Les dés sont lancés

Catégorie : 

Aventure/Action

Auteur : 

Aurore

Résumé :

Et si votre soirée cinéma se transformait en une drôle d’aventure ? C’est bien ce que s’apprêtent à vivre les frangines !

Les dés sont jetés

Ça sautille dans la casserole. Je viens d’y verser du maïs. Au-dessus du couvercle, j’observe ces petites boules blanches en forme de nuages qui bougent dans tous les sens, dégageant une odeur fort agréable. Rien de tel que les pop-corn faits maison. Dans un bol, un délicieux sirop attend de les enrober. J’aime tellement les pop-corn caramélisés au cidre. Il faut dire que ce soir, c’est soirée cinéma entre frangines ! Au programme, un film que nous avons vu maintes et maintes fois et aimons toujours autant. Ma sœur vient d’ailleurs d’arriver, emportant avec elle ses fameux cookies aux pépites de chocolat.

Confortablement installées sur nos poufs, nous lançons le DVD, pop-corn caramélisés au cidre, cookies et compagnie à disposition. Le film de ce soir ? Des dés qui font avancer des pions magiques en forme d’animaux. Attention, préparez-vous, la jungle va bientôt débarquer chez vous ! L’une de mes scènes préférées ? Celle où les singes farceurs débarquent à moto. Avez-vous deviné ce que nous regardons pour cette soirée cinéma ?

Après avoir croqué dans un bon cookie, j’attrape une bonne poignée de pop-corn, juste au moment où la basket ressort du tapis roulant, toute déchirée. C’est à ce moment précis que le son d’un tambour se fait entendre. Nous échangeons alors un regard, intriguées, puis repartons dans notre film. Lorsque la scène arrive où les enfants retrouvent à nouveau le jeu, rangé au grenier, ce bruit se fait à nouveau entendre. J’appuie alors sur pause. C’est le silence. J’en profite pour aller préparer des boissons chaudes, puis nous remettons la suite. Le tambour est de retour, à nous faire faire un bond qui nous fait renverser cookies et pop-corn au sol. Je ré-appuie sur pause. Le silence. Je ré-appuie sur la télécommande, ça recommence ! Nous décidons de laisser tourner le film, accompagné du tambour, et faisons le tour de l’appartement, les oreilles aux aguets. Impossible de savoir d’où vient ce satané boucan. Je reprends alors la télécommande, le bruit s’arrête. Pause-marche-pause-marche. Le calme est revenu, nous continuons notre séance. Le film se poursuit, avec son lot de fous rires. Il touche à sa fin lorsque le tambour refait des siennes. Non mais là vraiment il se passe quelque chose d’anormal. Il faut aller voir, cela semble venir du dernier étage, là où se trouvent les chambres de bonne. Nous sortons courageusement dans le couloir, équipées de lampes frontales, la minuterie du dernier étage étant très courte. Nous sommes armées, l’ennemi est peut-être bel et bien présent après tout. Je tiens ma flûte traversière dans les mains, ma sœur la guitare et nous avançons à pas de loup en direction du toit. La porte d’entrée de l’immeuble s’ouvre dans un grand fatras, laissant passer une bourrasque et nous faisant faire un demi-tour sur nous-mêmes. Fausse alerte, c’est le voisin du rez-de-chaussée qui rentre de son footing hebdomadaire, le casque sur les oreilles. Tout en haut, le tam-tam continue. Son tempo s’accélère au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur. Alors que nous sommes à l’avant-dernier étage, deux yeux verts nous fixent dans la pénombre. C’est Mistigri, le chat de la doyenne des voisins. Comme à son habitude, il se dégourdit les pattes dans les escaliers, chaque soir. Au moment où sa maîtresse s’approche de l’entrée pour lui ouvrir, la musique s’interrompt. Étrange… Nous rejoignons alors en catimini les combles, elle pourrait s’interroger de nous voir à une heure aussi tardive à son étage. Nous arrivons enfin à destination, le tam-tam ayant repris de plus bel, comme si des percussionnistes se cachaient dans chacune des chambres de bonne. J’ouvre celle du voisin pianiste, qui y a entassé là des partitions par centaines. C’est le silence total mais une fois dans le couloir, ça recommence ! Je vais ensuite ouvrir la mienne, la même chose se reproduit. Ma sœur me tape à ce moment sur l’épaule et montre du doigt une pièce éclairée, porte entrouverte. Nous poussons la porte avec les instruments, en restant en retrait. À l’intérieur, c’est un capharnaüm de chaises. Le tam-tam est là, quelque part. Nous l’entendons, il se la joue pianissimo. Nous avançons au milieu de tout cela pour remettre la main dessus. Nous nous retrouvons nez à nez avec une table. Le bruit cesse, mais il n’y a pas de tambour. À la place se trouve un jeu de zanzibar. Nous nous regardons, ma sœur et moi : faut-il lancer les dés ?

FIN

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