Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 52, 53, 54)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°52 (Partie 52)

Mais quel rêve, cette nuit ! Entouré de déesses plus belles et attirantes les unes que les autres, toutes me désiraient, et me laissaient entrevoir, entre deux gorgées de fines bulles, une attention toute particulière à mon égard. Les pupilles dilatées par la jouissance, et leurs sourires ravageurs d’une promesse infinie de plaisirs, les lèvres entrouvertes pour mieux goûter au fruit défendu, l’alcool coulait à flots, et je coulai avec.

Impossible d’échapper à ces deux tentations exquises : la chair et le fût. Je sombrai alors dans de petites morts me laissant choir au gré des désirs féminins, pour terminer tout droit dans la gueule du loup, cette mort qui, elle, ne vous lâche pas d’un pouce, et vous emmène tout droit dans le trou final.

Je me réveillai tremblotant et fiévreux, les rayons du soleil tapant dans les creux du lit. Je ne pus que me rendormir, la lumière me terrifiait depuis mon abstinence, elle me trouait la peau blanchie et rougie par des années passées à refaire le monde autour du zinc.
Je me réveillai cette fois-ci par une douleur atroce au bide, je ne parvins pas à me lever tant la souffrance persistait dans l’intolérable, tel un couteau m’arrachant le poitrail ouvert et sanglant par les souvenirs atroces de l’enfance, je titubai sur mon lit, la chair meurtrie cousue dans le drap.

J’entendis les chiens se ramener, ils voulaient sortir, mais me voyant à quatre pattes sur le lit, à faire la toupie pour tenter de vaincre ces foutues diverticules, ils vinrent me renifler le cul, ce que fit à deux doigts près, le docteur que j’allais consulter deux jours plus tard.

Reviens et Fout-Le-Camp, se mirent à tourner autour du lit, affolés de ne pouvoir alléger cette douleur. Trois toupies dans une chambre, je vous jure qu’on avait belle allure.

N’empêche qu’à deux doigts près…

 

 

Jour n°53 (Partie 53)

 

J’ai fini par les sortir ces foutus chiens. Je n’aime pas parler d’eux comme ça, mais le mal de bide est si atroce que j’en oublie mes principes de vie. C’est alors que vous vous dites « ah ben il a des principes, ce con », ne vous méprenez pas sur mon cas, ma personnalité est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.
Putain, demain : docteur du fion. J’ai la gerbe. Mais pas trop le choix, je me tords encore tel un vers de terre terrifié dès qu’il veut voir la lumière. Elle m’aveugle, et je repars fissa dans les draps froissés d’un lendemain de biture. Sauf qu’il n’y a même plus l’alcool pour me calmer, rien. Le vide. Je bouffe le néant à chaque respiration.

Oui mes chiens, je suis encore en proie à cette tordue de mélancolie, et en prime : ce mal qui me ronge l’intestin. Les chiottes sont bouchées, pas de panique, je sais que c’est infect cette puanteur et que si pouviez, vous vous boucheriez le museau. Mais demain, promis, je ramène la ventouse.

Ça me fait penser que j’ai toujours trouvé ces ventouses d’une couleur dégueulasse, je ne sais pas, les constructeurs de ces machins n’ont jamais pensé à mettre de la couleur dans notre merde de vie.

Pff… je vous jure si j’avais eu les couilles, je serais devenu un inventeur hors pair, croyez-moi, ça aurait pu ramener n’importe quel merdeux comme moi, à la raison. Que voulez-vous, j’ai d’autres chats à fouetter, je ne suis qu’un bon à rien. Et un bon à rien, il fait quoi ?

Pas besoin de répondre, vous avez compris le principe.
Oui, je sais, Fout-Le-Camp, tu dois chier aussi. Elle est encore passée où ta furie de copine ? La prochaine fois, tu prendras une vieille, et une plus maligne, qu’elle nous ramène au moins des trucs à becter.

Désolé, Fout-Le-Camp, je dois retourner vider mon fondement, mais putain qu’est-ce-que j’ai mal au cul, finalement, vivement demain, ça urge.

 

 

Jour n°54 (Partie 54)

 

Il y a comme un truc dans l’air, je ne sais pas, hier chiottes bouchées chez moi, et chez le docteur du Fion, pas moyen de pouvoir se vider correctement sans qu’une conne passe devant moi, elle me dégoûte celle-là avec son sein aussi gros que sa tête. On dirait qu’elle en a qu’un seul en plus, difformité du cancer féminin le plus en vogue de l’an 2019.

Ferme ta gueule tu vas encore avoir des problèmes, et là c’est pas seulement les féministes qui vont frapper à ta porte mais la Ligue du Cancer, oh elle, elle la boucle, vus les détournements de fonds, elle ne peut pas trop se la ramener. Et pour me donner un air de compassion, les clébards ont la diarrhée. Que voulez-vous ? Ils m’accompagnent dans les pires moments, ils imitent le saint Père.

Je ne vous raconte pas comme je suis heureux de rendre visite à mon pote de Bruxelles. Déjà, dans les cafés, les toilettes sont carrément plus propres en Belgique qu’en France, et je ne parle pas de ceux que l’on trouve dans la région. Vu que plus de la moitié de la population est alcoolique, les gens chient plus et leur merde est molle comme leur cerveau de décérébrés coureurs de mines.

En attendant, je patiente dans cette salle d’attente, cinq bonnes femmes avant moi, je vous jure j’ai du bol avec les gonzesses. Et ça n’arrête pas de se lâcher, en faisant des sourires en coin à leur voisine de galère. Je suis seul. Comme toujours. Au milieu des femmes.

– Monsieur, vous pouvez entrer.
– Ben et elles ?
– Elles ne sont pas là pour une fibroscopie Monsieur !

Mais quel connard ce médecin, je vous jure, comme s’il fallait annoncer mes problèmes de fondement à la terre entière, avec son sourire en coin, je vais lui faire avaler ses dents.

Et merde, je dois avaler ce foutu liquide noir gluant dégueulasse, et il ne m’endort même pas ce trouduc.

Il m’enfonce son tuyau, putain mais je comprends maintenant pourquoi ma dernière copine hurlait pendant que je lui mettais, la pauvre, oh ça va elle n’avait qu’à pas me tromper avec le premier venu. Garce. En même temps elle avait l’air d’aimer ça, oh oui oh oui oh non, oh oui, oh putain c’est moi qui hurle comme ça.
Oh putain, je vais dégueuler, ça me fait trop mal, les suppositoires je ne disais rien, mais là imaginez un tuyau d’arrosage ouvert dans votre fondement, vous faites moins les malins.

Je suis un warrior, j’ai vomi sur le Docteur, ça lui apprendra à me sourire avec cet air de dire vous allez moins faire le malin monsieur.
Je suis sorti d’ici en courant, le docteur à mes trousses, passant par la salle d’attente, il s’écroula comme une pauvre merde sur les jambes d’une femme.

J’ai bien ri, venez Fout-Le-Camp et Reviens, on va se faire une petite balade au soleil, une toute petite balade, papa a mal au cul !

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