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Les perles de Nasya (Partie 12)

Les perles de Nasya

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Lim

Résumé :

Les gens de la ville ont peur des enfants. C’est pourquoi ces derniers vivent dans des pensionnats clos jusqu’à leur maturité.
Les douze élèves sélectionnés en classe de dernière année sont isolés du reste des enfants, puis présentés à quatre professeurs, chargés de les préparer à des vérités volontairement cachées. Ils suivent les cours sous une surveillance armée. Apprennent l’histoire de NASYA, leur monde ; la raison pour laquelle un dôme l’enveloppe entièrement. Étudient leurs rêves – ébauches de vies antérieures – à partir de perles conçues durant leur sommeil.

Les Perles de Nasya (Partie 12)

Après de longues minutes de marche, la lumière du jour retrouva sa vigueur grâce aux arbres clairsemés. Puis les sens des élèves firent deux découvertes : la vision des grands oiseaux marins et l’odeur salée de la mer qui bordait le pensionnat.
Face à eux, il y avait un pic karstique enfoncé dans la mer, relié jadis à la terre ferme par un pont aujourd’hui détruit. Une tour sombre et austère s’y élevait comme un phare abandonné.
Monsieur Navaron s’approcha à la limite de la terre ferme où un miroir surplombait la mer qui venait taper cent mètres plus bas contre une roche inusable. Le cadre imposant de ce miroir s’enfonçait profondément dans le sol, et le verre était sali chaque jour par les particules de terre et le dépôt de sel. Pendant que les élèves s’adonnaient à leur curiosité, Monsieur Navaron nettoya le verre du miroir avec un large mouchoir et beaucoup d’huile de coude. Il prit ensuite la parole.
– Voici le seul choix qui vous est accordé : vous pouvez retourner au pensionnat maintenant, ou passer votre dernière année scolaire en traversant ce miroir. Mais sachez qu’une fois de l’autre côté, rajouta-t-il en faisant un signe de tête vers le pic karstique, aucun retour ne sera permis à l’exception de la sortie de classe et bien entendu, à la fin de l’année.
Les douze élèves s’observèrent ; personne ne répondit ni ne fit le moindre mouvement. Certains étaient impatients d’aller voir à quoi ressemblait cette tour sombre, d’autres refusaient la simple idée d’un retour au pensionnat dans des conditions si intolérables.
Monsieur Navaron utilisa le verre tactile du miroir pour composer une longue série de chiffres – complètement impossible à mémoriser.
Voyant vert.
Des silhouettes lointaines se dessinèrent à travers le miroir.
Les élèves espéraient qu’ils ne tomberaient pas dans la mer en passant au travers de ce vieux miroir. Malgré l’appréhension, ils avançaient inconsciemment afin de mieux distinguer les traits de leurs nouveaux professeurs.

En traversant le miroir, les douze élèves se retrouvèrent directement dans la cour de leur nouvelle école.
– Vous connaissez déjà le Directeur Gidlant, dit Monsieur Navaron, au moins par le nom.
Le Directeur salua les élèves d’un signe de la tête et se tourna vers le surveillant général.
– Bonjour, Eugène. Tout s’est bien passé ?
– Comme chaque année, Monsieur le Directeur.
– Votre formule n’a aucun sens, et vous le savez bien.
– Oui… Toutes mes excuses.
Le visage du Directeur Gidlant était sévère, marqué par le temps. Un physique fort aux gros os, affûté malgré un léger embonpoint qui montrait le bout de son nez.
Les mots du surveillant général l’avaient profondément irrité. En conséquence, la première impression qu’il donna aux douze élèves était très éloignée de la sympathie.
Quatre professeurs, l’un à côté de l’autre, attendaient dans la cour, au pied d’un arbre en verre sculpté.
– Bordel, c’est quoi ce merdier ! s’exclama subitement Ella.
Les autres élèves se tournèrent vers Ella, suivirent la trajectoire de son regard ahuri, et furent saisis du même ébranlement. La tour sombre était cernée par quatre autres tours plus petites et plus fines, reliées par une enceinte ; dans chacune d’elles étaient postés deux hommes armés en uniformes blancs, et un chemin de ronde était respecté tout le long de l’enceinte par une vingtaine d’hommes, armés eux aussi et vêtus du même uniforme. De plus, une passerelle ceinturant la tour principale montait du sol au sommet pour une surveillance interne ciblée.
– Qu’est-ce que ça signifie ? dit Précieuse avant que le Directeur Gidlant n’intervienne. C’est une prison ?
– Vous le saurez bien assez tôt, dit Gidlant. Ne faites pas tant d’histoires, et avancez.
Les professeurs découvraient le visage des nouveaux élèves comme ils se rapprochaient. Deux d’entre eux souriaient, contrairement aux deux autres.
– Je vous présente Monsieur Brun et Monsieur Zirmi, reprit le Directeur, vos professeurs d’histoire-géographie.
Le premier fit un signe discret et amical en direction des élèves alors que le second affichait une mine sombre et exaspérée.
– J’espère que vous ne m’en voulez pas, mesdames, de ne pas vous avoir présentées en premier.
– Je vous en prie, Monsieur le Directeur, répondit l’une d’elles.
Il continua les présentations avec Mademoiselle Losada, professeure d’analyse perlière. C’était une femme aux courbes voluptueuses, élégante et souriante ; ses talons la grandissaient au point de dépasser d’une tête les autres professeurs.
Enfin, Madame Baurens, professeure de mathématiques ; elle se tenait légèrement recroquevillée sur elle-même. Son rire surprenant à l’annonce de son nom était un mélange de graves et d’aigus déconcertant. Son goût vestimentaire daté et son manque de coquetterie la vieillissaient considérablement.

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