Secrets d’écrivain (Partie 2)

Catégorie : 

Littérature sentimentale

Auteur : 

Chiaramarino

Résumé :

Quand l’écrivain sort de sa coquille…

Secrets d’écrivain (Partie 2)

16 mars.
Ces salons me cassent vraiment les pieds… Il paraît qu’il faut être proche de ses fans, comme s’il ne suffisait pas de donner des interviews et de sourire sur les photos… Quelle barbe. J’ai dédicacé des livres, mais je n’avais pas envie de parler, j’ai fait semblant. Je suis cent fois mieux à les écrire, en compagnie du bel Apollon. À vrai dire, toute cette presse me fait peur. Et ces petits jeunes qui me disent m’encenser. En plus, ils veulent des selfies avec moi ! Je trouve ça d’une bêtise abyssale. Je ne retiens que ce jeune homme, qui semblait avoir le cœur sur les lèvres, accompagné d’une jolie dame manifestement plus âgée que lui et qui m’a fait un sourire enchanteur. Je me souviens même de leurs prénoms : Léo et Alice. Plutôt mignons, tous les deux. Un vague air de famille, les mêmes yeux bleus. Ça a été le moment agréable de ma journée de dédicaces. Alice a dû le sentir, car elle m’a donné discrètement son numéro de téléphone. De la part d’une femme, je trouve ça culotté, tout de même. Qu’est-ce que je fais, je l’appelle ? J’hésite. Je ne veux pas d’une passade. Je peux me taper les plus belles femmes du monde, mais ça ne m’intéresse plus, ces relations sont trop superficielles. Quant à construire quelque chose, alors que je considère avoir déjà cinquante ans, je ne l’espère plus. Écrire mes livres, pousser mes coups de gueule à la télévision et à la radio, c’est tout ce qui m’intéresse. Et de toute façon, demain je retourne au Salon, pour fureter parmi les livres, cette fois. En fait, j’en aime l’ambiance, mais à condition de ne pas être derrière une petite table à signer des autographes… Je ne suis pas la Nothomb ! Et un écrivain, ça lit…


18 mars.
Hier soir, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai appelé Alice. Elle en a balbutié, elle ne l’espérait pas, apparemment, et en fait, elle voulait faire une surprise à son petit frère, Léo. J’ai été très étonné. J’ai toujours veillé à ne pas payer de mine, genre Houellebecq, sauf que je préfère le pyjama aux vieilles chemises et pardessus de clodo. Le petit frère me gêne un peu, mais je lui ai proposé de se voir le mercredi, boire un pot vers le quartier latin. Et… advienne que pourra !
En plus, je cherche un autre sujet de roman, mais comme je suis en promotion pour Le marteau de Charles, je n’ai guère de temps à y consacrer. Je devrai aller en province dans une dizaine de jours. Là aussi, la barbe. La partie agréable de ce métier, c’est la création… Où sont mes héros, mes amis de papier ? Charles Martel, ou toutes ces vies que j’ai imaginées ? Et si cette Alice était passée à travers un miroir ? La perspective de la revoir, même avec son frère, exacerbe mon imagination… Mais non, Apollon suffira, il est bien réel, lui au moins. D’ailleurs, il ronronne auprès de moi… La perspective de voir du monde me fait peur, et je crois qu’il le sent. Brave Apollon ! Et maintenant, compagnon des Muses, inspire-moi…

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