Les mystères de l’Orient (Partie 2)

Catégorie : 

Littérature sentimentale

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Et si une princesse avait un coup de foudre pour un autre que son mari ?

Les mystères de l’Orient (Partie 2)

Peu après, pour le repas, les musiciens étaient en place pour faire passer un moment agréable à la famille royale. Annabelle remarqua le chanteur principal, typé, au regard et au sourire fascinants. La musique, d’inspiration orientale, l’emballa, et d’ailleurs, tous, à table, étaient charmés. La reine Vinciane se prit même à rêver, son regard allant de son mari, au beau chanteur qui tenait l’oud. Le roi Léon portait encore beau, mais avait au moins vingt ans de plus que ce jeune homme…
– Merci pour ce bon moment, dit le roi aux musiciens quand le repas fut fini. Voulez-vous manger quelque chose, vous aussi ? Vous a-t-on dit que vous étiez nos hôtes ?
– Oui, Sire, et nous vous en remercions du fond du cœur, répondit le chanteur au nom de sa petite troupe, les regardant, et chacun opina du chef.
En tout, ils étaient quatre, et le roi serra la main à tous.
– Et vous a-t-on montré vos appartements ?
– Oui, Sire, dit encore le chanteur. Mais nous ne connaissons pas encore bien votre palais…
– Mon fils ou ma fille vous le montrera. Je vous en prie, asseyez-vous, je vais vous faire apporter de quoi vous restaurer.
– Grand merci, Sire. C’est votre fille, avec la robe dorée ? Elle est magnifique.
Le roi n’y vit pas malice, et s’en montra fier. Mais Annabelle, qui était encore là, l’entendit, et rougit à part elle, se détournant. Elle vérifia que Gauthier était déjà parti, et de fait, il avait disparu avec Arnaud, probablement à la chasse, ou peut-être à jouter dans la cour du château.
– Qui cherches-tu, Annabelle ? demanda la reine. Veux-tu rester avec eux ?
– Arnaud est parti ? répondit la princesse.
– Oui, avec Gauthier.
– Donc c’est à moi qu’il revient de rester avec les musiciens.
– Nous en serons très flattés, mademoiselle, fit le chanteur en lui décochant son plus beau sourire, et Annabelle se sentit fondre.
Elle se reprit en demandant les noms de leurs hôtes.
– Je suis Karim. Et voici Malik, Abdallah et Nourredine. Et vous, jolie princesse ?
Annabelle répondit, toute rose.
– Nous pouvons te laisser alors, Annabelle ?
– Oui, mère, et je tiendrai mon rôle.
– Nous n’en attendons pas moins de toi, ma fille, déclara le roi, et Annabelle se retrouva seule avec les musiciens.
Aussitôt, Karim lui saisit les mains, baisa la dextre, ce qui émut la jeune femme.
– Vous êtes magnifique, princesse.
Rosissant encore, Annabelle bafouilla.
– Mais je… je suis déjà mariée.
– L’amour ne connaît pas ces restrictions, répartit Karim. Je suis déjà fou de vous.
– Je vous en prie… pas ici, Karim. Je… je vais vous montrer le palais.
– S’il vous plaît, fit Nourredine avec un sourire. Lâche madame, Karim.
L’interpellé obéit à regret, et les quatre hommes suivirent la princesse, qui leur montra les principales pièces, et leurs chambres, que des suivantes étaient en train de finir de préparer. Une fois là, Karim entraîna sans difficulté Annabelle, dans un coin de sa chambre. Tous deux étaient attirés l’un par l’autre, et n’eurent pas besoin de longues palabres, la princesse accepta donc le baiser du musicien. Le moment dura un peu, puis Nourredine vint chercher son compagnon, alors Annabelle les ramena dans la salle commune où tous avaient l’habitude de prendre leurs repas.
– Pouvez-vous rester, ma princesse ? demanda Karim, qui la mangeait des yeux.
– Ce ne serait pas très séant, monsieur, répondit Annabelle avec un sourire. Et puis je voudrais savoir où est passé mon mari…
– Ah, oui…
– Bon appétit, messieurs.
– Merci ! firent en chœur les trois autres hommes.

Plus tard dans la journée, Annabelle se mit à broder, toute songeuse. Elle ne pensait plus à Gauthier, mais à Karim, soupirait. Combien de temps resteraient les musiciens ? Karim l’embrasserait-il encore ainsi, avec fougue et passion ? Elle n’osait retourner le voir, bien qu’elle en eût très envie. Que faisaient-ils, au fait ? Mais Annabelle ne pouvait s’empêcher de penser que ce n’était guère séant, et de plus, elle avait Gauthier, même si celui-ci aimait passer son temps à cheval, en forêt ou sur les routes. Il était beau, avec un regard franc, avait beaucoup de prestance. Mais il n’avait pas le regard chaloupé du musicien, ni son sourire irrésistible. Et puis Karim n’était pas prince, juste un homme venu de loin, d’un pays dont Annabelle n’avait jamais entendu parler. Elle avait l’impression d’être ensorcelée par ces hommes et leur musique. Y repenser lui fit revenir un de leurs airs en tête, et tout à coup, elle fredonnait…
– Vous êtes toute pensive, madame… fit alors une de ses suivantes.
– Je ne peux m’enlever cet air de la tête, Jeannette. Il est de ces musiciens que père a accepté de recevoir…
– Ah ! La cuisinière m’en a parlé, elle les a entendus aussi… Ma foi, je n’ai guère pu en profiter, quant à moi…
Annabelle se surprit à sauter sur l’occasion.

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