Une histoire timbrée

Une histoire timbrée

Catégorie : Fictions historiques

Auteur : Aurore

Résumé : Une jeune femme découvre d’anciennes lettres dans son grenier : qu’apprendra-t-elle sur l’Histoire ?

Note : Connaissez-vous l’origine du timbre ?

 

 

Une histoire timbrée

Juin 2018, dans la banlieue sud d’une ville de l’Oklahoma, aux États-Unis.

Juliette a emménagé depuis peu dans cette nouvelle maison et vient de faire une jolie découverte au fond du grenier. Empaquetées avec un ruban de tissu, de vieilles lettres jaunies par le temps. Elles appartenaient à l’arrière-grand-mère de l’ancienne propriétaire des lieux qui se prénommait Anna.
Juliette se délecte d’avance à l’idée de lire ces échanges épistolaires, elle adore les vieilles écritures et ne tarde pas à s’installer dans son hamac avec les lettres datées de l’année mil huit cent trente-sept.

 

Londres, le 15 mai 1837

 

« Sara, ma chère sœur,
Jeudi dernier, j’ai profité de ma journée de repos en compagnie de mon amie Emily. Il faisait un soleil radieux ! Nous avons dégusté une limonade bien fraîche avec une bonne part de tarte aux pommes dans mon auberge préférée. Celle qui est située à deux rues de ma logeuse, vois-tu ? Pour cette journée, nous avions prévu de nous rendre dans le jardin des roses, à deux pas de là, afin d’assister à un concert organisé sous le kiosque. Je suis d’ailleurs ravie que la rose séchée que je t’ai fait parvenir soit arrivée entière, qu’elle doit être belle posée sur ton secrétaire ! C’est un endroit si magnifique, j’ai hâte de te le faire découvrir. Figure-toi qu’il s’est passé une drôle de chose à l’auberge, au moment où la serveuse nous apporta notre tarte. A deux tablées de nous se trouvait un homme assez âgé, la cinquantaine sûrement. Avec ses bouclettes qui entouraient son visage et ses petites lunettes toutes rondes, il ressemblait à notre cher oncle Louis sans qui nous n’aurions pas développé le goût de la peinture. Il fut très intéressé par la scène que je vais te décrire dans un instant et j’aurais aimé être une petite souris pour le suivre et savoir ce qu’il allait faire des notes prises sur son petit carnet. Au moment donc où l’on nous apporta notre tarte, le facteur entra dans la salle et s’approcha de la serveuse, une enveloppe à la main. Elle semblait ravie de recevoir cette missive mais après l’avoir observée, elle la rendit au postier qui repartit bredouille. C’est une chose qui arrive parfois, me diras-tu. De pauvres gens ne peuvent malheureusement pas se permettre de payer la missive. Ce qui m’a surtout étonnée c’est l’intérêt soudain qu’a porté ce monsieur ressemblant à notre cher oncle. Une fois le facteur reparti, il est allé interroger la serveuse qui lui a avoué n’avoir aucune raison de lire cette lettre puisque l’enveloppe était vide, son fiancé et elle ayant convenu d’un code pour s’échanger des nouvelles. Selon la façon dont l’adresse était écrite, elle savait s’il venait bientôt ou non. Je dois t’avouer, ma chère Sara, que cette anecdote nous amusa beaucoup, Emily et moi. Puis elle s’en retourna dans les cuisines, laissant le monsieur bien pensif. Il resta ainsi debout quelques minutes et retourna s’asseoir. Il sortit de sa poche un carnet dans lequel il écrivit des lignes et des lignes, peut-être y est-il encore… Sur ce, ma chère sœur, je dois te laisser. Je t’embrasse affectueusement.
Anna »

Sa lecture finie, Juliette raconte sa trouvaille à son compagnon et lui lit sa lettre préférée à destination de Sara, la sœur d’Anna.
Elle ajoute avec enthousiasme avoir mené l’enquête sur cette histoire. En faisant quelques recherches, elle s’est rendue compte qu’Anna avait assisté à un moment historique pour les futures correspondances. Ce « cher oncle » se nommait Sir Rowland Hill. Avoir assisté à cette scène lui donna une idée de génie.
C’est extra ! s’exclama Juliette. L’arrière-grand-mère de Viviane a rencontré Sir Rowland, l’inventeur du timbre ! Oui, l’idée lui est venue de faire payer l’expéditeur en proposant un prix unique après avoir discuté avec cette serveuse. J’ai trouvé cela en faisant quelques recherches. Anna a assisté à l’événement à l’origine de la création du timbre : cette lettre est historique ! Dire que nous avions ce trésor dans notre grenier, c’est incroyable, dit-elle en attrapant avec gourmandise un cookie.

Cette histoire a un fond de vérité. Sir Rowland assista vraiment dans une auberge à la scène de la lettre refusée et c’est ainsi que le 6 mai 1840, le premier timbre de l’Histoire, le « Black Penny », fut officiellement lancé.

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