La princesse de la mer (Partie 4)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Que peut-on faire d’une sirène rebelle ?

La princesse de la mer (Partie 4)

Kyria pensa aux marins morts qui peuplaient le fond des mers, et se sentit embarrassée. Aucun homme n’aurait pu répondre aux questions d’Ida, ni au fond des mers, ni parmi les vivants, dont les sirènes étaient censées tuer quelques mâles adultes. Alors elle se radoucit, et demanda :
– Personne ne t’en a parlé, à l’école ?
– Pas vraiment, ou peut-être que si, mais je n’ai pas compris…
Ida était toute piteuse, comprenant qu’elle avait encore réellement beaucoup à apprendre.
– On peut répondre à tes questions, Ida, mais il faut être prête. Je vais y réfléchir, avec ta maîtresse principale. Quant à toi, je te conseille de rester ici, et de réfléchir à ce que tu fais. Quand on agit sans savoir, on peut se mettre en danger, ainsi que les autres.
– Oui maman.
Et Ida s’assit sur sa queue, l’entourant de ses bras. Kyria s’éloigna lentement, et quand elle se retourna, elle perçut les sanglots de sa fille.
– Prends une huître ! lança-t-elle.
La jeune sirène obéit machinalement, et ses pleurs y formèrent une perle. Kyria soupira, et partit à la grande épave, à la recherche de la maîtresse de sa fille, qu’elle finit par trouver. Les deux sirènes parlèrent longuement, et cette dernière indiqua à Kyria qu’Ida n’était « pas scolaire ». Alors Kyria eut une idée, la remercia, et alla retrouver sa fille.
– Nous partons, Ida. Je t’emmène chez la Princesse de la mer, sa Majesté Lorna.
À ces mots, Ida frémit. Elle s’était calmée, et quelques huîtres, dotées de perles, se trouvaient sur le rocher où elle était assise. Kyria vit les huîtres, comprenant ainsi qu’Ida avait beaucoup pleuré. Alors elle lui prit doucement la main, pour la rassurer.
– Il ne faut pas en avoir peur, mon petit poisson. Tu n’es pas comme les autres, c’est tout. Nous verrons ensemble ce que tu peux faire. Je fais confiance au jugement de Lorna.
– Oui maman.
La mère et la fille partirent donc, en direction de Lesbos, où résidait la Princesse de la mer. Une fois là, Kyria sollicita un entretien avec Lorna, qui lui fut accordé sans faire d’histoires, la situation politique marine étant alors très calme. En attendant, la secrétaire sirène les envoya à un vieux Turc, qui fit installer Kyria et Ida dans un appartement luxueux. Ida en était tout émerveillée. Même les algues des lits étaient moelleuses, et elle n’eut aucune envie de les croquer. Après un bon repas et un peu de repos, la Princesse de la mer fit entrer Kyria et sa fille dans son bureau.
– Bonjour Kyria, bonjour mademoiselle, dit-elle, et elle leur désigna des sièges en éponge.
– Je m’appelle Ida, fit humblement la jeune sirène.
C’est que Lorna avait un physique intimidant : c’était une grosse sirène à forte poitrine, ses longs cheveux noirs comme du jais, et elle éprouvait des difficultés à sourire. Kyria le savait, et pouvait passer outre, sachant que ce n’était qu’une façade. Pour Ida, en revanche… En plus, pour indiquer son rang, Lorna portait un sautoir en corail, et une grosse étoile de mer sur sa tête. Elle hocha la tête en voyant la déférence d’Ida à son égard.
– Que t’arrive-t-il, Kyria ? C’est rare que nous nous voyions…
– Ida est ma cinquième fille, j’ai pourtant l’habitude d’élever des petites, mais elle me cause des problèmes, avec ses grosses bêtises. En plus, sa maîtresse principale m’a dit qu’elle n’était « pas scolaire ».
– J’aime lire, souffla Ida.
– Je vais t’expliquer sa dernière bêtise, qui me fait penser qu’il y a vraiment un problème, reprit Kyria.
– Je t’en prie, vas-y. On va l’aider, ta petite.
– Si c’est bien de ton ressort, Princesse.
Lorna essaya de sourire.
– Il n’y a pas de raison. Je t’écoute, Kyria.
Kyria raconta tout, ses propres cheveux (qui avaient repoussé encore plus beaux, la coiffure ne nécessitant plus le port d’extensions depuis bien longtemps) jusqu’au garçonnet sur la plage. Arrivée là, Lorna mit une main sur la bouche, et voulut prendre un air sévère. Ida se fit toute petite, attendant le verdict avec anxiété.
– Eh bien, on va s’y prendre autrement. Je crois que cette jeune sirène se pose malgré tout des questions…
– Oui, Princesse, confirma Ida, et elle posa ses questions sur la mort, le fait de tuer, la vie, tant pour les hommes sur Terre, que pour ceux des fonds marins qui, eux, étaient devenus éternels.
Lorna l’écouta avec patience, hochant la tête.

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