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Plein gaz (Partie 2)

Plein gaz

Catégorie : Aventure/Action

Auteur : Chiaramarino

Résumé : Une façon originale de rentrer en maison de retraite…

 

 

Plein gaz ! (Partie 2)

 

 

Ils sortirent de la ville, Huberte sifflotait un air de sa jeunesse, Julien riait.
– Tu ne mettrais pas la radio ? finit par demander Huberte.
– Si tu veux. De la musique moderne ?
– Oh, peu importe. Ce que tu veux.
Julien se mit à faire défiler la bande FM. Ils entendirent un peu de jazz, une émission satirique, un jeu… puis la météo. Julien laissa la météo, qui laissa place à un flash info. Ils l’écoutèrent distraitement. Julien avait dû baisser le cache devant lui, gêné par le soleil. Tout à coup, il sursauta.
– « Braquage à la voiture-bélier à Paris, place Vendôme… Les voleurs ont subtilisé pour au moins vingt mille euros de bijoux… »
– Mon Dieu ! s’exclama Huberte, avec son côté Castafiore.
– Pas fous, ils vont place Vendôme ! commenta Julien. Attends, les dégâts…
– « … sont importants. La devanture brisée, le bijoutier et sa collègue en état de choc… »
– Oh la la ! Je veux bien le croire ! fit Huberte, elle-même impressionnée. Tu imagines, tu serais à leur place ?!
– Oh, un direct du gauche inattendu en pleine tronche, et je le mets au tapis… Tu sais quoi mamy, ça me donne une idée !
Et Julien eut un petit rire. Huberte comprit qu’il préparait un coup à sa façon. Mais l’instant d’après, il baillait.
– Ouh là ! Regarde la route !
– Ne t’en fais pas. Je me concentre.
– Mais qu’est-ce que tu mijotes ?
– Tu comprendras quand nous arriverons. On va faire une entrée fracassante !
– Oh ! Voilà qui me plaît !
– Moi aussi, je suis toujours prêt à faire des bêtises !
– J’en accepte l’augure ! Je mettrais déjà une auréole sur ta tête d’ange !
– Euh, ça je ne sais pas !
Mais cela ne faisait rien, bientôt ils riaient tous les deux, en écoutant une radio diffusant du rock. Huberte, dans sa jeunesse et même plus tard, avait apprécié l’esprit punk, et parlait encore des premiers albums de Trust et de Metallica. La radio passait un des premiers Alice Cooper, et Huberte se mit à chanter. Julien s’en amusait, et puis cela le tenait éveillé. Il eut quand même encore quelques bâillements. Mais sa grand-mère y prêtait moins d’attention, elle était toute guillerette.
Enfin ils aperçurent la maison de retraite, et Julien tourna, dépassa le parking.
– Mais que fais-tu ?
– Tu vois ces portes vitrées ? Eh bien, plein gaz !
Et tous deux entrèrent dans le hall du bâtiment, dans un grand fracas de verre. La surprise passée, Huberte éclata de rire. Tout avait volé en éclats, mais à ce que Julien constata, ils étaient bel et bien dans la place. Il descendit de la voiture sourire aux lèvres, et se trouva nez à nez avec la dame de l’accueil, qui allait ouvrir la bouche pour protester, ou peut-être appeler le directeur. Mais Julien fut le plus rapide, en décochant un sourire charmeur qui, avec sa gueule d’ange, cloua la dame sur place.
– Bonjour madame, mais maintenant que nous sommes dans les Eucalyptus, pouvez-vous appeler quelqu’un, s’il vous plaît, pour faire descendre ma grand-mère de voiture, et la remettre dans son fauteuil roulant ?
– Vous ne manquez pas de toupet !
– Ce n’est pas la question ! Nous sommes bien dans le bâtiment, vous pouvez appeler un kiné ou une infirmière pour m’aider !
– Vous avez vu ça ?
– Si fait, madame. Je regrette d’en être arrivé à cette extrémité, mais je…
Mais Julien fut pris d’un long bâillement, et s’excusa. Furieuse, la dame retourna à son accueil, alors que l’attroupement était de plus en plus massif. De la petite Clio, Huberte faisait coucou à toutes les personnes qui passaient.
– Il est formidable, mon petit-fils !
Il n’empêche qu’il fallut s’expliquer avec le directeur, qui avait entendu le boucan provoqué par l’accident, et par ses pensionnaires. Huberte avait réintégré son fauteuil roulant, et très vite prévenu sa fille. Une heure à peine après l’entrevue, cette dernière était sur place. Le hall d’entrée avait été sécurisé tant bien que mal, et Julien avait mis sa voiture au parking. Elle avait des impacts sur le pare-brise, une vitre brisée, mais il avait jugé que ce n’était pas bien grave. Le plus ennuyeux, c’était l’état du hall, dont les portes avaient été défoncées… La facture s’avéra salée.
– Mais je m’en fiche, conclut la maman de Julien, tu as bien fait ! Il fallait le dire ! Mamy t’a raconté, pour Léa ?
– Oui. Même, je le referais : plein gaz !

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