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Nanou et les rois mages (Partie 1)

Catégorie :

Fantastique/Merveilleux

Auteur :

Margotte625

Note :

Écrit pour la jeunesse.

Résumé :

Un conte de Noël ou quand une petite fille rencontre les rois mages.

Nanou et les rois mages (Partie 1)

Noël. C’est le temps où les buissons s’habillent d’épines de gel transparentes. C’est le temps où le vent gronde dans les bois tout proches.
Noël où Nanou s’est égarée. Elle aime bien se perdre, Nanou, sur son vélo, à force de parcourir les chemins d’une forêt à l’autre. Elle aime bien, Nanou, se percher sur un vieux châtaignier à moitié déraciné par la violence du vent, un peu en contrebas de la grande plaine. À la tombée du jour, on y découvre les petites lumières clignotantes de la ville.
« Un nuage d’étoiles, pense-t-elle ».
Dix, vingt, mille étoiles bleues sont posées là, serrées, en lignes orangées dans la plaine qui se perd dans la brume.
Noël où les herbes sèches crépitent dans les lueurs flamboyantes du crépuscule. Nanou observe, accroupie derrière le vieil arbre qui la protège du vent glacial. Elle colle ses mains chaussées de moufles à ses oreilles pour les réchauffer, et elle ouvre grand les yeux. Ce qui bouge, là-bas, juste à côté du terrain de foot… Des peupliers… Ou des hommes ? A-t-on jamais vu des peupliers sur ce sentier en équilibre sur le bord de la falaise blanche, friable, vertigineuse ? A-t-on jamais vu des peupliers en robe rouge ? En robe bleue ? En robe d’or ?
Ils sont trois, à la queue leu leu. La fillette se frotte les yeux, puis se dresse, secoue les débris de feuilles de sa robe, arrange les mèches de cheveux sous son bonnet de laine et part en courant à la rencontre de… De qui, au juste ?
« Attention ! Faites donc attention ! Le chemin est plein de verglas, les pierres glissent, vous allez tomber, vous allez vous faire mal ! »

Elle s’arrête devant les trois personnages fabuleux qui la regardent en souriant. Elle n’en croit pas ses yeux : qu’ils sont beaux ! En effet, ils le sont, comme des rois. Le premier est vêtu de rouge, le second de bleu, le troisième de vert et d’or. Ils sont là, devant Nanou, juste à ce détour du chemin, à toute heure parcouru de voitures et de camions rugissant dans la côte. C’est l’instant où tout s’estompe, où tout bascule dans la nuit…. Nanou lève les yeux vers le premier de ces hommes merveilleux :

« Pourquoi vos doigts saignent-ils ? »
C’est le roi vêtu de rouge qui répond :
« C’est moi qui écarte les buissons d’épines et qui trace le chemin ».
La fillette s’adresse ensuite au roi vêtu de bleu :
« Pourquoi avez-vous les yeux si grands ?
– C’est pour ne pas perdre l’étoile qui nous guide.
– Et vous, pourquoi avez-vous la peau si noire ? »
Le roi vêtu de vert et d’or prend la parole :
« C’est moi qui aie fait le plus long chemin pour venir jusqu’ici.
– Mais qui êtes-vous donc ? »
Avec un bel ensemble les trois fabuleux personnages déclarent :
« Nous sommes les rois mages.
– Moi, je m’appelle Melchior…
– Moi, Gaspard…
– Et moi, je suis Balthazar. »
Melchior reprend :
« Ce soir, nous nous arrêterons ici pour nous reposer et dormir, car nous avons demain une belle et longue étape.
– Venez, je vais vous conduire », dit Nanou.
Ils se donnent la main, car il fait noir maintenant et, dans le vent retrouvé, la petite fille les guide jusqu’au garage à vélos de son immeuble. Dans la petite salle noire qui sent le cambouis et l’essence, on devine au fond les carcasses de vélos abandonnées là.
« Ici, nous serons bien, dit Melchior.
– Vous aurez froid, dit Nanou. Je vais vous chercher des couvertures. Et un matelas, aussi. Resterez-vous longtemps ici ?
– Nous ne passerons que la nuit, dit Gaspard. Le chemin est long jusqu’à Bethléem.
– Bethléem ? Qu’est-ce que c’est ?
– C’est un village comme le tien, dit Balthazar.
– Quel drôle de nom pour un village ! Où est-ce, exactement ?
– Une étoile brille juste au-dessus, lui dit Gaspard en souriant.
– Est-ce que je peux rester avec vous, pour que vous me parliez de l’étoile ?
– Il faut que tu rentres chez toi, Nanou, lui disent ses nouveaux amis. Tes parents vont s’inquiéter. Mais reviens demain près du vieux châtaignier, tu trouveras là un cadeau en souvenir de nous. »
Nanou écarquille les yeux.
« Un cadeau ! », s’exclame-t-elle, ravie.
Et, sans demander plus, elle part, se souvenant que c’est elle qui doit prendre le pain avant de rentrer. Sous la neige qui recommence à tomber doucement, elle court dans la rue, plus vite, quand elle pense à sa mère qui doit, en ce moment même, effacer la buée du carreau pour mieux la voir quand elle débouchera au coin de la rue, dans la lueur poudrée du réverbère posé au bord de la petite allée. Elle court, elle court, et le visage de sa mère, elle le voit déjà, lui sourit et lui fait de grands signes.
« J’arrive », crie-t-elle.
Son père, lui, l’attend sur le pas de la porte.
« Te voilà enfin ! Tu sais l’heure ? Tu es trempée !
– Il neige, dit-elle en s’ébrouant comme un jeune chien.
– Il neige, gronde le père, et avec la neige, le verglas, la nuit, mademoiselle se promène ! Où étais-tu ? J’espère que tu n’étais pas seule, au moins ?
– J’étais dans le garage à vélos. Avec les rois mages. »

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