Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Parties 76, 77, 78)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d'un alcoolique...

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Biographies et Autobiographies

Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.
Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°76

Un bon steak chacun et nous voilà dans le parc à jouer les hippies du dimanche. Qu’on est bien sous les rayons, endormis et rêveurs, des rêves de vagabonds au vent, sans peur du lendemain.

Sauf qu’au réveil, j’étais trempé, je me suis rappelé mon rendez-vous avec cette chère administration, et j’ai attrapé la nausée. Je ne voulais plus y penser, j’ai repris de la codéine, j’ai cherché après Fout-Le-Camp et Reviens, ils faisaient connaissance avec un couple de jeunes, le saucisson en bouche, quelle bande de ramasse-miettes ces loulous, vous avez bien raison, ils ont l’air content les trentenaires, principalement la fille, le mec semble plus distant avec mes chiens, il se méfie, il a peur, il est jaloux, il n’a sûrement jamais eu autant d’attention de par sa promise. C’est pas grave mon vieux, on en est tous là, faut se faire une raison.

Je me suis endormi, une heure plus tard, j’avais la bave aux lèvres, et le regard hagard du manque. Codéine, tu ne m’auras pas. Putain c’est vrai demain j’ai rendez-vous chez la plus belle des Docteur, je ne suis vraiment pas à l’aise sur le sujet.

Reviens et Fout-Le-Camp sont sur notre couverture de fortune, ils prennent la fin des rayons du soleil, têtes en avant pour mieux apprécier la chaleur. Ils ont des vieux os, et comme pour les humains, le chaud les transporte un moment loin de leurs douleurs articulaires. Surtout pour Fout-Le-Camp, Reviens, je ne sais pas quel âge elle a, elle n’est pas toute jeune, mais à mon avis, elle est loin du compte.

Allez on y va… On va retrouver l’appartement les loulous, papa a besoin de repos avant demain. Non non ne vous énervez pas, je n’ai pas encore bougé, je disais ça juste pour la forme, on attend le coucher du soleil, ça fait longtemps.

 

 

Jour n°77

 

Je me suis affalé, le rendez-vous de ce matin avec la belle fut une catastrophe en terme de dignité. Elle est vraiment trop belle pour pouvoir m’ausculter le fondement, et pourtant…

La santé ? Je me porte mieux, mais je suis accro à la codéine à présent, et il ne me reste plus que deux cachets, je suis capable de retomber malade pour une bouchée d’envol dans des sphères spatio-temporelles hautes en couleur et en forme.

Hier soir, à la disparition du soleil, un frisson dorsal m’a parcouru, j’avais l’impression que quelqu’un me surveillait, je me suis retourné, je me suis levé, mais rien. Les chiens me suivaient et me regardaient, ils ne comprenaient pas ce que je cherchais, moi non plus.

Puis on est parti, loin de tous tracas jusqu’à ce que je me rende compte que la voisine squatte dans ma cuisine. Elle n’allait pas me faire le coup toute la Saint-Glinglin, ça n’avait pas de sens.
Les chiens comme d’hab’ lui firent la fête. Mimine, par contre, ne l’aimait pas beaucoup, elle était planquée derrière la machine à laver, et ne cessait de miauler. Je la pris dans mes bras pour la rassurer, la caressant, elle ronronna.

– Tu peux partir de chez moi s’il te plaît !
– J’en n’ai pas fini avec toi.
– Ça fait combien de temps que t’es là ?
– Des années.

Putain, elle me faisait flipper, je la regardai attentivement, mais rien ne me revint sur un potentiel passé avec elle.

– Écoute demain j’ai un rendez-vous important.
– Avec qui ?

Mais qu’est-ce que ça pouvait bien lui foutre, j’étais dans de beaux draps avec cette suceuse de sang, vampire !

– Avec le docteur.
– Menteur !
– Bon écoute, je pars dix minutes, si tu n’es toujours pas partie de chez moi quand je reviens, j’appelle les flics.
– Oh là là, toi tu appelles les flics ? Monsieur monte sur ses grands chevaux ! Mais les flics, tu ne peux pas les appeler.
– T’en sais quoi toi au juste ?
– Je sais, c’est tout !

Salope salope salope.

 

 

Jour n°78

 

Salope salope salope. Merde j’ai encore cauchemardé, marre de cette voisine. Elle me fout vraiment les jetons, je vais finir par abdiquer, comme toujours, et baiser encore une fois avec elle. NON NON ET NON. Mille fois non.

Ça ne marche pas comme ça, et je le sais bien. Finalement, elle est restée chez moi, et lorsque je suis revenu de ma petite promenade, allongée dans mes draps, elle m’attendait, sans colère, mais avec ce sourire de vainqueur. J’étais piégé, et je ne pus reculer. J’étais vaincu. Elle savait. Elle savait que je n’irais jamais me plaindre pour de quelconques raisons à la police, plutôt crever. Elle me tenait. Elle me tint dans les bras, toute la nuit.

Je fus ravi de constater qu’au petit matin, elle n’était plus là. Ravi et déçu, que voulez-vous, je suis un être paradoxal.

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