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Madre nostrum (Partie 3)

Catégorie :

Fantastique/Merveilleux

Auteur :

Chiaramarino

Résumé : Que se passe-t-il quand notre mère la Terre se fâche ?

Madre nostrum (partie 3)

– Pour ça ! répondit Gaïa en brandissant ses détritus. C’est un scandale !
– Vous ne croyez pas que le plus simple serait de mettre tout ça à la poubelle ? rétorqua Cateno, un peu dégoûté. Et ne les mettez pas sur mes papiers !
– Mais je ne demande pas mieux que de mettre ces… ces machins à la poubelle ! Ce sont vos administrés, qui ne le font pas ! On me souille ma terre, on m’étouffe ! J’ai aussi vu le septième continent, sur le globe ! Vous trouvez ça normal, vous ?!
– Euh… non, certes. Mais Trump…
– Au diable cette andouille ! s’énerva Gaïa, tandis que Massimo étouffait un rire. Nettoyez-moi, nom d’une pipe ! Je suffoque, vous dis-je ! J’en suis à devoir déclencher des éruptions, pour vous faire réagir !
– Je fais ce que je peux, Gaïa, mais l’impéritie italienne est telle… et je ne suis que maire de Messine. C’est à Rome, à New York, qu’il faut aller !
– Je veux réveiller les consciences ! Et tous les volcans s’il le faut ! D’autres phénomènes telluriques, et jusqu’à ce que vous compreniez !
– Les politiques ont les mains liées. Et par pitié, reprenez votre forme d’origine, j’ai l’impression de me faire enguirlander comme quand j’étais petit ! Je n’y suis pour rien, Gaïa, en plus j’ai la Mafia sur le dos !
– Je te comprends, mon vieux… mais un petit arrêté municipal ne ferait pas de mal, tu ne crois pas ?
– Les touristes sont des cons, reprit Gaïa. Ils filment, fument, et oublient l’essentiel. La nature n’a pas besoin de ça !
– Ce n’est pas une raison pour tout détruire, représenta Cateno, essayant de se reprendre. Mais Gaïa, je vous en supplie…
– Ça va, ça va.
Et Gaïa reprit sa forme originelle. Le maire respira alors plus librement, et Massimo réprima de nouveau son rire. Cateno desserra encore sa cravate.
– Et si vous alliez en Suède ? De là-bas, vous devez pouvoir intervenir…
– Ah ? C’est une bonne idée.
– Je viendrais bien avec toi, maman, osa Massimo avec un petit sourire.
– Ce n’est pas parce que le Stromboli est en éruption, que tu dois ficher le camp, le tança Cateno. On en a vu d’autres.
– Ça, ça dépend de l’énervement de Gaïa…
– J’ai l’habitude de gérer les fortes personnalités, tenta Cateno.
– Même celle de notre mère la Terre ?
Le maire soupira.
– Que suis-je censé faire, Massimo ?
– À ton niveau, un arrêté municipal pour rappeler l’existence des poubelles, par exemple.
– Et quid du plastique ? intervint Gaïa.
– C’est dans les tuyaux en haut lieu, reconnut Cateno. Il y a, ou il va y avoir des directives européennes pour cesser de produire du plastique.
– Mais ce sont des directives mondiales, qu’il faut ! réagit aussitôt Gaïa.
– Une chose après l’autre.
– Je n’ai pas le temps ! Je vous dis que j’étouffe !
– Vous êtes immortelle, non ?
– Je suis peut-être immortelle, mais ça ne vous empêche pas de m’oublier ! Ces hommes, nom d’un chien ! Pendant ce temps-là, je me dérègle, entendez-vous ?!
Massimo et Cateno se regardèrent.
– Il faudrait arrêter le massacre, conclut Massimo, et Cateno hocha la tête. Mais :
– Va donc en parler à Trump…
– Je ne suis entourée que de couillons !
Gaïa se leva, mit ses détritus dans la poubelle de la pièce, et ouvrit la porte, qu’elle avait bien l’intention de claquer derrière elle. Un flash l’en empêcha.
– Gaïa ! Maman !
Tout ébaubie, Gaïa se trouva face à une masse grouillante de journalistes, menée par le jeune Anglais qui avait filmé son arrivée.
– Magnifique éruption !
– Comment avez-vous pu sortir de là sans vous brûler ?
– Nous voulons tout savoir ! Une interview, s’il vous plaît !
– Mais quels couillons !
Gaïa fendit la foule, sous le regard médusé de tous, y compris de Massimo et du maire, qui s’étaient levés.
– Une déclaration, monsieur le maire ?
– Je n’ai rien à dire, la cause est juste. Maintenant, débrouillez-vous !
– Une action d’éclat ! hurla Gaïa en quittant la mairie.
Quelques heures plus tard, la Sicile tremblait, tandis que Gaïa, atterrée, parcourait le Groenland, pleurant au milieu de quelques phoques, alors qu’une partie de la banquise se disloquait peu à peu.
– Mère, on va tous t’aider, lui dit un petit eskimo, emmitouflé dans ses vêtements.
– Mène-moi chez ce Trump, mon petit.
– Qui ça, mère ?
Gaïa eut un gros soupir. Elle se jeta dans la mer et se mit à nager vers le sud, à tout hasard.
De temps en temps, on peut l’apercevoir sur le dos des baleines, ou alors elle se rapproche des côtes. Seuls les enfants reconnaissent alors la mère du monde, et la saluent sans arrière-pensée ni sensationnalisme.
– Allons, se dit Gaïa, un jour qu’elle était de nouveau en Méditerranée, je vais aller voir si je ne peux pas retenter le coup par le Vésuve…

FIN

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