Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 58, 59, 60)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°58

 

 

Hier soir, rentré de ma sieste, et me sentant bien, enfin mieux que d’habitude, le fondement quasi réparé, je me suis dit que ça serait bien qu’on se barre un peu d’ici avec la marmaille, et Mimine. Mimine n’est pas un enfant, elle est un sage ronronnant au sommet de mes états d’âme.

Tiens vlà que je me la rejoue poète, ça doit être un jeu du fondement. Comme quoi les profondeurs sont impénétrables, la Bible ne dit pas que des conneries. Oh putain, vlà que je me fous le Vatican sur le dos, et toute la clique de pédophiles en jupette et robe à paillette, et oh c’est pas le carnaval les gars.

J’ai donc décidé de partir. Pas pour de bon. Je vous vois venir. Celles et ceux qui veulent me voir mourir, je vous tiens à l’œil, et à distance il va sans dire. L’œil en coin, l’œil coquin, l’œil meurtrier, une vraie balle d’amour entre les deux yeux, oui je vous vois venir, mais voyez-vous, depuis j’ai appris de vous, comme on apprend à ses dépens, sans compter.

Je digresse encore, c’est dingue ça, je ne peux m’en empêcher, mon cerveau se fait la malle, mais la malle d’une facilité.
Je suis donc parti avec mes deux clébards, nos trois queues entre les jambes. Je ne peux pas les laisser seuls, ils me font de la peine. A contrario, et c’est surtout dans ce sens à vrai dire, ils ne peuvent pas me laisser seul, impossible.

Avant de prendre la décision de partir, une bonne chose s’est réalisée, je me suis réconcilié avec ma voisine, sous la couette. Mylène Farmer n’avait qu’à bien se tenir. Que voulez-vous ? Mon cœur est faible. Et le corps me fait des demandes de plus en plus pressantes, qu’il m’emmerde celui-là !

De ce pas, je pars me confesser sur la route. Les arbres sont de bonnes oreilles, et leurs feuilles me rassurent, ils me donnent tout ce dont j’ai besoin, sans rien demander en retour. Au moins, ils ne vous font rien payer. Les relations humaines, c’est autre chose. Rien ne semble gratuit, toujours cette question de mérite qui taraude le mortel, mais enfin de quoi je me mêle ?

La route est devenue mon confessionnal à ciel ouvert. Et je repars de ce pas caresser le bitume de mes semelles déglinguées, embrasser la terre de mon cœur de vagabond.

Et le chat, mais de quel chat parlez-vous ?

Jour n°59

Figurez-vous que je me suis retrouvé à Bruxelles, et c’est pour le coup, très exotique, en déplaise à certaines à certains, ça vous remet un homme debout une ville pareille ! Surtout un homme qui vient de goûter au plaisir de la fibroscopie.
Mes chiens sont heureux, la ville est quasi paradisiaque pour l’espèce canine, il y a du vert à tous les coins de rue. La classe ! Et des bancs pour moi, et Mimine, oui j’ai emmené le chat, je ne veux pas le laisser seul, ou le confier à je ne sais Dieu qui. Pauvre bête. Et la bête en ce moment, et ben figurez-vous qu’elle ronronne.

Pour en arriver là, j’ai fait du stop, sans pancarte. Et la première voiture arrêtée, je suis monté dedans sans poser de question au conducteur. J’ai eu du bol que quelqu’un se soit arrêté, parce qu’avec tout mon barda et les bêtes, c’était pas gagné. J’ai tout de même attendu deux heures dans un froid de canard. Je me plains mais le type, un gros moustachu chauve était très sympa, surtout avec les bêtes, ce que je peux comprendre amplement, ce n’est pas moi qui vais dire quelque chose à ce propos. Moi, il ne m’a quasiment pas adressé la parole, du coup je me suis endormi. Il m’a réveillé à destination, carrefour central des décisions européennes : Bruxelles, en déclarant que comme ronfleur je me posais là. Trop drôle !

Je dors à merveille ici, malgré le froid, et j’ai rencontré à l’instant une dame qui me propose logement et couverts, que demande le peuple ?

Allez les loulous, suivez papa, les belges sont les amis des animaux, on est dans le bon endroit au bon moment on dirait, que diable ça change. Oh putain mais c’est qu’elle cavale la bonne dame.

