Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 73, 74, 75)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°73

 

Hier, Reviens, Fout-Le-Camp et moi, on a pris le soleil. J’étais défoncé, je me suis endormi, j’ai vu en grandeur nature les arbres me parler. La codéine, la belle, ne s’est-elle pas trompée de posologie ?

Je suis certainement sensible au produit. N’oubliez pas que je suis un individu addict, et que je risque de tomber dans le trou plus vite que prévu.

Pour ce qui est de l’alcool, je n’y pense pas, une bonne baise, enfin agréable comme elle dit, de la codéine, des loulous à poils qui vous aiment, et le tour est joué.

J’ai un temps essayé les réunions d’alcooliques anonymes, le résultat bien plus que médiocre me renversa la tête la première dans les seins d’une toxico. Bravo !
J’ai assisté à trois réunions et je suis tombé dans le panneau. Les alcoolo, les junkies, tous les addicts de cette planète sont des hypers. Et l’hyper, eh ben on essaye de le soigner comme on peut. Surtout si on ne vous aide pas. Et on ne m’a pas aidé, bien au contraire.

Bon là faut que je me sauve, je dois récupérer la maille mensuelle pour bouffer.

 

 

Jour n°74

 

De sacrés boulets ces administrateurs, des tas de questions de plus en plus ardues me sont posées pour que je me perde semble-t-il dans les rouages du travail reconnu et reconnaissable par tous. La misère. Un jeune cadre d’une trentaine d’années, lunettes écailles sur le haut de son nez qui n’arrêtaient pas de filer de l’arête à la pointe, s’entêtant à les repositionner correctement, je ne pus m’empêcher de m’esclaffer bêtement.

Il me regarda avec dans son œil tout le mépris des jeunes actifs sortis fraîchement de l’école, me toisant des pieds à la tête.

Face au questionnement hautement dictatorial, je baissai la tête, me perdant dans des pensées lointaines, loin de ce bureau miteux, lui faisant croire qu’il m’était supérieur. J’avais donc l’avantage sur lui, car il se croyait effectivement supérieur.

Mais je ne devais pas perdre mon objectif : toucher mes prestations de débile mental, coûte que coûte. Je me mis à pleurer, il me tendit un mouchoir, sans aucun signe d’apitoiement dans sa pupille dilatée par la joie qu’il pouvait ressentir de son ascendant sur moi. Je ne le contrariai pas, et lorsqu’il me demanda si j’avais cherché du travail, je répondis par l’affirmative, et sortit d’une pochette en carton une dizaine de lettres de réponse d’employeurs à mes candidatures. Vous vous en doutez, il ne s’agissait que de faux, je n’avais bien évidemment pas postulé.

Il regarda vite fait en émettant des sons gutturaux, faisant des clins d’œil à son homonyme stagiaire, qui semblait abattu par la situation. C’était son premier, et j’espère pour lui, le dernier, bien que le jeune homme ne put voir sous cet angle la fin de son stage. Il en pleurerait le pauv’chou !
Il m’était d’autant plus sympathique qu’il tenta plusieurs fois d’intervenir en ma faveur.

Pour me décharger de cette corvée mensuelle, j’avais oublié de leur montrer l’essentiel : le certificat médical.

C’est là que je pris mon grand air, et dans un roulement de tambours imaginaires, sortit le fameux papelard qui me donnerait du sursis ce mois-ci.

Cinq minutes plus tard, je sortis, sifflotant dans les rues ensoleillées de la ville. Et le tonnerre gronda. Et je rentrai chez moi, heureux d’en avoir fini avec l’employé modèle de l’année, me précipitant vers Fout-Le-Camp et Reviens pour leur annoncer la bonne nouvelle. Mimine quant à elle, trônait sur la table de salon, un Sphinx qui savait déjà…

Je m’allongeai, et m’endormis par la fatigue des émotions. Je n’avais pas vu que la voisine se trouvait chez moi.

 

 

Jour n°75

 

Rebelote, j’ai remis le couvert. Mais qu’est-ce qu’elle me voulait enfin, à part me tirer sur la queue dès qu’elle me voyait, elle ne m’était d’aucune utilité. J’avais dormi une heure avant de me réveiller, sentant une main me caresser le front. Je me mis à hurler, elle m’avait fait peur.

Cette garce, elle avait ramené une bouteille de champagne, tiens mon chou, on va trinquer !

– Putain, dégage avec ta merde !
– Ben tu n’es pas content ?
– Je suis alcoolique.
– Et alors ?
– Ben vire ce machin de ma vue ! Et va te renseigner !
– Tu me vires ?
– C’est ça ! Adios Bella !

Je rêve, je ne peux plus faire un pas dans cette ville, même chez moi, sans tomber sur le diable.

Elle a compris elle ne s’est pas repointée, ouf ! Allez Fout-Le-Camp, Reviens, on va s’acheter de la bonne bouffe et on va se dorer la pilule. Hop là, en route, il fait beau !

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