La gare abandonnée (Partie 1)

Catégorie : 

Horreur/Paranormal

Auteur : 

Sherly

Résumé :

Parfois l’ambition pousse au désespoir et le désespoir pousse à l’imprudence… Ah et méfiez-vous des gares abandonnées et des escaliers aussi. Surtout des escaliers.

Note :

Nouvelle en deux parties, inspirée de SCP-O87.

La gare abandonnée (Partie 1)

Une silhouette semblait se dessiner dans l’ombre. Jean se retourna brusquement, mais rien. Juste le silence sourd et pesant qui semblait l’accompagner depuis son arrivée dans la gare abandonnée.

« Il me faut juste quelques images… », murmura-t-il dans une tentative pour se redonner du courage.

Sa voix résonna entre les murs de plâtre fissurés et sembla s’échouer sur la carcasse de train restée sur les rails abandonnés. Loin de lui rappeler ses résolutions, cet effet d’écho angoissa un peu plus le jeune homme qui sentit comme un froid l’envahir.

Il se retourna encore. Rien.

La veille, alors qu’il était à la recherche d’un sujet pour un article de journal, il avait surpris une conversation entre un couple de jeunes. Ils parlaient d’une gare laissée à l’abandon dans un village pas loin. Le jeune homme tentait visiblement d’effrayer sa copine en lui racontant de sombres histoires de fantômes. Ni une ni deux, Jean avait filé dans le village d’à côté. Il y avait passé la nuit et s’était levé tôt pour se rendre dans le lieu présumé hanté. Cela faisait bien une heure qu’il déambulait entre les murs de la gare souterraine. L’odeur forte, comme moisie, et les bruits étranges semblables à des coups, le dérangeaient. Il avait l’impression d’être suivi. Mais s’il arrivait à trouver quelque chose d’intéressant, alors il pourrait ressortir vainqueur d’ici et cela n’en serait que mieux pour sa carrière de journaliste.

Les rayons du soleil n’éclairaient pratiquement pas les lieux, comme si un voile sombre les filtrait, les dévorait. Jean avait également cette impression. Celle de se faire dévorer. Bien heureusement pour lui, il avait pensé à amener une lampe de poche. Le petit objet gris dessinait faiblement un rond de lumière devant ses pieds. D’une certaine manière, cela le rassurait. D’une autre, il songeait au fait d’être un peu plus aveugle quant à l’obscurité qui se créait autour de ce halo de fausse clarté.

Un autre bruit le surprit. Sûrement un rat. Rien qui ne méritait de paniquer… n’est-ce pas ?

Jean continua d’avancer et vit un passage étrange, au loin. Il s’en rapprocha : ce passage semblait descendre sous terre, comme les escaliers d’une cave. Les murs gris et sales semblaient en bien meilleur état que tous les autres. Sans doute que l’humidité de l’extérieur n’avait pas encore attaqué la peinture car le passage était moins atteignable que tout le reste ? Mais Jean ne se faisait pas d’illusion. Tôt ou tard, ces murs finiraient aussi délabrés que les autres.
Quand Jean commença à descendre les escaliers, il se fit à nouveau surprendre par un drôle de bruit : les lampes murales, qui tenaient encore, venaient de s’allumer. Visiblement, l’électricité marchait toujours dans cette zone. Jean s’en réjouit. Mais aussitôt, sa propre lampe s’éteignit. Plus de pile.

« Zut », pesta-t-il en secouant la lampe.

À présent, il était complètement dépendant de la lumière des lieux. Il espérait juste que l’électricité tiendrait assez longtemps. Jean refréna le mauvais pressentiment qui le prenait depuis qu’il était entré. Son ambition était forte, plus puissante que n’importe quel instinct de peur. Du moins, il essayait de s’en convaincre.

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