Jour n°60

Quelle pouasse, j’ai oublié mon pote. Bon rien de grave je suis au bon endroit. Puis il comprendra, une femme m’a retenu, il n’est pas le dernier lui non plus. Comme moi, il est abstinent. Mais lui c’est la came. Il a toujours aimé se défoncer, il trouvait la vie plus amusante sous produit. Je le comprends. Et il comprendra mon faux-bond. Ce n’est que partie remise. En attendant, la dame me cajole, et me masse l’anus, si bien que je commence à avoir une érection. Pense à la mort, pense à la mort, pense à la mort. C’est le seul truc qui fonctionne chez moi. La mort. Je ne comprends pas pourquoi on nous a tant soumis à notre organe reproducteur, on en est esclave, c’est une véritable plaie ce machin, comme si je voulais des mouflets. Et ben non, je ne veux pas de mouflets et j’en ai jamais voulu.
Oh non Mimine, je m’excuse, je suis fatigué Madame, vous êtes une force de la nature. Et moi, voyez-vous, j’en suis bien loin. Je n’ai jamais dit ces mots, je garde beaucoup, beaucoup trop en moi, et voilà que le fondement s’en plaint. Mimine vient me voir. Tu arrêtes maintenant.

– C’est rien mon chou

Putain je saigne. Super ! Retour dans le cabinet du proctologue fissa.

Je ne peux rien, quand on parle comme ça, je ne réponds plus de rien, je suis un trou sans fond lorsqu’il s’agit d’amour. Oui je sais c’est un bien grand mot, un gros mot même. Surtout en ce moment.

Une véritable insulte à mon fondement.

– Attention Madame !

Putain je me barre d’ici, je savais bien que sa gentillesse cachait quelque chose, elle a voulu m’enfoncer sa main dans le fondement, mais putain, je n’accouche pas, je l’ai dit je n’ai jamais voulu d’enfant. D’ailleurs, je me demande ce que ça donnerait par-là, le trou du cul comme origine du monde, et ben ça changerait déjà le tableau, et l’Histoire de l’Art. Comme quoi, on n’est vraiment pas grand-chose, et les étudiants ou professeurs qui se la racontent devraient se dire plus souvent que tout ça, ce grand bordel n’est qu’une histoire de circonstances et de hasard. Comme dirait l’ami, ça dépend de où l’on se situe.
Putain, elle est grave elle, moi qui pensais être sauvé, je suis revenu à la case départ. Espoir de merde, je me retrouve toujours à regretter d’avoir espéré, même pour un instant. Quelle déconfiture !

Hop, les loulous me suivent, le chat aussi, ce qui cloche, c’est la bonne femme. Elle me tire sur le bout de laine qui me sert de pull et de chauffage, putain elle m’arrache tout, faut vous calmer Madame, j’ai jamais compris les femmes, quand on veut elles ne veulent pas, et quand on est moins disposé à accomplir ce qu’elles désirent, elles nous sautent dessus comme des sauvages, elles nous arracheraient la bite pour un rien. C’est fou ça. Faut savoir. Les femmes sont bestiales, elles ne se maîtrisent pas, et chez elles n’allez pas me dire que c’est un besoin, elles n’ont pas besoin de se vider les couilles, c’est physiologique. Je suis peut-être démodé, tiens on dirait l’autre qui fut un temps, un bon chanteur, et qui aurait dû mourir avant de se perdre dans les confins de la médiocrité. Sous couvert de timidité et de moustache, on s’en permet des choses.

Je digresse encore, quelle fâcheuse tendance, je me retrouve en écriture automatique, et c’est pas du bon boulot croyez-moi. Un texte, qu’il soit long ou court, se travaille. Fâcheuse, avec une faute, mon vieux logiciel d’écriture me propose faucheuse, décidément, c’est dans l’air du temps. Un temps qui n’en finit pas.

Putain vlà qu’elle me mord le lobe, beurk rien que le mot, ça me fait dégueuler, j’imagine toujours l’intérieur de l’oreille, spirale vers l’infini, escargot du visage, bave.

Je la claque, contre le mur. Ah merde elle saigne. Putain, je suis dans la merde.

Encore.

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