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La vie en bleu (Partie 2)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chloé Garcia

Résumé :

L’eau, le soleil, le sable, les animaux marins, la douceur de l’air… Comment ne pourrait-on pas aimer cette vie paisible ? Vivre sur l’île ne plaît pourtant pas à Teora qui souhaite s’émanciper et partir à l’aventure. Un jour, alors qu’elle profite des bienfaits de la mer, la jeune fille trouve une pierre étrange. Serait-ce un signe que sa destinée se trouve ailleurs ?

La vie en bleu (Partie 2)

– Quelles nouvelles du large, ma chérie ? me demanda-t-elle, en accrochant une épingle sur une des robes d’Hira.
– J’ai trouvé un objet fabuleux ! dis-je fièrement en lui montrant la pierre dont l’éclat magique avait disparu, une fois sortie hors de la mer. Des symboles bizarres étaient inscrits dessus et elle brillait sous l’eau.

Ma mère, curieuse, arrêta ses besognes et s’approcha de l’objet que je lui tendais. Ses yeux se plissèrent et examinèrent la pierre. Elle approcha la main et ouvrit la bouche, quand l’arrivée soudaine de mon père lui fit interrompre ses gestes.

– Que se passe-t-il Vanina ? Tout se passe bien ? tonna-t-il en sortant de la maison, certainement alerté par ma voix surexcitée.

Sa carrure impressionnante me fit déglutir. Il avait revêtu sa tenue d’apparat pour la cérémonie de ce soir qui allait me voir accéder au rang officiel d’adulte. Ses tatouages ressortaient sur sa peau plus pâle que la mienne et je remarquai que certains n’étaient pas terminés. Il devait être en pleine séance de préparation et je le dérangeais.

– Ta fille Teora a trouvé une pierre au fond de l’eau, expliqua ma mère à mon père. Regarde comme elle est magni…
– Ce n’est qu’une pierre sans valeur, la coupa mon père, agacé de s’être inquiété pour une telle broutille.

Je vis que ma mine déconfite lui fit de la peine mais son expression changea du tout au tout quand il posa ses yeux sur l’objet. Je ne compris pas son expression et m’étonnai d’y percevoir de la …peur ? Comme moi, ma mère ne saisissait pas ce qui se déroulait. Apparemment, son époux savait de quoi il s’agissait et, pire que tout, le craignait. Devais-je aussi m’inquiéter ?

– Il faut bien avouer qu’elle est belle, déclara mon père avec une voix chevrotante. Donne-la-moi, je vais la mettre à l’abri.
– Non, m’exclamai-je sans comprendre ce qui me prenait de défier ainsi son autorité, tout en protégeant la pierre contre les assauts de ses grandes mains.
– Teora, maintenant ! grogna-t-il, furieux.

Je refusai de la tête et lui lançai un regard de défi. Qu’était cet objet et que pouvait-il bien être capable de faire qui lui fasse autant peur ?

– Si tu ne me donnes pas cette pierre, je ne participerai pas à ta cérémonie de passage et cela la repoussera de plusieurs lunes.

À cet instant, je le haïssais. Prise au piège entre mes désirs d’émancipation et ma curiosité pour la pierre, mon cœur balançait. Ma mère avait détourné le regard et s’était remise à sa tâche. Elle ne me soutenait pas et j’en fus attristée. Je capitulai et tendis l’objet à mon père qui repartit sous la tente pour la suite de ses préparatifs.

Je fus comme absente tout le long de la soirée et je n’avais plus revu la pierre, malgré mes fouilles exhaustives. Je soupçonnais mon père de la garder sur lui. Il me connaissait bien. Ma mère et ma grand-mère avaient pris du temps pour me parer de ma tenue bleue seyante et me parsemer de tatouages provisoires, symbolisant la liberté, l’amour et la famille. Je songeais sans cesse à l’artefact magique et je repassais en boucle les réactions de mon père. Quand vint mon tour de danser autour des feux de bois, je m’exécutai avec automatisme, toute énergie positive effacée, alors que je rêvais de cette soirée depuis si longtemps. La musique me berça et me transporta, me permettant d’oublier quelque peu mes pensées noires.

Le regard de mon père me bouleversa quand il me proclama enfin adulte. Je pouvais y lire toute la fierté, la confiance et l’amour qu’il me portait, bien qu’il eût été si cruel plus tôt. J’étais perdue. Tout se chamboulait dans ma tête et dans mon cœur. Le repas fut somptueux et les chants des miens me baignèrent d’une aura lumineuse jusqu’à ce que nous allions nous coucher. Le sourire avait repris ses lois au fond de moi.

La nuit fut terrible. Le vent souffla fort et nos maisons tremblèrent de part en part. Hira vint se blottir tout contre moi et je la rassurai comme je le pouvais. La tempête gagna en amplitude et je pus entendre des cris au-dehors. La peur me gagna, me tétanisa et je voulus gagner la chambre de mes parents. « Tu es une adulte maintenant, tu dois te ressaisir ! », souffla la voix de la nouvelle Teora dans ma tête. Ma petite sœur tremblait et gémissait. Je la pris dans mes bras et la soulevai, tout en lui chuchotant des paroles apaisantes. Nous devions rapidement gagner les abris protégés érigés sous terre, dans la roche, pour ne pas être ensevelies.

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