Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 64, 65, 66)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°64

Ouf, je suis sorti, opération dans les profondeurs, je dois rester allongé pendant une semaine, dix jours. Elle ne me reverra pas de sitôt, trop belle !

Face à tant de beauté, j’ai honte de ma laideur. Un moins que rien face au sourire divin. Zéro.
Ce fut comme une apparition, tiens ça me rappelle quelque chose. C’était mieux dans le roman. Que la vraie vie peut m’ennuyer. Surtout sans alcool. Sans alcool, la fête est plus folle ! Voilà le genre de conneries qu’on fait croire à nos chères têtes blondes, ils ne sont pas dupes, on les prend vraiment pour des cons. Oui, j’ai re-retourné la télé, au lit, bruit de fond qui couvre celui de ma voisine.

J’ai oublié de vous dire d’ailleurs je ne sais plus quand c’était, le jour où j’ai oublié mes clés, je me suis souvenu de ma vieille voisine Alberte. Figurez-vous qu’elle m’a ouvert, je pensais qu’elle était sourde la vioque. Eh ben maintenant qu’elle m’a sauvé la vie, et le couvercle avec cette satanée proprio qui continue à avoir toute sa tête, je ne l’appelle plus la vioque ma voisine, elle est super Alberte. Un super héros ! Comme elle sait qu’elle a des pertes de mémoire et qu’elle a comme moi cette foutue tendance à tout perdre, elle a dupliqué les clés de la porte d’entrée à foison, et elle m’a donné un trousseau. Ravi, j’ai pu promener mes chiens et revenir sans peur de rester dehors. Par contre, j’ai défoncé ma propre porte d’entrée d’appartement. En même temps, elle ne tenait plus cette porte. Ah ça pour demander son loyer, elle sait le faire la vieille proprio increvable, mais pour ce qui est des réparations, elle s’en fout comme l’Alzheimer de son mari.

Je pense à ça parce qu’Alberte est venue taper à ma porte il y a à peine une heure pour me taper du sucre. Elle demande toujours du sucre Alberte. Elle dit que les aliments salés elle ne les sent pas, pis elle n’a plus de dent, donc plus de risque de caries. Pis elle n’est pas comme certaines vieilles qui veulent garder la santé à tout prix pour éviter la mort, Alberte elle dit qu’elle a eu trois cancers, alors le sucre. Je l’aime bien Alberte. C’est la seule en ce moment. Et mes chiens. Et Mimine. Ça va finalement, ça fait tout de même un petit monde. Ça suffit amplement.

Oh merde encore de la publicité, mais dingue la femme est encore à moitié à poil pour vanter les bienfaits du yaourt Bifidus actif. Eh ben c’est vraiment le moment de me parler de ça. N’empêche que j’ai évité la poche de justesse. Ouf encore six ou neuf jours avant de récupérer mon fondement. Je dois prendre des médocs, et je suis complètement HS. Je ne savais pas que deux petits comprimés quotidiens pouvaient me défoncer à ce point-là.

Vais faire un petit roupillon, j’espère que je ne vais pas être accro, il ne manquerait plus que ça au tableau. Ah les joies du fondement et de ses profondeurs !

Jour n°65

Voilà c’est fini, je ne peux plus résister à l’appel de déesse codéine. C’est dingue ça, je sors d’une addiction pour retomber dans une autre. Franchement, pour le coup, et pour une fois, ce n’est pas vraiment de ma faute, le corps médical n’avait qu’à bien se tenir. Je me souviens…

Je ne me souviens plus vraiment, je me souviens qu’elle était belle, à tomber. Et je suis tombé…

Franchement y’a pas idée de devenir spécialiste du trou du cul quand on est belle comme ça ; j’ai honte, pff vous ne vous rendez pas bien compte, mais ça faisait longtemps que je n’étais pas tombé nez à nez avec la grâce. Choc ! Cœur en sursis, endormi.

Je ne l’ai vue qu’une fois, et même pas cinq minutes, un ange, puis l’anesthésie. Trou blanc, et tourbillon dans un espace qui n’existe que pour les anesthésiés, une atmosphère ouatée, un bien-être semblable à la fin et le commencement, l’éternel retour, spirale des temps enfouis, et renouveau. Oh merde, faut que j’arrête de parler comme ça, ça m’excite. Je ne suis pas tout à fait normal, on peut le dire, je ne corresponds pas à ce que l’on pense de moi, généralement, on pense que je suis un idiot, ou inversement que je suis excessivement intelligent, je suis ni l’un ni l’autre, tout ça n’est que du bluff, une partie de poker grandeur nature.

J’ai toujours aimé le jeu, mais mes concitoyens sont rarement de mon avis, malheureusement je passe pour un tire-au-flanc, qui désire qu’une seule chose : ne pas travailler !

Ils ont tort mais pour l’instant j’ai d’autres chats à fouetter, je m’expliquerai plus tard à ce propos. Mon fondement hurle, je dois y retourner.

Jour n°66

Dormi comme un bébé, merci codéine ! Les chiens sont des anges, le chat ronronne. Les animaux éprouvent de l’empathie pour leurs foutus maîtres, je me demande même si ce n’est pas essentiellement pour cette cause que je pourrais devenir végan.

Je me suis vidé toute la journée d’hier, et une partie de la soirée, aujourd’hui, je ne peux plus me vider de rien, à part du vide lui-même. Je ne suis pas certain que cela puisse se produire d’un point de vu purement physique, mais sait-on jamais. Je vais en profiter pour sortir Fout-Le-Camp et Reviens, soleil en plein mois de février, il faut en profiter, cela ne peut que me faire du bien !

Ils sont ravis, ils ont compris que cet aprèm papa sortait avec eux. Le chat quant à lui, râle, j’ai bougé, et il préférait que je sois une momie semble-t-il. Il n’a pas du tout la même manière de montrer son empathie, il paraît même égoïste si on le compare au chien. Mimine, mais c’est dingue ça elle vient de me mordiller la main, elle lit dans mes pensées, ce n’est pas possible.

Des fois je me dis que les chats sont des êtres capables de communiquer avec les morts. Mais Mimine, je ne suis pas encore mort, enfin ça ne devrait pas trop tarder si je continue à me perdre ainsi dans des élucubrations de bric et de broc, sans queue ni tête cette cervelle.

Allez, venez papa est prêt pour la promenade.

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