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Le chant de la mer (Partie 1)

Le chant de la mer

Catégorie : Fantastique/Merveilleux

Auteur : Chiaramarino

Résumé : A un tournant de sa vie, Patricia découvre les profondeurs de l’océan…

Le chant de la mer (Partie 1)

Pensivement, Patricia se mit à arpenter la plage, sa plage, là où elle avait joué, petite, avec son frère. Le temps de l’innocence était loin, à présent, mais toujours, même une fois mariée avec un Français, Patricia était revenue dans son pays natal, retrouver ses parents, sa famille. Le passé, ou peut-être les embruns, se mirent à lui piquer les yeux. Ça y était, elle était tout à fait orpheline, et elle avait fait le déplacement depuis la France, pour retrouver son frère et voir ce qu’ils allaient faire de la maison familiale. Tous deux étaient d’avis de la vendre, même si Hugo était resté au Portugal, mais à Lisbonne plutôt qu’à Figueira da foz. Il avait une femme, des enfants, une belle maison, et un bon métier. Bref, il n’avait aucune envie de bouger même de Lisbonne. Avec l’argent de l’héritage et de la maison, il aurait des projets de voyage en famille. Et Patricia était venue, désormais divorcée, ses grands enfants au moins casés dans leurs métiers, ou en passe de l’être. Et elle, que ferait-elle, de l’argent de la succession, de la maison familiale ? Elle ne le savait pas très bien même si elle souffrait, comme beaucoup de Portugais, de saudade en vivant à l’étranger.
Tout en enfonçant ses pieds dans le sable fin, Patricia admirait l’océan, ses vagues. C’était la fin du printemps, le temps était doux, le ciel dégagé. Elle eut envie de mettre les pieds dans l’eau, regrettant de ne pas avoir son maillot de bain sur elle. Elle l’avait bien pris à tout hasard, mais il était resté à la maison. Hugo n’avait pas voulu la suivre, il avait l’océan non loin de chez lui toute l’année, et ne souffrait donc pas de cette absence. Patricia s’en voulut presque de rester vivre à Paris, mais ses enfants étaient là-bas… De plus en plus attirée, elle s’approcha peu à peu des vagues, puis prit une inspiration, et s’assit pour enlever ses chaussures.
En démêlant les lacets de ses spartiates, sa main heurta quelque chose presqu’entièrement enfoui dans le sable.
– Aïe !
Patricia enleva sa main, où perlait une goutte de sang. Elle la porta à sa bouche, pesta contre les touristes qui ne mettaient rien à la poubelle. Délicatement, en essayant de ne pas se blesser davantage, elle déterra l’objet : c’était une bouteille au goulot fêlé, avec un document à l’intérieur. Patricia eut alors un grand sourire, son âme imaginative, romanesque, se réveillant aussitôt. Elle n’eut pas grand mal à extirper le document de la bouteille, se demandant qui la requérait, et d’où ? Ces considérations l’amusaient. Elle déplia la petite feuille, et il y avait un message. Patricia avait beaucoup lu, mais croyait savoir faire la différence entre la fiction, et la réalité. Elle pensait que ce serait un S.O.S quelconque, perdu dans l’océan et le temps, qu’elle ne sauverait personne. Et pourtant…
« A toi, le lecteur de ce message, si tu veux te reposer, plonge dans la Vague sans tarder. Tu y trouveras l’aventure de ta vie. Sois rassuré, le voyage sera court, et les possibilités de retour sont infinies. » Ce qui surprit le plus Patricia fut de constater que ces lignes étaient écrites en portugais. Elle regarda ses pieds, l’océan, l’horizon.
– Et si… Allez, je vais faire ma grande découverte ! Ça me changera les idées…
Et Patricia ne se contenta pas d’enlever ses chaussures. Elle plongea, en petite culotte et soutien-gorge, dans la première vague venue. Elle avait encore un beau corps, pour quelqu’un qui approchait de la cinquantaine, et ses cheveux bruns se dénouèrent, une fois dans l’eau. Elle prit son souffle, et suivit l’indication du message, s’immergeant dans la vague suivante.
La vague sembla se démultiplier, et le courant entraîna Patricia vers le fond. Elle se demanda si elle n’était pas prise dans un maelström, mais très vite, elle se retrouva au fond de l’eau, et entra dans un passage lumineux qui s’ouvrait devant elle. Un dauphin tacheté paraissait être là pour lui souhaiter la bienvenue.
– Flip ! Nous avons un visiteur ?
Patricia n’osa pas parler. Rêvait-elle ? Ses doigts sur le nez, elle commençait à n’en plus pouvoir. Un être étranger s’approcha d’elle, alors que le dauphin indiquait, d’une nageoire, la visiteuse.
– Ici, vous pouvez respirer normalement, dit l’être à Patricia.

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