Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 61, 62, 63)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°61

Et ben mon vieux, vous croyez tout ce qu’on vous raconte. Désolé de vous décevoir, encore. Mais l’escapade à Bruxelles s’est arrêtée net au banc du coin, je n’ai jamais commis de meurtres ni blessé quelqu’un volontairement, vous êtes déçu ? Pas grave, vous manquez d’aventures dans votre vie de bourgeois bien installé ? Quel cliché je suis. Je ne peux donc qu’écrire des clichés.

Avec l’ennui c’est bien c’est que c’est un peu comme la mort, ça ne fait pas de dentelle et de chichis entre les classes sociales, tout le monde a le droit un jour, des jours, une nuit, des nuits, à ne connaître qu’ennui profond, et ressentiment de l’isolement. Je ne vous raconte pas comment ça schlingue là-dedans. Par contre, saigner oui ça je saigne toujours du fondement. Quelles nuits agitées.

Le soleil m’a réveillé ce matin, et je me suis fait virer du banc par le représentant de l’état en blouse verte et jaune fluo, tant est si bien que le bonhomme m’a ébloui, rayons des services secrets en pleine face. Je délire. Vite un médecin, ai-je crié en apercevant l’homme à l’aspirateur de vide, entre deux clopes et deux canettes.

Mes chiens ? Aucune réaction. Ah j’vous jure on ne peut même pas compter sur eux pour garder un banc, peinard. Mimine a soufflé sur l’aspirateur, sous les rires sifflants d’un merle traqueur de vers.

J’ai pris mes briques et mes brocs et me suis cassé. La compagnie m’a suivi, et quelques monnaies dans le falzar, j’ai risqué mon cul au café.

 

 

Jour n°62

 

Je reviens à peine de Bruxelles, j’ai rencontré un super type au café. Il était comme moi, en Belge. Il avait arrêté l’alcool, il avait deux chiens, qu’il trimbalait comme ses alter ego. Il se posait des tas de questions sur son avenir d’alcoolique en manque. Figurez-vous qu’on a trinqué et c’était beau. Au même moment, une lueur et un frisson, pendant une seconde que le temps s’arrête.
J’étais devenu étranger, dans le regard de l’autre, je me suis retrouvé.

On a passé la journée ensemble, et il a même appelé un pote français qui retournait au pays. Bon le pote sympa sans plus. Toute façon me suis endormi dans sa caisse, entre mes loulous qui me réveillèrent de tout leur poids sur mon corps de maigrichon, sans fondement.

Je peux vous dire qu’aujourd’hui je souffre le martyr de partir dans la sphère insensée du corps médical, je doute de ma conviction, je doute même de mon doute. Tiens ça me rappelle un certain René, oui je sais je me souviens, j’en ai déjà parlé, quelle aberration que cette foutue mémoire de déglingué. Allez les loulous faut qu’on se traîne jusque là-bas. On a du pain sur la planche. Enfin, surtout le docteur…

 

 

Jour n°63

 

Arrivé chez le docteur, je laisse les chiens dehors, attachés au poteau le plus proche. Oui je sais, vous n’aimez pas, vous croyez que j’aime moi passer mon temps à montrer mon fondement. Salle d’attente bondée de femmes en proie à l’irrésistible envie de se soulager au premier coin de verdure. Mais la politesse aidant, elles ne font rien. Les mains croisées sur leur bosse comme si on allait leur extirper leur progéniture pas encore formée, elles tournent la tête de gauche à droite, faisant d’énigmatiques tours de yoga, piétinent des pieds, le cul bien enfoncé dans leurs chaises mal étudiées pour le poids qu’elles portent. Certaines sont au bord, le ventre prend tant de place, qu’elles ne peuvent plus s’adosser, elles tiennent leur dos à l’aide de leurs mains posées sur leurs hanches, les jambes écartées pour la bonne cause.
Au centre de cette salle féminine, je ne me sens pas à mon aise, elles me jaugent des pieds à la tête, et me demandent ce que je fous sur leur terrain de jeux. Faut savoir les filles, on vous accepte dans les travaux qui étaient exclusivement réservés aux hommes, on vous accepte sur les terrains de foot, et vous me regardez comme si j’étais le dernier des déchets, équité, égalité, parité, mon cul !

On ne sortira jamais de cette foutue et éternelle affaire. Je pense quand même que je suis heureux d’être né homme, enfin plus heureux que le sexe faible, si fort et si puissant qu’il est en capacité de prononcer l’inverse. Elles sont malignes les femmes, plus malignes que nous.
Enfin, ne faisons pas des généralités, je vais encore me faire taxer de Clichéman.

Une femme entre dans la salle, c’est mon tour. Mais je l’ignore. Et merde, en plus Docteur Fion est super canon, j’ai trop envie de me débiner, la honte de montrer son fondement à un ange pareil, souriant avec ça.

– Monsieur, je vous attends…

Je ne dis pas un mot, les femmes se moquent de ma tête de cul. Mesdames, c’est d’actualité en ce moment.

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