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Les perles de Nasya (Partie 14)

Les perles de Nasya

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Lim

Résumé :

Les gens de la ville ont peur des enfants. C’est pourquoi ces derniers vivent dans des pensionnats clos jusqu’à leur maturité.
Les douze élèves sélectionnés en classe de dernière année sont isolés du reste des enfants, puis présentés à quatre professeurs, chargés de les préparer à des vérités volontairement cachées. Ils suivent les cours sous une surveillance armée. Apprennent l’histoire de NASYA, leur monde ; la raison pour laquelle un dôme l’enveloppe entièrement. Étudient leurs rêves – ébauches de vies antérieures – à partir de perles conçues durant leur sommeil.

Les Perles de Nasya (Partie 14)

Lim Ledah remarqua un Karm flambant neuf sur les deux tables de chevet. Sun Abi en remplaça un par le sien, adapté à ses nombreux rêves.
Sun Abi se familiarisa ensuite avec leur nouveau miroir. Il trouva une application permettant de commander chemises blanches, chaussures noires, uniformes à capuche dorée. Il essaya le service en prenant un exemplaire de chaque en taille trois pour lui et taille deux pour Lim. Bientôt, ils entendirent taper dans un coin. Se regardant avec expectation, les deux amis firent coulisser un grand placard encastré : la commande venait de se réaliser !
– Je me demande pourquoi on est obligé d’acheter notre uniforme si on peut en avoir aussi facilement, dit Sun Abi.
– Pour nous prendre nos perles peut-être.
– C’est moche.
Ils se demandaient aussi avec qui Shaellah allait partager sa chambre, et s’autorisaient un rictus à l’idée qu’elle ne serait pas ravie, quelle que soit cette personne.
Dans le hall, Ella ne voulait pas laisser le destin choisir à sa place. Elle regarda tour à tour Précieuse, Shaellah et Sue.
– Allez, Sue. Tu viens, on ne va pas y passer la journée.
Sue marmonna quelque chose que personne n’entendit puis avança vers les escaliers.
Shaellah se tourna vers Mademoiselle Losada.
– Je suppose que la mixité n’est pas permise.
– Vous supposez bien, mademoiselle.
Shaellah accusa le coup alors qu’un rayon éclaira le visage de Précieuse.
– Je n’ai pas l’air comme ça, dit Précieuse, mais j’adore faire la connaissance de nouvelles personnes.
Shaellah l’envisagea comme si cela sonnait faux, puis voyant le franc sourire que Précieuse tenait sans effort, elle ressentit de manière déraisonnable une inquiétude proche de la peur.
Il ne restait plus que Sarrail et Olivan. Ce dernier espérait que son nouveau compagnon de chambrée ne soit pas indisposé de ce choix forcé. Sarrail fit un geste vers le grand miroir, regarda Olivan, et lui dit : « Après toi ».
Les professeurs se retrouvèrent seuls dans ce grand hall silencieux, soumis à leurs pensées. Leur échange de regards était empreint de devoir et de défiance.
– Messieurs, Mademoiselle, dit Madame Baurens. Je vous l’annonce tristement : j’ai passé en revue les statistiques maintes et maintes fois. Le résultat est toujours le même. C’est pour cette année…


La plupart attendait le retour de Monsieur Brun devant l’entrée de la classe qui portait son nom ; d’autres élèves faisaient connaissance assis en bas des escaliers.
Sue déambulait à l’opposé de tout le monde, près des classes de Mademoiselle Losada et de Madame Baurens. Elle réprima son indiscrétion puis y céda facilement. Elle s’introduisit en premier dans la classe de Mademoiselle Losada.
Son gros cahier blotti fermement contre sa petite poitrine l’encourageait à affronter la pièce sombre. Sue ne put distinguer aucun détail des bibelots posés sur le bureau dans le coin ni des cadres photo ni de ce qui semblait être une trousse à maquillage ouverte.
Comme elle ne put étancher sa soif d’informations, Sue décida d’entrer dans la classe de Madame Baurens. En s’y rendant, elle aperçut du coin de l’œil le retour de Connrad et Simon à travers le grand miroir. Elle s’avoua l’espace d’un instant que sa curiosité était un prétexte à supporter le poids de son asociabilité. Les rares fois où elle avait fait l’effort de s’intégrer dans un groupe, elle n’avait su percer le fléau de sa timidité. Recueillant généralement de l’indifférence – quand ce n’étaient pas des moqueries plus ou moins voilées –, pourquoi continuer à se faire violence pour s’en infliger d’autres ? Dès lors, Sue se protégeait de son malaise par une mise en retrait.
Lorsqu’elle entra dans la classe de Madame Baurens, Sue vit une bande de verre le long du flanc gauche qui baignait la salle d’une lumière vigoureuse. Les pupitres étaient disposés de la même manière que dans la classe précédente et faisaient face au bureau du professeur. Sue s’étonnait : Madame Baurens était amatrice de papier à l’ancienne, comme elle. Son bureau disparaissait sous une masse de feuilles empilées ; elle l’imaginait assise derrière son bureau, où sa tête seulement dépassait derrière ces tours de papiers.

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