Sombre héritage (Partie 5)

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Catégorie :

Science-fiction/Anticipation

Auteur :

Chloé Garcia

Résumé :

De terribles monstres rôdent dans un enfer déjà bien sombre. Sur une Terre privée de tout et emplie de vide, seuls restent des enfants. Parviendront-ils à survivre sans l’aide des adultes, de leurs parents et de tout un savoir perdu à jamais ?

Avertissement : déconseillé aux moins de 16 ans.

Sombre héritage (Partie 5)

La forme semi-humaine semi-métallique tourna son unique œil dans ma direction et ne me répondit pas. Je ne lui avais pas mis de cordes vocales et il ne pouvait communiquer qu’à travers un écran LCD que j’avais soudé sur son torse. Celui-ci affichait un « Tranquille » suivi d’un smiley inventif que je ne compris pas. Bob m’étonnait chaque jour davantage. Son intelligence artificielle apprenait à chaque seconde grâce à un réseau de neurones que j’avais modélisé et il fonctionnait au charbon, comme les automates steampunk de mes livres d’aventure préférés. Je n’avais pas eu le choix étant donné que nous n’avions de l’électricité que quelques heures par semaine. Grâce à des morceaux humains que j’avais pu trouver ici ou là, je lui avais tronqué ses structures rigides avec de la peau et des muscles. Bob était ma plus ingénieuse création et j’en étais fier. Cela faisait deux ans que je le préparais pour sa mission. Et ce soir, il serait prêt. J’avais enfin du temps pour fignoler les derniers détails.

Je passai quelques minutes à lui arranger ses jambes en pestant quand l’électricité se coupait. Les gamins de la centrale n’étaient vraiment pas doués et je me promis d’aller y faire un tour, comme à chaque fois. Mes connaissances en électronique avaient fait de sacrés bonds grâce aux livres que j’avais trouvés. Ma mère serait fière de moi, elle qui pensait que je n’aimais pas lire. J’avais travaillé dur pour avancer et comprendre tous les mécanismes. Je pris du temps pour lui fixer les tôles et vérifier que les membres répondaient bien aux stimuli que j’envoyais. Je fis ensuite chauffer du charbon et plaçai les cendres dans une des cavités de Bob prévue à cet effet. Il se mit alors à fumer, comme les anciennes locomotives et je souris, ravi d’avoir un nouveau partenaire. Un nouvel ami pour combattre le crime et sauver le monde.

Tout à ma joie de ne plus être seul, je ne sentis pas de suite que l’air s’était rafraîchi. Ma bonne humeur laissa place à la colère. Une Ombre approchait. Cela voulait dire qu’un meurtre avait encore été commis et que du sang frais était à portée. Je m’immobilisai et attendis plusieurs minutes sans que rien ne se passe. J’étais de plus en plus doué à ce petit jeu et les Ombres ne me faisaient plus peur. Je sortis avec Bob, après avoir joué au parcours du combattant pour éviter toutes mes trouvailles. Il était tombé à deux reprises et s’était montré mécontent. Plus précisément, « Pas content » étaient ses termes. Je réfléchirais plus tard et le rendrais plus souple. Peut-être qu’il faudrait que je récupère davantage de muscles la prochaine fois. Si le cadavre proche de la maison était un homme, je pourrais même le faire ce soir. Les femmes manquaient cruellement de force pour que je m’y intéresse.

Bob faisait un bruit désagréable quand il se déplaçait et la vapeur qui s’envolait vers le ciel le rendait visible à des kilomètres à la ronde. Ses jambes et bras métalliques le faisaient ressembler aux premiers robots que j’avais vus dans un manuel. Il était magnifique et j’avais hâte de le voir en action. La nuit tombait et il ferait bientôt noir. Seuls les fous ou les inconscients restaient dehors alors que la lune montait. Il était facile de tomber sur des criminels ou de tomber tout court, notamment sur des tas d’ordures et de sentir ensuite le fauve toute la journée suivante. Bob n’avait pas d’odorat et je le jalousais pour cela.

Nous marchâmes peu avant de tomber sur le cadavre qui avait attiré l’Ombre. Il n’en restait pas grand-chose et cela me mit en colère. L’Ombre se l’était approprié et ne m’avait rien laissé. Une tête hideuse et tronquée trônait au milieu de la rue, entourée par des rats et d’autres immondes insectes. Le psychopathe qui avait tué aurait affaire à moi. Seul moi assassinais pour le plaisir et personne ne prendrait ma place. Je regardai Bob et lui fit le signe qu’il attendait. Il acquiesça et analysa la scène de crime pour trouver le moindre indice qui pourrait nous aider. Il mémorisa les données et nous continuâmes à quadriller le quartier.

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