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Sombre héritage (Partie 3)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie :

Science-fiction/Anticipation

Auteur :

Chloé Garcia

Résumé :

De terribles monstres rôdent dans un enfer déjà bien sombre. Sur une Terre privée de tout et emplie de vide, seuls restent des enfants. Parviendront-ils à survivre sans l’aide des adultes, de leurs parents et de tout un savoir perdu à jamais ?

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Sombre héritage (Partie 3)

Je pris les marches et atterris au premier étage, à mon bureau. Je saluai rapidement mes collègues avant d’y déposer ma cargaison et de sortir quelques dossiers de mes tiroirs. Sur un plan de la ville, j’apposai une croix à l’endroit où j’avais aperçu le cadavre. Cette fille correspondait à la huitième morte, trouvée depuis trois semaines dans ce quartier. Le protocole opératoire semblait banal et facile à repérer. Quelqu’un s’amusait et je comptais l’attraper. J’avais toujours aimé les comics Batman et l’idée de justice qui s’en détachait. Gotham City, à côté de ma ville, était un vrai paradis où il devait faire bon vivre. J’avais décidé de devenir le nouveau protecteur de cette cité et la tâche s’avérait corsée.

L’an passé j’avais pu mettre la main sur un psychopathe qui collectionnait les pieds. Complètement dingue, le type m’avait expliqué en quoi ils pouvaient être excitants et appétissants. Ses répliques complètement délirantes m’avaient motivé à continuer ma tâche, aussi ardue qu’elle pouvait l’être. Le monde avait besoin d’un grand nettoyage de printemps. Je n’avais pas de costume et je n’étais pas aussi gentil que Batman. Les fous, je les tuais, ou parfois pire. Et je commençais à apprécier.

Soudain, un courant d’air froid me fit frissonner et tous mes poils se hérissèrent. Une Ombre approchait et allait choisir sa nouvelle proie. J’en mettais ma main à couper. J’aurais dû le sentir venir plus tôt. Je m’étais laissé perturber par cette histoire de cadavre. Le sang chaud les attirait.

– Ne bougez-plus ! me mis-je à hurler, espérant me faire entendre aussi au rez-de-chaussée et au-dessus. Ne bougez plus !

Mes rares collègues du premier se figèrent immédiatement, comprenant où je voulais en venir et firent tomber tasses et papiers au sol. Le bruit se répercuta dans toute la pièce et s’éternisa dans le silence. Le commissariat ne faisait plus un bruit. Tout le monde m’avait entendu et s’était passé le mot. Karen transpirait à grosses gouttes, ainsi que son ami Tom qui se tortillait les mains. Je voyais leur peur dans leurs yeux.

L’Ombre arriva par le toit ouvert du premier étage et me fondit d’abord dessus. J’essayais de garder mon calme et ne rien laisser paraître. La mort me sondait. Telle une statue, je ne bougeais plus et respirais le plus silencieusement possible. Je m’étais entraîné longtemps. Le mouvement et un rythme cardiaque rapide leur donnaient toujours de l’appétit. Je pouvais sentir ses membranes noires et diaphanes m’ausculter de part en part et lécher ma peau à nu. Ce qui lui faisait office de langue était râpeux et me dégoûtait.

Elle m’entoura de tout son long et m’enserra tel un serpent. « Garde ton calme », me répétai-je pour surmonter cette épreuve difficile. « Garde ton calme ». L’air commençait à me manquer et je sentis les prémices d’un évanouissement à venir. Je ne voulais pas mourir. L’Ombre continua son manège en caressant mon cou avec délices, m’aveugla quelques instants en passant à travers mes yeux et partit vers une autre cible. La chaleur se réinstalla en moi et je pus reprendre mon souffle. Ces créatures des ténèbres étaient malfaisantes et je les répugnais. Nous ne devions pas baisser notre garde jusqu’à ce qu’elle soit partie.

Karen et Tom s’en sortirent indemnes, comme tous ceux du rez-de-chaussée. Je vis mes camarades pleurer silencieusement de joie à l’idée d’être encore en vie. L’Ombre remontait les étages et était sur le point de partir par le toit brisé quand j’entendis la porte du commissariat s’ouvrir et des éclats de voix étouffés me parvenir. Des collègues partis bloquer la rue rentraient certainement de mission et faisaient un bruit qui attira sans peine l’attention de la créature. Je la vis redescendre et ce fut un véritable carnage. J’entendis des bruits terribles de succion et les hurlements de terreur de mes collègues. La panique devint générale. Je décidai de descendre pour aider et la vision d’horreur qui me saisit me coupa le souffle.

Des morceaux de peau pendaient sur les murs, au plafond et même sur les vêtements ou le visage des autres policiers. Le réceptionniste s’était évanoui de peur, une fille dont le nom m’échappait se lacérait le visage en gémissant, et Nat’, à genoux à côté d’un tas de restes fumant de son collègue, se balançait étrangement d’avant en arrière. Les autres avaient déguerpi et les cris qu’ils poussaient en pleine fuite s’entendaient encore.

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