Les plantes (Partie 1)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Margotte625

Résumé :

Une jeune femme se voyant contrainte d’arroser les plantes d’une bien étrange voisine…

Les plantes (Partie 1)

Ma charmante voisine, qu’en réalité je déteste, me demande d’arroser ses plantes en son absence.
J’ai d’abord trouvé cela étrange. Pourquoi moi ? Cela fait bientôt trois ans que je vis au troisième étage de cet immeuble tranquille et où je m’entends plutôt bien avec le voisinage.
Exception faite de cette charmante madame Mouliné, ma voisine de palier.
Dès le jour de mon emménagement, j’ai compris qu’elle ne m’apprécierait pas.

À peine un bonjour en trois ans et c’est à se demander si elle n’avait pas fait exprès de me filer des œufs pourris la seule et unique fois où j’ai osé prendre le risque d’aller frapper chez elle pour lui emprunter de quoi faire mes délicieux cookies au chocolat. Gâteaux préférés d’Alice, ma fille de cinq ans.

Alors pour quelle étrange raison, avait-elle laissé dans ma boîte aux lettres, cette jolie enveloppe mauve, qui contenait les clés de son appartement ainsi que ce petit mot :

Chère Andréa,

Je dois m’absenter pour une durée indéterminée.
Vous n’êtes pas sans savoir l’importance que je porte à mes plantes.
C’est pourquoi, je vous confie mes clés et vous demanderez de bien vouloir passer les arroser et d’en prendre soin tous les jours jusqu’à mon retour.

En vous remerciant,
Votre voisine, Adèle Mouliné

Mais voilà comment tout a commencé :

Après avoir récupéré mon courrier ce jour-là, je suis remontée chez moi, j’ai posé l’enveloppe mauve et les tracts publicitaires sur le meuble de l’entrée.
Puis je suis allée me changer. Ce soir-là, ma fille était chez son père et je m’étais prévue une soirée tranquille au calme devant un bon film.

J’ai donc pris une douche, enfilé un vieux pyjama confortable et mon peignoir en pilou et j’ai appelé pour me commander une pizza.

Vingt minutes plus tard, le livreur sonne à la porte. Pour le régler, j’attrape la monnaie se trouvant dans le vide-poche en forme de tête de chat qu’Alice m’a fabriqué à l’école pour la dernière fête des mères sur le meuble de l’entrée. Je le paye et récupère ma pizza quatre fromages.

Je m’apprête à regagner mon canapé et déguster mon dîner, lorsque mon regard se reporte sur le meuble de l’entrée et sur la fameuse enveloppe mauve de madame Mouliné.

À cet instant, j’ignore pourquoi, mais j’ai ressenti une vive curiosité malsaine que d’aller jeter un coup d’œil à l’appartement de ma voisine.

Je glisse ses clés dans la poche de mon peignoir, je me prends une part de pizza que je décide de manger en chemin et je sors de chez moi.

En pyjama et la pizza à la bouche, me voilà devant la porte de ma voisine d’en face. Je plonge la main dans la poche de mon peignoir, je triture la clé qui s’y trouve et me demande si je fais bien d’ouvrir cette porte.

Finalement, c’est sans vraiment m’en rendre compte, que me voilà en train de tourner la clé dans la serrure et ni une ni deux, me voilà sur le pas de la porte ouverte en train d’observer la pénombre de l’appartement.

Une odeur de parquet ciré et de clémentine s’en dégage.
J’avance lentement pour rentrer un peu plus à l’intérieur et atteindre l’interrupteur afin d’allumer la lumière.

Me retrouvant enfin dans la clarté, je découvre un bien étrange logement.
Tout est propre et rangé et d’apparence normale, mais si l’on entre dans le grand salon, là, sur tous les meubles et toutes les tables se trouvent des plantes de toutes sortes et de toutes espèces.

Il y en a partout, ça va de sur la télé à la bibliothèque, et même jusqu’à sur le canapé. C’est tellement étrange.
Sur le pot de chaque plante, il y a une petite étiquette de collée avec un prénom inscrit dessus.

Toutes les plantes ont un prénom et il doit y en avoir près d’une centaine !

Je m’amuse à regarder tous les prénoms. Et je souris lorsque je constate qu’un ficus porte le prénom d’Alice, comme ma fille et que la fougère juste à côté s’appelle Andréa, comme moi.

Je trouve cela vraiment étrange que ma voisine nomme ses plantes des mêmes prénoms que ses voisines d’en face qu’elle ne porte pas dans son cœur.
Mais après tout, ce sont peut-être, les deux plantes qu’elle aime le moins, me dis-je.

De ce fait, j’ai tout bonnement commencé à ressentir le besoin de prendre soin de ce ficus et de cette fougère portant les mêmes prénoms que ma fille et moi.

Madame Mouliné m’avait laissé sur la table de sa cuisine, un gros classeur avec les conseils d’entretien pour ces plantes.

Pour le ficus :

– Arrosez lorsque la terre est sèche, sans excès et idéalement avec de l’eau à température ambiante et non calcaire.
Et pour la fougère :
– Brumisez une à deux fois par semaine pour maintenir la bonne hygrométrie.

J’ai alors appliqué à la lettre les consignes sur ces deux seules plantes, grâce au matériel d’arrosage que ma chère voisine avait pris soin de me laisser sur un petit chariot dans un coin de la pièce.
Après cela, j’ai ressenti une immense fierté, mais j’ignore pourquoi. J’ai simplement arrosé des plantes, rien d’exceptionnel en soi.

Et sans prêter attention à autre chose ni aux autres plantes qui m’entouraient, je suis machinalement rentrée chez moi, me promettant de revenir prendre soin de ces deux-là.

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