Les rescapés de l’Atlantide (Partie 3)

Catégorie : 

Fantastique/Merveilleux

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Comment se sont réellement passés les derniers instants de l’Atlantide ? Qui en sont les rescapés ?

Les rescapés de l’Atlantide (Partie 3)

– Je me fiche des dieux, de Zeus ! Je reste ici, entendez-vous ! tonna-t-il.
– Zeus va l’entendre, glissa Aglaïos aux autres conseillers, l’entendant jurer depuis la pièce à côté.
– C’est mal parti, cette histoire, fit un conseiller. Y a-t-il d’autres chats qui savent ?
– Oui, Amon, répondit Aglaïos. Je vais le chercher.
Amon dit ce qu’il savait, mais cela ne suffisait pas. Aglaïos et les conseillers guettèrent la fin de l’entrevue entre Atlas et les autres chats, puis risquèrent un regard.
– Que faites-vous là ? lança Atlas, très énervé.
– Nous voulions voir Guptos, répondit Aglaïos, dans ses petits souliers.
– Il ne raconte que des sornettes.
– Je n’en suis pas sûr, votre Altesse. Manifestement, vous êtes dans l’hubris.
– C’est très grec, fit Atlas, prenant un air pincé. Et le pire n’est jamais sûr.
– Tu ne te rends pas compte, intervint Guptos d’une voix douce. Tu es en train d’insulter les dieux depuis tout à l’heure.
– Dehors ! Tous ! Fichez-moi le camp ! fut la réaction d’Atlas, à ces mots.
– Tu ne vas rien comprendre à ce qui t’arrive, prédit encore Thêt.
– Eh bien soit ! On va tous mourir !
Aglaïos et les conseillers déglutirent.
– Comment ? demanda l’un d’eux.
– Par noyade, répondit Guptos. Il faut fuir avant que l’Atlantide ne soit engloutie. Avertissez la population ! Et vite !
Atlas eut un rire fou.
– Je suis immortel !
– Il a perdu la raison, conclurent ses conseillers, et Aglaïos prit lui-même les mesures qui s’imposaient.
Bientôt, le palais fut en ébullition. Et, sur les plages, les flots se mirent à moutonner. Le ciel commençait à s’obscurcir. Aglaïos exposa très vite la situation aux habitants de l’Atlantide. Aussitôt, tous filèrent dans les ports. Tous les chats du palais, de l’île, affluèrent aussi. L’océan grossissait à mesure que le ciel s’assombrissait et, tout à coup, le tonnerre de Zeus se mit à gronder.
– Allons aux colonnes d’Héraclès ! fit la rumeur. Réquisitionnons tous les bateaux !
Clairement, c’était la débandade, toute l’Atlantide prenait peur. Les habitants détachaient toutes les embarcations de leurs amarres, sautaient à l’intérieur. Les chats contemplaient le spectacle, des jetées.
– Venez ! leur crièrent les femmes.
– Nous ? fit un chat.
– L’heure est grave, leur dit Guptos, pas tranquille. Je n’ai pas envie de me faire taquiner par les poissons !
Et il bondit le premier dans une petite barque, évitant de peu une vague qui aurait pu l’engloutir. Tous les chats suivirent son exemple, Baïa sautant à sa suite. L’océan se faisait de plus en plus gros, Zeus tonnait encore et encore, et tout à coup, le déluge s’abattit. Les fuyards attrapaient les autres encore sur terre, hommes, femmes, enfants et chats. À présent, l’océan se déchaînait, et les hommes se mirent à ramer de toutes leurs forces.
– Vers la terre !
– Les colonnes d’Héraclès ! Il faut que nous passions les colonnes d’Héraclès !
Quelques embarcations chavirèrent, les hommes faisaient tout pour s’y raccrocher, certains avec des chats de plus en plus apeurés dans les bras. Tous criaient, les enfants pleuraient, les chats n’avaient jamais tant miaulé. Amon faillit y passer pour de bon, Guptos brailla pour qu’on le sauve.
– Ma v… par tous les dieux ! Am… Miaou ! Miaou, miaou !
– Que se passe-t… miaou !
Baïa, complètement apeurée, ne trouvait plus ses mots.
– Guptos ! fut la dernière parole intelligible qu’elle put prononcer. Guptos !
– Mi amour… lui dit-il, et cela devint un simple « miaou ».
Triste, apeuré, croyant comprendre que la fin était proche, il se rapprocha de Baïa.
– Miaou…
Mais, en lui, sa voix s’exprimait, et lui disait :
– Il y a trop d’eau… Il y a trop d’eau… Il faut aller sur la terre ferme !
Alors, comme il put, aidé par les autres chats, qui avaient encore plus peur que lui, en ronronnant aussi, ils firent comprendre aux Atlantes de viser la terre la plus proche, l’Atlantide ayant déjà disparu sous les flots, entraînant avec elle son roi devenu fou avec sa famille. Cette terre fut celle de Lusitanie, ce qui explique d’ailleurs la vocation de ses futurs habitants, Atlantes et autochtones, pour les voyages sur l’Océan.
– Miaou ! Miaou miaou ! faisaient lamentablement les chats, une fois sur la terre ferme.
– C’est la faute de toute cette eau… continuait leurs voix en eux, à jamais perdues, et ils en voulurent, non à Atlas, non à Zeus ni même à Poséidon, mais à toute cette eau dans laquelle ils avaient failli mourir.

« Et voilà pourquoi, ô Mortels, tous les chats ont si peur de l’eau, pourquoi nous avons l’impression que, quelquefois, ils semblent nous parler d’homme à homme. Mais, vous savez, les chats peuvent être les égaux des dieux, ce que sentent tous les poètes, tous ceux qui aiment ces petits êtres qui, l’air de rien, ont tout fait, et font encore, pour les hommes… »

FIN

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