenteront mes seuls espoirs en l’humanité, l’œil d’un chien me rassurant davantage que des milliers de regards humains. Foutue espèce.

 

 

Jour n°47 (Partie 47)

 

 

J’ai touché le fond. Les profondeurs de l’âme se sont révélées dangereuses le jour où l’amour s’est pointé avec sa gueule de con. Cette satanée merde de vie me joue encore des tours, des tours de passe-passe, de vas-y que je vous fais le coup du bonheur. Mon cul ! Le mensonge, partout. Foutu bordel de merde de Dieu.

J’ai prié. Je ne suis pas croyant. J’ai prié. Pour passer le temps. Pour crier la rupture douloureuse avec l’amoureuse. Elle n’a pas compris. Elle n’a jamais compris. Rien. Du vide dans du vide, et l’espoir dans les yeux, avec cette volonté d’enrober le tout à sa guise, un beau papier cadeau sans rien dedans. Un gouffre, et ce silence abruti, avec cette tête de mort, face à l’ennemie violente et ses mots arrachés à la souffrance de l’autre.

La honte s’abat sur moi. Parce que je n’ai pas fui, j’ai rampé, tel un chien devant son maître, soumise, jusqu’à ne plus pouvoir se regarder dans le miroir si transparent.

Cette vérité dans le cœur, portée telle un fardeau, mon dos s’écrase face au poids du sentiment. Je suis laid. Je suis laid parce que je dis la vérité. Je suis laid parce que je ne veux plus d’elle, je ne veux plus de quiconque.

Viens Fout-Le-Camp, il est parti où encore celui-là ? Ah vous voilà, mes fidèles. Et l’autre qui se tape encore du Mylène Farmer toute la sainte journée, finalement je la plains, elle ne mérite pas le mensonge. Je ressens même de l’empathie pour elle, je voudrais la sauver, la sortir de l’enfer déguisé en beauté.

Jour n°48 (Partie 48)

 

 

Retour direct à la joie. C’est fou comme un détail peut vous sauver la vie. Hier soir alors que j’étais en train de me morfondre sur mon pauvre sort, la voisine a tapé à ma porte. Elle est superbe la voisine. Et je ne parle pas d’amour. C’est une bombe à retardement, une cocotte minute. Magnifique. Elle chante. Et ne se retourne pas. C’est formidable comme un coup de reins peut vous sortir la tête de l’eau. Pour un alcoolique, c’est tout de même amusant comme expression.

Fout-Le-Camp, Reviens, venez voir papa, il raconte une histoire. Le chat est déjà avec moi. Comme toujours lorsque j’écris. Les chats aiment bien les clichés. Il ronronne, affalé sur mes genoux. Ah vous voilà vous deux, papa vous a encore donné de belles idées.

Figurez-vous qu’hier, la voisine qu’on appellera X, a décidé de ne plus écouter Mylène Farmer, et comme touchée par la grâce, elle a en même temps largué ce vieux copain qui faisait semblant de ne pas me reconnaître. Trou du cul !

Oui oui mes loulous, je vais vous sortir, je finis, vous permettez ? On a couché ensemble. Depuis, je ne pense plus ni à l’alcool, ni à mon ex. J’ai fini de vouloir en finir avec la vie, comme par enchantement, la mélancolie s’est effacée pour laisser place à la béatitude. Je suis détendu. Une nuit de sexe, et la vie repart. Un animal. Hier, malade. Demain, heureux. Ça me dégoûte. Enfin, n’allons pas jusque-là, HEUREUX. Ces lettres s’affichent devant moi, mais rien ne résonne. On dirait un nom de code futuriste pour les imbéciles. Encore eux.

C’est pour cette raison aussi que je penche toujours vers les dépressifs. Les autres m’ennuient. Et spontanément, je ne suis pas attiré par eux, ils me rebutent même. Mentent-ils ? Rien n’est certain à ce sujet.

En tout cas, je suis sûr d’une chose, le cul c’est quand même pas mal pour le cerveau et le cœur. À dire que ça guérit de l’Amour, faut pas pousser mémé dans les orties !

Venez les loulous, on va voir si le décor de la vie n’a pas pris un coup dans la gueule. Qu’on rigole un peu.

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