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Rien ne va plus (Partie 2)

Rien ne va plus

Catégorie : Aventure/Action

Auteur : Lafaille

Résumé : Accompagné de ses amis, un jeune homme vient fêter ses 18 ans au casino. Il raconte.

 

 

Rien ne va plus (Partie 2)

Tapis rouge, lumières aveuglantes, des stars en smoking passent sur le ring de la roulette. Elle n’est pas russe tout le temps. Entre deux coupes, nous observons les joueurs s’agglutiner autour du tapis vert, le « faites vos jeux, les jeux sont faits, rien ne va plus » est entonné, rituel du croupier, gueule d’ange en tailleur noir, sourire rassurant face aux visages en sueur des joueurs affamés d’étoiles filantes.

Après deux passages aux machines à sous, petit gain, perte sans importance, et gain d’aucune valeur avec cette impression que la chance nous sourit, le plus froussard d’entre nous d’habitude nous entraîne au sommet, escalier colimaçon jusqu’au ciel de la déchéance, nous sommes encore vivants. Et ivres.

On entre dans la cour des grands, un montant exigé nous attend à chaque mise. Ici, on n’est pas là pour rigoler. Je tente ma chance, on me regarde, le rouge est sorti. Je double la mise, je gagne. J’encaisse.

Dans l’ivresse du jeu, nous oublions le plus froussard d’entre nous à la table. Il joue le dix-huit. C’est son jour de chance, le cosmos est avec lui, les nombres lui sourient.

Daphné et Cyril se rendent au bar, je me faufile aux toilettes, bien décidé à dépasser mes peurs de l’abandon en tentant le tout pour le tout. Je sors, Daphné et Cyril, coupes de champagne en mains pour tout le monde, viennent nous rejoindre à la table. Pas moyen de décoller les yeux de Guillaume de la roulette. On s’assoit, on observe notre ami absent de la partie, celle de la fête, celle du jour de ma naissance.

– Viens Guillaume ! Aucune réponse, il ne nous entend pas, c’est fini nous l’avons perdu, il a gagné ce soir-là dix-huit mille euros. Pas mal pour un début. Mais c’est un début qui sonnera le glas.

***

Dix-huit ans après, je ne connais plus ni Daphné ni Cyril. Mais j’ai revu Guillaume. Il est mort la semaine dernière, le dix-huit l’a emporté.

A l’enterrement, j’ai revu Daphné et Cyril. Ils sont mari et femme.

J’ai aujourd’hui trente-six ans, j’ai perdu un ami cher qui était déjà perdu le premier soir où il a misé sur ce foutu dix-huit. La gagne était symbole de mort ce soir-là, et nous fêtions, insouciants, mon passage à l’âge adulte. Guillaume n’était déjà plus là. Joyeux anniversaire Guillaume.

FIN

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