La magie d’Ela (Partie 2)

La magie d'Ela

Catégorie : Fantastique/Merveilleux

Auteur : Chloé Garcia

Résumé : Ela, une jeune musicetelle de son village, vit paisiblement quand des phénomènes étranges surviennent. Le voile entre la vie et la mort s’amincit et les ténèbres entrent dans la danse.

 

 

La magie d’Ela (Partie 2)

 

 

Ela ne supportait pas la violence et toute la haine qu’elle ressentit la fit se sentir mal. Elle voulait comprendre ce qui se passait et aider son père à calmer tout le monde. Un humicetelle commença à jouer de son violon pour apaiser l’atmosphère. L’effet de la magie de la musique se fit rapidement sentir : les visages furent moins contractés, les mots qui s’échangeaient devinrent moins cruels et les gestes furent plus mesurés.

Ela retrouva un semblant de calme et se dépêcha de s’excuser à tout va pour traverser la foule. Quelqu’un la bouscula sans qu’elle y fasse attention. Bien qu’elle-même connaissait cet art, le pouvoir des notes l’impressionnait toujours. La mélodie jouée était un hymne à la paix et la percutait de plein fouet. C’était tout ce dont elle avait besoin.

Son père l’aperçut et la ramena vers l’intérieur de la demeure. Il claqua la porte et laissa ses conseillers sortir pour répondre à toutes les questions des villageois. Plissant les yeux, il détailla sa fille et remarqua quelques feuilles encore collées à ses vêtements. Il soupira, mécontent.

– J’imagine que tu ne sais pas ce qui s’est passé. Tu étais encore cachée dans la forêt.
– Je…
– Tout un troupeau de moutons a été trouvé mort ce matin, continua-t-il sans lui laisser le temps de se justifier. Et ce ne sont pas des loups qui les ont tués. Le sang est encore chaud. Une arme de notre création a été utilisée. Ce crime ne restera pas impuni. L’assassin a fait preuve d’une technique incroyable et d’une sauvagerie infinie. On doit l’arrêter avant qu’il ne tue l’un des nôtres.

Ela ne sut quoi dire et resta coite. Elle n’avait jamais vécu une telle situation. Comment tout un troupeau pouvait avoir été tué sans alerter quiconque ? Comment quelqu’un de leur communauté pouvait avoir été si perfide ?

– Ma fille, tu sembles perdue. Repose-toi et joue de ta belle musique pour te détendre.
La jeune femme refusa tout net et offrit son aide. Le coupable devait être puni. Un autre groupe s’était déjà dirigé vers le lieu du drame, quand un autre était allé consoler le propriétaire des bêtes mortes. Les plus forts étaient allés fermer les portes du village et les plus téméraires fouiller chaque habitation.

Son père lui proposa à regret d’intégrer un groupe qui se préparait à aller interroger le forgeron, déjà retourné à son poste, pour lui soutirer des informations sur ses dernières ventes. Si aider pouvait la soulager, il n’allait pas se plaindre. Il la savait têtue, comme sa mère. Le sourire malsain qu’il lui lança quand elle partit échappa totalement à la jeune femme. Ela était déjà en train de songer à sa prochaine mission.

Ela se mit en tête de son groupe. En tant que future chef du village, on ne lui refusait presque rien. La jeune femme en profitait également pour s’entraîner à diriger, même si les pleins pouvoirs ne lui reviendraient jamais. La mise en place du conseil était récente et fonctionnait à merveille. Les membres étaient désignés au hasard parmi les adultes et changeaient tous les ans. Les jugements et les décisions étaient souvent justes et sages. Ela était fière de son peuple.

Anciennement brimés pour leurs grandes oreilles qui rappelaient celles des elfes, les Valdys n’étaient plus très nombreux en Valmiryssa. Naturellement doués pour la magie, ils n’étaient pas très grands, vivaient simplement et n’aimaient pas prendre part à la politique du royaume. On les traitait souvent de faibles, ce qui les laissait finalement indifférents.

En arrivant, Ela salua le forgeron et alla inspecter sa remise et ses étagères, tout en indiquant aux autres les coins à regarder. Elle ne savait pas très bien ce qu’elle cherchait. Un objet manquant ? Une trace de sang ? Tout en réfléchissant, la harpiste laissa ses doigts glisser sur les étagères rugueuses et en huma l’odeur entêtante qui s’en échappait. Elle aimait le bois, cette matière vivante qui lui permettait de communiquer avec l’au-delà, et qui faisait de son instrument bien plus qu’un simple outil. Il représentait une partie de son âme.

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