Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 67, 68, 69)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n° 67

 

Je ne suis pas passé loin de la mort cérébrale, j’ai cru me rompre les cervicales lorsque je suis sorti tellement je faisais d’efforts pour ne pas me vider sur le trottoir. Contractions du bide, du dos, penché, je me suis pris un poteau en pleine face. Je vous jure que je ne suis pas beau à voir. Enfin pour ça, je vous fais confiance, je pense que vous êtes tout à fait capable de comprendre que je ne suis pas le top modèle dont rêvait mes parents, ni l’employé de bureau qu’ils auraient souhaité que je devienne, un gratte-papier, un cafard perdu au milieu d’une multitude de papiers administratifs. Pour papa, c’était le sommet de mon avenir, le Graal. Désolé pa, j’ai fauté, je n’ai jamais travaillé dans un service administratif. Une semaine, ça ne compte pas.

Pourtant, je m’en souviens pas. Un boulot pour payer mes études, ce n’était tout de même pas la mer à boire. Eh ben moi je l’ai bue la mer, et ce n’était toujours pas beau à voir. L’alcool, ça vous ronge la tronche, mais ça vous ronge aussi tout espoir de paraître normal et donc apte aux yeux d’une quelconque hiérarchie.

L’autorité ? Je parlerai de ça plus tard, j’ai trop mal au bide pour me prendre la tête avec un sujet d’une telle ampleur de discordes avec mon entourage. Mais bon c’est déjà ça, je ne me précipite plus aux chiottes, je peux rester plus de deux heures allongé ou au lit sans pour autant me préoccuper de l’avenir du fondement. L’être et le néant, je suis plutôt dans le néant, mais ça vous l’aviez compris sans moi. L’observation de mon cas suffit amplement pour se faire une idée. Une idée fausse mais une idée quand même.

Je vous laisse, pour une fois y’a un truc super intéressant à la téloche, le cas du LSD aux States. Bon j’en connais un rayon sur les substances, ah les joies de l’armée et de ses dérives, mais un petit rappel ne me fera pas de mal. Hein, Mimine ?

Hier, les loulous n’ont pas fait trop de cas de mon problème, ils se sont débrouillés seuls pour faire leurs crottes et le reste, sniffer les bonnes odeurs de pisse de leurs congénères. Ils sont cools mes chiens, je ne peux pas dire de même pour mes semblables. En parlant de ça, la revoilà l’autre avec son attitude d’ado, et sa musique à la con. Pff, j’entends même plus les délires de Timothy Leary.

Hop je bouge, je vais emmener les toutous voir la mer. Oh putain, la codéine me fait dire des trucs incroyables, je ne peux pas bouger, juste dix minutes, disons trente minutes maxi, et je me retrouve enfermé dans la dictature de la maladie.
J’ai trouvé la solution, un coin isolé, du papier, et je peux me débarrasser de ce qui m’encombre quand je le souhaite, la classe ! Tout ça en prenant le soleil. Royal !

Je me suis endormi, réveillé par la manif au loin. Mais qu’est-ce qu’ils peuvent gueuler ces imbéciles, je ne supporte pas les groupes, ils tendent toujours un jour ou l’autre vers la dictature.

Deux heures sous le soleil, un record ! Je guéris.
Fout-Le-Camp, Reviens, venez, on se rentre, en espérant que la voisine s’est enfin calmée avec sa Mylène. Ils sont passés où encore ces deux-là, ah vous voilà ! En route…

 

 

Jour n°68

 

Merde, j’ai fini par m’énerver, je suis monté voir la voisine, elle m’a accueilli en peignoir à moitié ouvert, comme si elle allait pouvoir me faire oublier ses goûts de merde. Quoiqu’on puisse en dire, je ne suis pas un homme facile. Quel bluffeur je suis. Évidemment que je suis un homme facile, j’en suis là justement parce que je suis cet homme, et que je ne sais pas dire non. Mais bon hier j’étais remonté, donc pas moyen de dire oui, non pas moyen.

En la voyant, par contre, je me suis rabroué, plus aucune autorité, plus rien, NÉANT. Elle a ouvert la porte, et tout penaud sur le seuil, je lui ai demandé s’il lui restait du sel. Du sel ! Mais quel con. Elle m’a invité à boire un verre, elle se fout vraiment de ma gueule, ça ne se voit pas assez que je suis alcoolique. Un alcoolique hors-pair, haut en couleur, surtout en rouge à vrai dire. Quoique depuis l’abstinence, la forme humaine de mon visage de pauvre abruti reprend son cours.

Bref, j’ai fini dans le lit de ma voisine, quelle volonté !
Ce qui est sensass, c’est qu’elle a pris soin de moi la petite dame, et bien comme il faut. Mais le matin… Mais le matin je n’ose même pas le raconter, mais l’horreur…

Ça m’a toujours fait ça, je ne supporte pas les matins avec mes petites amies, l’envie de déguerpir me prend et je n’ai pas d’autre choix que d’évoquer mon travail à venir, oui je mens et c’est pour le bien de tout le monde. Je ne peux voir la nuit passée avec un autre corps que le mien, avec dégoût.

Objectivement, faut bien avouer que tout ça est bien dégueulasse. Ce qu’on appelle l’amour est juste un moyen d’accepter l’inacceptable, c’est tout de même abject cet échange de flux corporels.

Pour le coup je n’ai pas eu ce besoin frénétique de mentir, elle dormait.

J’ai pris mes jambes à mon coup, heureux de revoir mes complices.

 

 

Jour n°69

 

La règle numéro un était justement de ne pas coucher avec la voisine. Dans le mille.

Après mon départ à l’anglaise, elle est venue sonner, et pas qu’un peu. J’ai feint l’oreille sourde, en oubliant que ma porte était défoncée. En prime, les chiens lui ont fait la fête. Ah je vous jure ces deux-là, ils sont imbattables, je ne peux pas leur en vouloir d’aimer mes semblables, ils font ça si bien, et bien mieux que moi.

J’ai donc fini par mentir, en lui disant que j’avais du travail. Elle ne m’a pas cru, mais elle a préféré se taire en sirotant le café que je lui avais préparé. Je n’ai pas osé parler de ses goûts musicaux, ce n’était pas le moment. J’étais nerveux, et je n’attendais qu’une chose, qu’elle dégage de chez moi.
Le fondement me rappelait à son être, mais je ne pouvais pas manquer à ce point de politesse. Autrefois, avec l’alcool, une chose pareille ne me serait pas arrivée, mais là j’étais net, et ma voisine assise en face de moi me faisait les yeux doux, une vraie chatte en chaleur.

Tout compte fait, je fus rassuré lorsqu’elle déclara que cette nuit avait été agréable mais que c’était un one shot. Quel soulagement. Elle me souhaita bonne journée, et claqua la porte. Agréable, elle est bien bonne celle-là, elle ne semblait pas dire la même chose lorsqu’elle se pâmait devant moi la chatte à l’air, elle avait l’air de trouver ça plus qu’agréable.

Agréable, ça me troue le cul !

Oui Fout-Le-Camp, on y va, avant vous permettez je passe aux toilettes. Ben Mimine, qu’est-ce que tu fais là ? La voisine te fait peur ? T’inquiète pas je comprends, à moi aussi elle me fait peur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :