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Promeneurs dans le désert (Partie 1)

Catégorie :

Fantastique/Merveilleux

Auteur :

Chiaramarino

Résumé :

Où un prince fait une belle rencontre dans le désert…

Promeneurs dans le désert (Partie 1)

Elle plongea, fit quelques brasses, et fut emportée par le flot noir. Ce n’était pas de l’eau, elle le sentait bien, c’était plus collant et pas aussi agréable que son véritable milieu naturel. Alors Oumaïcha décida de réapparaître à la surface de la terre. Elle jaillit d’un puits, et tomba sur le sable d’un désert. Le flot noir s’écarta d’elle, laissant apparaître deux jolies jambes fuselées. Oumaïcha se mit debout en titubant.
– Où suis-je ? Où est la mer ?
Elle eut un regard circulaire, vit au loin des constructions humaines, des derricks – mais elle ne savait pas ce que c’était ni à quoi cela servait. Courageusement, elle se mit à marcher dans cette direction. Oumaïcha espérait que le liquide noir qui la recouvrait limiterait les regards concupiscents, si elle rencontrait quelqu’un, vraisemblablement un homme du désert. Elle avait du mal à avancer, très gauche sur ses jambes, et en plus, marcher sur le sable était quelque chose de difficile, plus que sur une véritable route. Elle eut l’impression que cela dura une éternité, avant d’arriver en vue des derricks. Enfin, elle aperçut quelques hommes, et alla vers celui qui semblait commander. L’homme la regarda bizarrement.
– Excuse-moi monsieur, je cherche la mer…
– La mer ? Elle est assez loin d’ici… Mais d’où viens-tu ?
– De la mer. Mais je ne saurais pas très bien te dire comment je suis arrivée ici…
Le regard de l’homme se porta sur les formes de l’arrivante : elle avait un très beau corps, de longs cheveux bruns et un regard fascinant. Il déglutit, dit « pardonne-moi » et se tourna vers un collègue.
– Tu n’aurais pas quelque chose pour couvrir cette dame, Fethi ?
– Il faut que je cherche, chef.
– Va avec lui, madame.
– Mais je voulais…
– Je ne peux pas te parler, alors que tu ne portes rien sur le dos. Je respecte les femmes, mais tout de même, un peu de décence, madame !
Oumaïcha était étonnée, ne comprenant pas bien ce qu’il voulait dire. Mais elle obéit, et suivit Fethi vers une petite tente. Là, l’homme chercha dans un coffre, puis lui tendit une tunique.
– Je te la donne, fit-il, troublé. Où vas-tu ?
– Tu n’as pas entendu ? fit Oumaïcha d’une voix douce. Je voudrais retrouver la mer.
– Ah. C’est que… ce n’est pas tout près. À bien des kilomètres d’ici. Et je n’ai pas de chaussures à te proposer.
– Mets-moi dans la bonne direction alors, je ne t’en demanderai pas plus.
– Attends.
Et Fethi tendit une gourde pleine à Oumaïcha.
– Qu’est-ce que c’est ?
– De l’eau. Dans le désert, c’est indispensable.
– Oh, merci beaucoup.
– Retournons voir mon chef. Mais enfile d’abord cette tunique. À moins que tu veuilles te passer un peu d’eau sur le visage ? J’en ai encore un peu.
– Tu es gentil.
Oumaïcha prit le petit baquet qu’il lui tendit, mit les mains dans l’eau tiède et les passa sur son visage. Une fois débarbouillée, ses traits, son regard, furent encore plus fascinants. Fethi crut comprendre.
– Mais… c’est du pétrole !
– Pardon ?
– Tu n’es pas noire ?
– Non, pas naturellement.
Il secoua la tête, semblant trouver tout cela très bizarre, mais n’osa plus poser de questions. Oumaïcha revêtit la tunique, qui lui tombait à mi-cuisse, et ils retournèrent voir son chef.
– Je préfère ainsi, fit ce dernier. Tu voulais voir la mer ?
– Oui, s’il te plaît.
– Alors suis-moi, je vais t’indiquer la direction.
Toujours mal à l’aise sur ses jambes, Oumaïcha obéit. Le chef la mena hors du champ de derricks, puis lui indiqua la route à suivre, précisant qu’à environ deux kilomètres de là, il y avait une oasis.
– Là, il y a du passage. Avec un peu de chance, tu y rencontreras une caravane. Moi-même j’ai souvent affaire avec les dirigeants qui viennent par ici.
– Merci, monsieur.
– Au revoir.
– Oui, au revoir.
– Beau cul, murmura-t-il en voyant partir Oumaïcha, qui se mit à marcher comme elle pouvait.
Elle dut s’arrêter plusieurs fois pour souffler, utilisa la gourde donnée par Fethi. Après une autre éternité, elle arriva à l’oasis indiquée. Il y avait un point d’eau, et elle respira, ôta sa tunique et plongea, retrouvant ainsi sa forme première. Elle put se débarrasser du pétrole qui la couvrait encore, respira de nouveau, et nagea avec bonheur, telle un poisson. Enfin elle en ressortit, propre, les jambes impeccables.
– Plus jamais ça, murmura-t-elle. Mais comment aller vers la mer ?
Et Oumaïcha regarda autour d’elle, désorientée. Elle essayait de se souvenir de ce qu’avait dit le « chef », mais ne savait plus par où elle était arrivée. Les quelques palmiers dattiers lui semblaient être tous les mêmes. Et puis elle finit par s’avouer qu’elle était plus que fatiguée, alors elle s’allongea près de l’eau devenue noirâtre, et s’endormit.

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