Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 49, 50, 51)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°49 (Partie 49)

 

C’est fou ça, une journée de plaisirs, comme si ça suffisait à me faire oublier l’alcool à jamais. Enterrée l’addiction. Ça ne marche pas comme ça. C’est vrai que ce bon vieux coup de reins m’a remis dans le droit chemin pendant quelques heures. Mais dès la tombée de la nuit, je suis retombé dans mes états d’âme qui peuvent vous pousser au pire. Je me souviens d’ailleurs que je buvais beaucoup plus tôt l’hiver que l’été, à mesure que le soleil déclinait. Et l’hiver, il défile le soleil, et se fait la malle sans prévenir, comme une dernière lueur avant la fin du monde.

Madame X n’a pas dormi chez moi, elle voulait juste coucher avec quelqu’un, comme une vengeance de plus à sa vie morose sans intérêt que celui de pouvoir larguer un mec de plus. Madame X aime le pouvoir, elle veut dominer tout être qui se présente à elle, surtout s’il est de sexe masculin. Sans parler, dans un accord tacite, nos corps ont fusionné jusqu’à l’éclatement de nos êtres en un seul amas de chair emboîtée, tel un lego laissé au hasard dans la chambre du gosse. Et s’en était fini, ni politesse, ni civilité, elle a claqué la porte, quasi en furie contre son geste de désespoir. Certaines comme certains, n’en déplaise aux femmes qui pensent qu’elles ne couchent que lorsqu’elles ont des sentiments, font l’amour pour simplement éviter de se jeter par la fenêtre. L’acte charnel, une dernière barricade contre le suicide. Quelle tristesse. Ça me fout la gerbe.

Depuis son départ, je n’ai pensé qu’à ça : la mort. Ma mort. Ma fin. Heureusement Fout-Le-Camp et Reviens se sont collés à moi, les deux museaux baveux contre mon visage blanc écarlate. Je me demande maintenant si j’ai bien fait d’accepter ses avances. Sur le coup, je me suis dit que c’était une sacrée belle vengeance de se taper son ancienne gonzesse à l’autre là qui me jaugeait de haut, avec sa gueule de je suis plus beau et plus fort que toi, je me tape une superbe belle meuf, toi tu as l’air tellement vieux, tu es con, alcoolique, pauvre, et seul. Tu parles d’une vengeance, je me sens plus mal qu’avant ce coït ridicule parmi tous les coïts ridicules du monde. Car tout coït est ridicule, il faut l’admettre. Il ne représente jamais la force et la puissance des sentiments. Que voulez-vous ? Je suis un sentimental.

Je dois me lever, il est midi, et les chiens ne sont toujours pas sortis. Ah vlà l’autre qui remet Mylène Farmer, je n’en peux plus. Déjà qu’elle a le cri facile lorsqu’on la prend, mais en rajouter avec de la musique d’ado, ça me fout les nerfs, je suis en phase de replonger. Vite, les loulous, on sort. Papa a soif.

 

 

Jour n°50 (Partie 50)

 

 

J’ai eu chaud au foie, et à ma gueule de con en manque. Hier, les enseignes de bar clignotaient davantage qu’à l’habitude, comme un appel cosmique direct à la soif. Ce coït, s’il m’a sauvé un moment, quelques heures dans la journée, et finalement, il m’a remis les nerfs en pelote. Et je jure devant Dieu auquel je ne crois pas une seconde, que j’aurais dû me casser une jambe au lieu de faire le fanfaron dans le seul but de tirer ma crampe avec cette adolescente de quarante ans qui ne jure que par Mylène.

Fout-Le-Camp et Reviens ont les nerfs, ils ressentent tout, ces clébards. Papa va mal, ils vont mal. L’empathie animale me rassure et en même temps elle souligne encore une fois que l’humanité est une belle mascarade. Les humains ne sont pas empathiques et lorsqu’ils feignent de l’être, c’est par intérêt. La gratuité du sentiment n’est plus à la mode. Aujourd’hui, on compte. TOUT.

Et merde, je dois descendre les poubelles, putain que ça schlingue ! Oh non, vlà que l’autre con revient, avec deux valises dans la main. Quelle salope cette voisine. Elle a couché avec moi pour humilier son amant, au final, c’est moi qu’elle humilie. Que la vie peut être chienne. Non, je ne parle pas de toi Reviens, toi tu es merveilleuse. Je ne peux pas en dire autant des femmes. Menteuses, et vénales, elles me tirent la queue jusqu’à ce qu’elle devienne un morceau de chair sans intérêt, un joujou de plus dans leur valise de godemichés, qu’elles balancent sans état d’âme. Salopes de bonnes femmes. Elles décident de tout. Et on doit encore en plus se la fermer.

Je ne suis pas sûr de réitérer un accouplement, après je me sens si mal. Et encore plus seul. Je ne suis qu’un point d’ancrage, une bitte d’amarrage pour femelles abandonnées sur le bord de la route. Elles ne restent pas, elles se tirent à la première occasion. TOUJOURS. Mes services devraient être payants, Je n’ai rien contre la prostitution, au moins il n’y a pas d’entourloupe du sentiment. On est fixé. En revanche, j’ai toujours eu dû mal avec les clients, ils se permettent beaucoup trop de choses. Comme on le dit souvent, les clients sont rois.

STOP. Je vais gerber.

 

 

Jour n°51 (Partie 51)

 

 

Comme il était prévu, j’ai vomi mes tripes, mes boyaux, et ce qu’il me reste de cœur. Fout-Le-Camp et Reviens m’ont suivi dans les toilettes, inquiets. Ils sont bien les seuls. Je suis sorti avec eux, et le grand air, comme toujours, m’a fait le plus grand bien.

Je n’ai pas recroisé la voisine. Ni son con de copain. Bon débarras. Adieu Mylène. Je je suis une catin… Putain, ce machin-là, impossible de me le sortir de la tête. Une horreur.

Le gosier desséché, et le pancréas hurlant à la mort, j’ai bien envie de replonger. Mais cinquante-quatre jours, je ne vais tout de même pas tout foutre en l’air. En même temps, ça serait bien mon genre. Dès que j’entre dans une phase positive de ma vie, je déglingue tout sur mon passage, un vrai raz-de-marée, la tornade à tous les étages de l’émoi.

Et moi et moi et moi… Quel narcissique je fais ! Je suis le résultat de l’individualisme poussé à son paroxysme, il n’y a qu’un seul sujet qui m’intéresse vraiment : moi. Et pour couronner le tout, je suis en dépression. Et qui connaît un tant soit peu la dépression sait bien que cette maladie est égocentrique. Un ami dépressif qui vous voit dans une grande souffrance s’en foutra royal de votre petite gueule, vous n’êtes là que pour entendre ses jérémiades à lui, vos mots ne seront que des prétextes, des parenthèses à sa propre souffrance. L’ami devient alors un alibi.

Finalement, dans mon état, ce n’est pas plus mal de n’avoir comme amis que des chiens, ils ne demandent rien, et sont de très bons confidents, ils sont taiseux, et ça change tout à votre malheur.

Oh la vache, je sens que mon bide va exploser, je vais devoir me traîner chez le toubib. Pas grave, elle est belle, en plus, elle adore les toutous.

Venez les loulous, on va voir le doc, papa est en grande souffrance.

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