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Un monde par fée (Partie 1)

Un monde par fée

Catégorie : Fantastique/Merveilleux

Auteur : Chloé Garcia

Résumé : Ylsiirha est une jeune fée qui vit en symbiose avec son porteur, Arthur. Son physique lui déplaît tant qu’elle ne parvient pas à s’accepter. Son reflet l’insupporte et son souhait le plus cher est de ressembler aux créatures féeriques des contes pour enfants.
Quand le Conseil Fée-des-Rahl la convoque, Ylsiirha prend peur, sans se douter que ses complexes pourraient peut-être la sauver et lui offrir le destin dont elle rêve vraiment.

 

 

Un monde par fée (Partie 1)

 

 

Je suis une créature de l’ombre, une fée de la nuit. Mes ailes me cachent des humains et peuvent me confondre s’ils se réveillent. Bien que toute petite, certains mortels sauraient me voir grâce à leurs yeux avisés et habitués aux peuples enchantés. Les dessins animés, les films d’aujourd’hui et leur grande imagination sont fertiles et décèlent parfois la vérité. Ces terriens m’amusent avec leurs expressions ridicules et leurs émotions incontrôlables. Ils me fascinent quand l’amour devient leur maître et que seule l’autre âme chérie compte. Ils m’intriguent par leur intelligence certaine quoiqu’incomplète et m’attirent inexorablement sans que je ne puisse comprendre pourquoi.

Nous sommes deux entités bien différentes mais liées pour l’éternité. Nés ensemble, nous ne faisons qu’un et vivons en symbiose sans que l’hôte ne s’en rende compte. La création nous a offert un étrange cadeau en nous associant pour l’éternité et en nous dissimulant aux yeux de nos doubles terrestres. N’ayant pas conscience d’être habités, ils continuent leur vie maussade ou merveilleuse comme si de rien n’était. Les légendes racontent que lorsqu’ils nous aperçoivent, par mégarde de notre part, leurs réactions surprennent toujours. Effrayés, abasourdis, moqueurs, assassins, joviaux ou amicaux, les humains restent imprévisibles et on ne peut leur faire confiance. Mes amis et moi-même préférons ainsi ne pas avoir affaire à eux et ne tenter aucune confrontation même si cela ajoute de la distance. L’obscurité est notre amante la plus fidèle, celle qui nous évite bien des malheurs et qui nous nourrit.

Je me souviens d’un triste événement qui avait anéanti notre coven, des dizaines de lunes auparavant. Une de nos sœurs ne réapparaissait plus et la peur avait touché la communauté entière. L’inquiétude avait poussé tout le monde à enquêter auprès de son binôme mortel, un jeune garçon plein de fougue et arborant des t-shirts représentant la mort. Ces têtes osseuses qu’ils aiment dessiner et brandir me font frémir. Naëlhe n’était pas revenue. Son corps mutilé et dévasté consistait en une vision terrible à supporter, rapidement évaporée par le feu rouge sacré. Notre groupe avait été détruit et la peur de se montrer aux Hommes s’était décuplée. Leur cruauté parvient souvent à égaler leur bonté et je ne connais aucune fée qui ait échappé à la mort une fois son identité dévoilée. Heureusement, tous ne chérissent pas le mal, tel celui qui m’est attaché.

J’aime dormir près du cœur de mon protecteur. Les battements réguliers de cet organe forment autant d’indicateurs que les troubles et émois que j’aperçois parfois captifs dans ses yeux. Sa peau m’évite la morsure du soleil et ses bruits intérieurs me paraissent de jolies mélodies qui m’occupent lorsque l’ennui me tient. Le corps de nos hôtes ressemble à un mécanisme ingénieux que j’aime redécouvrir dès que l’envie m’en prend. Mes pouvoirs ne peuvent altérer son fonctionnement car ils ne servent pas à cela. Je ne suis qu’une humble spectatrice à l’utilité toute autre.

Nous survivons à nos jumeaux et habitons différentes maisons, différents corps. Le choix ne nous incombe pas. Attirés par une force incontrôlable, nos petits membres se dirigent d’eux-mêmes vers leur prochaine destination, qui ne cesse de brailler et de pleurer. Ces bébés n’impressionnent guère, épuisent et se fragilisent vite. Heureusement pour eux, leurs facultés d’attendrissement et de mignoncité atteignent des sommets inimaginables. Ces humanoïdes à quatre pattes possèdent un potentiel charmeur intéressant et grandissent, notre Mère soit louée, en seulement quelques années.

Arthur, mon deuxième affilié, à bientôt quatorze ans, ne s’en sort pas si mal pour son âge. J’avoue avoir préféré Amanda, ma première gardienne, une femme tout bonnement incroyable qui s’évertuait à sauver des vies dans des hôpitaux. Elle ne dormait pas beaucoup la nuit et ne me permettait pas de l’aider comme je l’aurais voulu. Cette expérience a été difficile mais très enrichissante, jouant avec mes nerfs et me rendant parfois folle. Sa mort ne m’a pas laissée de marbre et demeure encore un point douloureux enfoui au fond de moi. Les souvenirs n’expirent jamais de nos enveloppes, même une fois notre renaissance enclenchée. Seul notre corps redémarre son cycle, abandonnant notre esprit aussi alerte qu’il l’était, prêt à affronter une nouvelle destinée. Notre âme s’endurcit et devient plus forte à chaque fois.

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