La fille du marin (Partie 1)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Comment une jeune fille peut-elle accepter ses formes ?

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

La fille du marin (Partie 1)

– Je peux jouer avec vous ?
– Non, tu ne sauras jamais courir après le ballon ! se moqua un petit blanc-bec.
– Et pourquoi donc ? Laissez-moi jouer au ballon avec vous ! Je ne suis pas plus lente qu’une autre !
– C’est dans toi qu’on va shooter, tas de graisse ! fit un autre blanc-bec.
Une fois de plus, Marion se sentit blessée. Elle aurait voulu, elle aussi, prendre part au jeu avec tous ses camarades de classe. Les filles, elles, ne disaient rien. Elles étaient là, absorbées par le jeu, détournant le regard dès que celui-ci tombait sur Marion. La jeune fille les entendait encore, des jours précédents, se dire que jamais elles ne voudraient être grosses comme Marion. Ces adolescentes ne parlaient que de garçons, de régimes, de vêtements. Marion avait du mal à s’habiller, ce qui désespérait sa mère. Elle n’avait pas tant de kilos que ça en trop, mais assez pour ne pas entrer dans les tailles dites « standard ». Donc elle était soit moulée dans ses vêtements, soit informe dans ce qui ressemblait pour elle à une burqa. Les garçons disaient quelquefois qu’elle mangeait trop de couscous. Mais Marion avait trop d’amour-propre pour montrer sa faiblesse face à ses camarades. Elle alla dans un coin de la cour du collège et, comme les moqueries ne cessaient de tourner dans sa tête, elle disparut aux toilettes, s’enferma et se mit à pleurer. Elle y resta un moment, mais elle s’en fichait. La récréation du midi laissait du temps aux élèves. Enfin, Marion sécha ses larmes, sortit des toilettes et se mit la tête sous le robinet pour effacer tout à fait les traces de ses pleurs.
– Marion ?
Elle sursauta, et l’eau gicla sur son visage. C’était une surveillante.
– Quoi ?
Marion se sentait prise en faute. Ne pas pleurer. Elle savait que ce serait pire. Elle scruta la surveillante. Cette dernière était longue et mince, Marion comprit qu’elle ne saurait pas l’aider. Quant à du réconfort… Elle voulut battre en retraite, mais la surveillante la prit par l’épaule.
– Je sais que…
– Vous ne savez rien du tout ! Fichez-moi la paix ! Tous !
Marion sentait la colère monter. Elle quitta les lieux en claquant la porte. Elle préférait se fâcher, que de montrer que toutes les insinuations qu’elle subissait la blessaient profondément. Elle alla droit aux joueurs de ballon, attrapa celui-ci du pied, l’envoya à l’autre bout de la cour et rugit :
– J’aurai ma revanche, tas de sales petits cons !
Mais les élèves s’en moquaient.
– Ouah, le thon a attrapé le ballon !
– Sus au thon !
La surveillante arriva avec un temps de retard. Les garçons avaient fondu sur Marion, qui se défendait toutes griffes dehors. La surveillante se sentit l’air bête, avec ses talons aiguilles. Elle usa du sifflet, mais cela n’eut pas d’effet. Au bruit, ce fut son collègue, un homme, qui se pointa, et sépara les belligérants. Le nez de Marion saignait.
– Espèces de brutes ! s’écria-t-il. Samira, emmène Marion à l’infirmerie. Moi, je préviens le principal. Vos noms ! ajouta-t-il à l’intention des élèves.
Les garçons de la classe furent admonestés, sanctionnés. D’abord par le principal, puis par leurs parents.

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