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L’âme égarée (Partie 1)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

L'âme égarée

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie : Horreur/Paranormal

Auteur : Flora Lune

Résumé : Brutalement, sans crier gare, la mort sépare un beau jour Riley de sa sœur jumelle, Miley. Injustice… ou juste retour des choses ?

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

 

 

L’âme égarée (Partie 1)

Il n’était guère plus de quinze heures lorsque Miley et Riley quittèrent le collège ce jour-là. Aussi, discutèrent-elles encore quelques minutes avec leurs amis avant de se décider à prendre la route.

Dès leur entrée en sixième, trois ans auparavant, les jumelles avaient exigé de leurs parents l’autorisation d’accomplir sans adulte tous leurs trajets quotidiens, autorisation qu’on leur accorda bien vite. Seules cinq minutes de marche séparaient le collège de leur domicile, et il leur suffisait simplement de traverser le centre-ville. Parfois, lorsqu’elles disposaient d’un peu d’argent de poche, elles le troquaient contre une boisson, une petite douceur, ou encore un accessoire de mode.

Ce soir-là, ce fut Miley qui, ravie d’avoir enfin pu réunir la somme nécessaire, traîna sa sœur à la parfumerie pour s’offrir la boîte de fards à paupières qui l’attirait depuis longtemps. Cette dernière avait été mise en rayon peu de temps après son anniversaire, et elle ne pouvait se résoudre à attendre Noël avant de posséder un si bel objet. Néanmoins, afin de ne pas se tromper dans les choix des couleurs, il lui fallait prendre conseil auprès d’une vendeuse. C’est pourquoi, Riley, plus intéressée par les vernis à ongles, ne tarda pas à la laisser avant de se diriger vers son rayon favori.

Elle erra un moment entre les différents présentoirs des différentes gammes à observer, essayer, prendre et reposer, puis, repéra un flacon rouge vif pailleté qui la tenta, mais dut s’en détourner, à regrets : jamais ses parents ne l’autoriseraient à le porter, eux qui venaient tout juste de lui permettre les vernis pastel au quotidien… En revanche, peut-être que ce rose poudré passerait mieux… Riley s’empara du flacon et l’examina sous la lumière. Il était légèrement irisé. Mais il coûtait cher, et son argent de poche suffirait tout juste.

Les effluves entêtantes des parfums mélangés commencèrent bien vite à gêner Miley, qui, lassée par les hésitations de sa sœur, choisit de régler son achat sans elle et de l’attendre à l’extérieur. Encore sous l’excitation provoquée par l’acquisition de son maquillage tout neuf, elle serra sa main sur le petit sac qu’on lui avait donné en caisse et se mit à faire les cent pas, résistant à grand peine à la tentation d’ouvrir sa boîte pour l’essayer immédiatement. Et, toute à son euphorie, elle ne remarqua pas que, tapie dans le recoin de la rue adjacente, une silhouette la fixait, telle un chat guettant le moment de bondir sur sa proie.

Et lorsque ce moment vint, il fut si rapide que Miley ne sentit pas tout de suite le danger. Le cri que lui arracha la surprise fut immédiatement étouffé par une main au gant épais plaquée contre sa bouche. Un gant… en plein mois de mai. Ce simple détail l’aurait certainement alarmée si elle avait été en pleine possession de ses moyens. Cependant, une fois le premier étonnement passé, son cerveau n’était plus que terreur, et seul son corps réagissait. Elle se débattit furieusement tandis qu’on l’entraînait à l’écart… mais, entre les bras autoritaires et assurés d’un homme de taille adulte qui a décidé de son sort, de quelles chances dispose une menue fillette de quatorze ans ?

Son sac d’école fut perdu dans la course, de même que celui qui renfermait son précieux coffret. Son téléphone glissa de sa veste et termina au fond d’une bouche d’égout, sans recevoir aucun des derniers appels qui lui furent passés. Nul ne sait ce qui arriva à Miley dans l’heure qui suivit son enlèvement, si ce n’est que l’inconnu l’isola au fond d’une impasse, et qu’elle n’en ressortit jamais.

Aux funérailles de sa sœur jumelle, Riley ne pleura pas, mais les larmes qui coulèrent à l’intérieur furent plus douloureuses que les lacérations continuelles d’un millier de lames chauffées au rouge. Miley était joyeuse… gentille… vive d’esprit… elle serait à jamais dans le cœur de ses amis et de sa famille… Si elle avait écouté plus attentivement les mots du prêtre, peut-être que Riley aurait pu y trouver du réconfort ; peut-être aussi qu’elle aurait été profondément ennuyée par les nombreuses lectures de la Bible qui ponctuèrent son discours… Mais elle n’écouta pas, et n’essaya même pas ; car, peu importait les mots employés, aucun n’était assez fort pour décrire la douleur, l’incompréhension, et le sentiment d’injustice lorsque quelques minutes suffisent à faire voler en éclat quatorze années de rires, de querelles, de joies, de chagrins, de partage… Quatorze années de vie commune, envolées pour toujours. À cette pensée seulement, Riley pleura.

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