Les mystères de l’Orient (Partie 4)

Catégorie : 

Littérature sentimentale

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Et si une princesse avait un coup de foudre pour un autre que son mari ?

Les mystères de l’Orient (Partie 4)

Mais les jours suivants, l’appétit d’Annabelle ne revint pas. C’est que, la nuit, elle rêvait de Karim… Et elle n’osait même pas en parler à sa mère, se disant que ses pensées, ses rêves n’étaient pas convenables. Annabelle était mariée, et d’ici environ un mois, son petit château serait construit… À présent, l’avenir sans Karim lui faisait peur. Pourtant tous, autour d’elle, étaient très prévenants, s’inquiétaient de son état. À présent, Gauthier chassait aussi pour oublier ses préoccupations….
Trois semaines passèrent ainsi, et Annabelle avait perdu du poids, ne pleurait que face à son miroir et à Jeannette. Cette dernière tenait parole : personne ne connaissait la vraie raison de l’état de sa maîtresse.
– Je vais finir par envoyer le pigeon à Karim… fit Annabelle cette fois-là.
– Je comprends bien, madame, mais l’entreprise est risquée… Et puis, peut-être vous a-t-il oubliée…
– Non, et de cela je suis certaine. Il faut que je le revoie. Il m’a dit que je pouvais lui envoyer un message par pigeon voyageur.
Jeannette regarda la princesse, amaigrie, le cheveu triste, se sentit prise de pitié.
– Soit, dit-elle, mais c’est moi qui enverrai le pigeon. Rédigez votre message, et confiez-le moi.
– Mais tu ne vas pas me trahir, ma bonne Jeannette ?
– Si vous le souhaitez, je vais tout de suite chercher le pigeon, et vous me verrez attacher votre message à sa patte. Il peut partir sous vos yeux.
– Alors faisons ainsi. Je vais chercher de quoi écrire, décida Annabelle.
Et, comme promis, le pigeon partit vers le nord, sous le regard de la princesse et de sa suivante. Le message était formulé ainsi : « Reviens vite, mon beau Karim, je ne suis que l’ombre de moi-même, sans toi. Ta princesse, Annabelle… ».

Deux jours plus tard, Karim arrivait à bride abattue, mais, se méfiant de l’entourage de la princesse, préféra camper un peu à l’écart du château, toujours accompagné d’Abdallah, Nourredine et Malik. Puis il réfléchit.
– Enlève ce turban, lui dit Nourredine, et mets des chaussures plus… occidentales. Je me charge de prévenir ta princesse.
– Oui, mais comment vas-tu faire, toi ?
– Je m’attendais bien que vous deviez vous revoir… Tu es fou d’elle, Karim, est-ce que je me trompe ?
– Non, répondit Karim avec un sourire.
– Je suis plus petit que toi, et j’ai repéré la porte par où est passée ta belle pour te dire au revoir. Je vais enlever mon turban moi aussi, et on ne devrait pas se méfier d’un étranger seul, si je croise quelqu’un.
– Oh, Nourredine, tu es un frère !
– Très bien, nous t’attendons, Nourredine. Le temps de fumer une pipe… fit Abdallah.
– Ne reste pas loin, Karim, conseilla encore Nourredine.
– De la grande porte du château ?
– Oui.
– Tu fumeras une pipe avec nous, en attendant, dit Malik à Karim.
– Bonne idée.
Mais le temps parut très long à Karim. Il s’était posté non loin de la grande porte du palais du roi Léon, sous le couvert de la forêt voisine. Enfin, la porte s’ouvrit, et Annabelle apparut, escortée de la fidèle Jeannette. Alors Karim, sans réfléchir, sauta sur ses pieds, et courut à elle.
– Mon cœur, il y a les gardes… souffla Annabelle alors qu’il tendait déjà les bras pour l’enlacer.
De plus, derrière les deux femmes, se tenait Nourredine, qui avait ramassé une branche d’arbre afin qu’elle lui serve de canne, pour compléter l’illusion. Et Nourredine fit discrètement signe à son ami de réfréner ses ardeurs. De ce fait, Karim se contint, et s’agenouilla devant sa princesse.
– Je vous en prie, redressez-vous, lui dit Annabelle, toute frémissante.
Karim lui baisa la main auparavant, puis se redressa, bouleversé.
– Que… vous est-il arrivé ? Vous aviez le teint si clair !
Alors qu’Annabelle allait répondre, son frère surgit, menant un jeune cheval, et remarqua quelque chose, mais ne reconnut pas Karim, sans son turban ni ses chaussures habituelles.
– Bien le bonjour, monsieur ! Que faites-vous avec ma sœur ?!
– Oh, c’est un ami qui vient me rendre visite… répondit Annabelle. Tu l’as oublié, il ne vient pas souvent…
Arnaud toisa l’arrivant.
– Alors je crois qu’il est amoureux de toi. Tu ne devrais pas le laisser entrer. Pense à Gauthier, sœurette !
Les deux amoureux devinrent aussi confus l’un que l’autre, ce qui les trahit. Arnaud comprit d’un coup, et s’écria :
– Je le dirai à père !
– Va faire ta promenade, au lieu de m’importuner ! Et mêle-toi de tes affaires !
Arnaud eut un petit rire, et Annabelle et Karim se regardèrent, contrariés.
– Venez, dit Karim à voix basse à la princesse. En promenade dans la forêt. Et votre suivante ?
– Oui, Jeannette est là. Qu’elle vienne avec nous, et elle répondra de nos actes, lui répondit Annabelle de la même façon. Tu entends, frérot ? Je ne sors pas sans Jeannette.
– Oui…
Arnaud flatta son cheval, sauta en selle.
– Tu es tout seul ?
– Je vais aller retrouver mon ami Gérald. J’ai dit à père et à mère que je rentrerai ce soir.

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