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La vie en bleu (Partie 1)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chloé Garcia

Résumé :

L’eau, le soleil, le sable, les animaux marins, la douceur de l’air… Comment ne pourrait-on pas aimer cette vie paisible ? Vivre sur l’île ne plaît pourtant pas à Teora qui souhaite s’émanciper et partir à l’aventure. Un jour, alors qu’elle profite des bienfaits de la mer, la jeune fille trouve une pierre étrange. Serait-ce un signe que sa destinée se trouve ailleurs ?

La vie en bleu (Partie 1)

J’adorais la mer et elle me le rendait bien. J’y passais tout mon temps et m’imaginais parler avec les raies manta ou les dauphins qui m’accompagnaient lors de mes périples fabuleux. Plus petite qu’eux, j’en profitais pour me hisser sur leur dos soyeux et me laisser glisser vers les profondeurs. L’an passé, j’avais gagné le concours d’apnée de l’île et j’avais réussi à décrocher le record des six minutes et trente secondes. Ma mère, qui avait assisté à la compétition, avait été fière de moi et m’avait offert un magnifique bandeau coloré pour mes cheveux, qu’elle avait cousu elle-même.

Mon père, toujours occupé, n’avait rien su de mes exploits et avait même semblé attristé quand il sut pour mes performances. Je n’avais pas compris son attitude et tout mon enthousiasme était retombé. Il n’aimait pas la mer autant que moi et ne pouvait concevoir toutes les émotions qu’elle m’offrait en guise de cadeau quotidien. Je lui avais pardonné, bien que ses animosités me blessent encore maintenant, alors que je venais d’atteindre l’âge adulte et le droit de quitter cette île si l’envie m’en prenait.

La chaleur de l’eau émoustillait mes sens. En son sein, je m’y sentais chez moi, en sécurité. Je sortis la tête hors de l’eau pour reprendre mon souffle. Un banc de dauphins s’amusait à mes côtés et leurs cris ravissaient mes oreilles. Je me mis sur le dos et bougeai au gré du courant, me laissant transporter par la mer et ses caprices. Le soleil brûlait et arrosait ma peau foncée de rayons malveillants.

Mes parents ne supportaient pas que je sorte sans protection, mais je me fichais éperdument des effets néfastes dont l’astre pouvait m’accabler. Mon corps s’était habitué et je n’avais jamais eu à me plaindre de coups de soleil. Hira, ma petite sœur, était jalouse car elle devait se protéger sans cesse pour ne pas devenir toute rouge.

Je me remis à la verticale et m’approchai d’un des dauphins. Je tapai une fois sur la surface lumineuse et il comprit le message. Il se positionna de telle sorte à ce que je puisse me placer entre ses nageoires, et entama sa course folle. Il m’emmena sous l’eau et j’ouvris grand les yeux pour ne rien manquer du spectacle. Les poissons de toutes les couleurs me rappelaient les tons de nos tenues traditionnelles festives, et les coraux paraissaient tels des châteaux abritant mille et un secrets.

Si je ne voulais pas tomber, je devais m’accrocher fermement. Le dauphin, baptisé Ari, portait bien son nom. Son prénom, signifiant l’eau profonde au chant agréable, m’était apparu en songe. Il appréciait particulièrement me transporter dans les tréfonds obscurs, jusqu’à ce que je lui signale qu’il était temps pour moi de remonter.

Cette balade ne fit pas exception, et je me préparai à plonger dans les eaux noires. Mes yeux eurent du mal à s’acclimater et je dus les fermer un instant. Quelques bancs nageaient au loin et je discernai de rares formes floues au-delà. Ari s’amusait comme un fou, et nous faisait prendre des virages risqués, dont un qui me déséquilibra et je crus partir. Il me rattrapa de justesse et je ris. Sa jeunesse, belle à voir, me mettait toujours en joie, comme son caractère rebelle qui ressemblait au mien.

J’aperçus soudain une lueur sur notre droite. Ari sentit que je basculais sur le côté et la forme luminescente attisa également sa convoitise. Celle-ci ne pouvait être un poisson étant donné son immobilité. Nous nous approchâmes, arrivâmes au-dessus et je la pris. Légère, elle tenait au creux de la paume de ma main et ne ressemblait à rien de connu. Je l’approchai de mon visage et ses rayons m’aveuglèrent.

Ari, tout excité, gigotait dans tous les sens et je retins tout juste l’artefact qui avait failli m’échapper des mains. Il ne comprenait pas ce qu’était cet objet et je me sentais tout aussi perdue. Les symboles gravés sur la roche ne correspondaient pas à ceux de ma langue et la curiosité me gagna. Je calai la pierre contre moi et intimai à Ari de remonter à la surface. L’air commençait à me manquer et cette découverte me faisait trépigner d’impatience.

Ari me déposa le plus près possible de la plage et je lui fis de nombreux baisers avant de l’abandonner et de le laisser rejoindre sa famille. Je me mis à courir, devant les regards amusés des pêcheurs, des enfants occupés à se chamailler dans l’eau et des habitants qui préparaient leurs canoës pour une sortie. Le sable s’enfonçait sous mes pieds mais je m’en fichai et accélérai la cadence. Je voulais absolument montrer ma découverte à mes parents et à ma petite sœur.

Notre hutte se situait au centre du village et je l’apercevais déjà. Ma mère me vit arriver avec une allure folle et me sourit de loin. Elle portait du linge qu’elle étendait entre deux arbres.

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